#Eclairage La préparation mentale : un outil utile pour le sportif pendant le confinement ?

#Eclairage La préparation mentale : un outil utile pour le sportif pendant le confinement ?

On évoque beaucoup, logiquement, toutes les questions relatives à la préparation physique du sportif pendant cette période de confinement liée à l’épidémie de Covid19. Mais quid de l’aspect mental, souvent primordial pour celles et ceux qui pratiquent leur discipline à haut-niveau (mais pas que) ? On en a parlé avec Damien Garcia, préparateur mental pour plusieurs sportifs de haut niveau mais aussi pour des personnes évoluant dans les milieux artistique et entrepreneurial.

Vous pouvez retrouver sa page officielle sur Facebook : https://www.facebook.com/garciamental/

Damien, avant toute chose peux-tu nous présenter ton domaine d’intervention, qui demeure peu connu du grand public ?

Le cœur du métier demeure la performance, quel que soit le domaine exercé. Quand on pense performance on pense au sport bien évidemment mais c’est aussi une notion qui existe dans le monde artistique, dans l’entreprise ou au niveau scolaire.
Pour aboutir à cette performance on doit accompagner la personne à travailler sur elle pour trouver le meilleur chemin pour l’optimiser, sachant que la recherche du bien être va être au cœur de notre travail. On va d’un côté travailler tout ce qui est habileté mentale, gestion des émotions du stress, appréhension d’une compétition…. et puis de l’autre toute la partie développement personnel (confiance, estime…). Pour moi les deux parties sont indissociables et le vrai préparateur mental de demain a les compétences pour travailler sur la partie humaine et sur les habileté mentales. Aujourd’hui c’est quelque chose qui reste assez flou en France contrairement aux autres pays car il n’a pas de définition spécifique du métier.

Tu travailles principalement avec des sportifs confirmés ?

Oui mais c’est par choix car je suis un grand passionné de sport mais je travaille également avec d’autres domaines. Ma sœur par exemple qui est dans le cinéma et je me mets un petit peu désormais dans le milieu de l’entreprise.

On imagine que tu dois créer une relation de proximité avec les gens avec qui tu travailles. Comment assures-tu le suivi avec le confinement ?

En fait plein de choses peuvent se faire à distance. On peut toujours avoir des contacts téléphoniques et travailler de façon régulière. L’objectif de notre métier demeure l’autonomie, le sportif ne doit pas rester dépendant de nous. Après ça va dépendre du sport. Quelque chose comme l’imagerie mentale on peut le faire chez soi sans aucun problème et s’en servir pour la confiance par exemple. Il y a aussi de l’imagerie technique, le tennisman par exemple peut s’imaginer entrain de réaliser des gestes parce que pour ton cerveau c’est la même chose que quand tu le réalises vraiment : donc il s’entraîne de la même manière.

Mais ton accompagnement même à distance reste nécessaire.

On ne peut pas faire n’importe quoi. On trouve des sites internet qui balancent des outils à la va vite et c’est un risque de mal les utiliser, avec des effets contre-productifs.

On imagine que pour des sportifs professionnels l’absence de sport a nécessairement un gros impact psychologique…

Bien sûr et on essaye d’accompagner l’athlète sur la manière dont il peut compenser ça, comprendre ce qu’il ressent dans ces moments là et en profiter sur des points qui sont sensibles. Je pense en plus qu’il y a beaucoup de sportifs qui sont addict mais qui n’en ont pas forcément conscience. La vision qu’ils ont d’eux-mêmes peut se trouver dégradée s’ils arrêtent de faire du sport.

On parle beaucoup des sportifs de haut niveau mais conseillerais-tu la préparation mentale à un sportif plus lambda voir à un sportif du dimanche ?

On peut l’appliquer à tout le monde. Dans ton quotidien il y a plein de choses que tu ne maîtrises pas forcément et il faudrait avoir le recul nécessaire pour te dire : « ce que je ne maîtrise pas, je n’y pense pas ». C’est bien sûr davantage lié au bien être. On sort de l’aspect performance. Par exemple comme exercice on peut faire faire des petits tableaux « ce que je maîtrise, ce que je ne maîtrise pas ». Prendre conscience de ça est déjà quelque chose d’important.
Pour revenir à ce que tu me demandais sur le besoin d’accompagnement je peux préciser que ça peut dépendre de l’objectif de la démarche. Si il n’y a pas de volonté de performance se tromper n’est pas forcément dramatique, tu peux maîtriser un exercice petit à petit là où la performance t’oblige à le faire rapidement.
Sur ma page facebook je propose quelques petits exercices tout simples de respiration qui peuvent être pratiqués par tout le monde. Il s’agit de toucher au bien être mais les gens finalement y sont déjà sensibles via des activités comme la méditation.

Pour ouvrir un peu sur le moyen terme, comment vois-tu le développement de la préparation mentale qui reste encore assez confidentielle en France, notamment dans tout ce qui est sport collectif ?

Pour moi ce qui est aberrant aujourd’hui c’est que la démarche vient de l’athlète, c’est pour ça que dans les sports individuels c’est plus ouvert, alors qu’elle devrait venir des structures, des fédérations qui devraient mettre de la préparation mentale dans les programmes ne serait-ce que pour la faire découvrir aux jeunes, dans les centres. Aujourd’hui en France le préparateur mental manque de légitimité aux yeux des athlètes. Cela peut même encore être vu comme une faiblesse de faire appel à un préparateur mental dans certains sports. C’est sur cet aspect là que les choses doivent déjà changer dans notre pays.