Top 14 – Fabrice Landreau : « on est à notre niveau »

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Après deux déplacements pour l’entame du championnat de Top 14, le FCG s’apprête à jouer son premier match à domicile, avec la réception ce vendredi du Stade Français Paris, un club qui avait vu passer sous ses couleurs un certain Fabrice Landreau… Comment le staff grenoblois prépare-t-il cette rencontre et avec quels objectifs ? Le point avec le directeur sportif des Rouge-et-bleu.

Avez-vous des regrets quant à la défaite face à Castres (30-13), la semaine dernière ?

Aucun regret. On n’a pas de regrets à avoir compte tenu de la différence de niveau qui nous séparait de Castres. On a montré des points positifs, on n’a rien lâché et c’est ce qui nous a même permis de marquer sur la sirène, mais il faut garder à l’esprit que l’on est à notre niveau. Sur ce match, on a compris la marche qui nous séparait des autres, celle qui sépare un promu de Pro D2 avec un possible champion de Top 14. Samedi, on n’a malheureusement pas été efficaces en conquête, et dominés en mêlée et en touche, on a été privés de ballons. En passant 80% du temps à défendre, c’est toujours difficile de remporter un match. Désormais, on doit améliorer notre conquête, pour essayer d’exister.

Compte tenu de vos deux premiers matchs de Top 14, la saison va être plus difficile que ce que vous imaginiez ?

Quand on est promu, on s’attend forcément à pas mal de difficultés, notamment au niveau du rythme de jeu. On connaît le passé, la richesse des clubs adverses. Et il faut bien se dire qu’il y a trois championnats au sein du Top 14 : un championnat pour le titre, un pour les équipes qui visent les barrages, et enfin les équipes comme nous qui jouent le maintien. On se positionne plutôt dans un objectif de stabilité. Le but est de se maintenir cette saison, pour poser nos bases en Top 14 et gravir les échelons dans les saisons à venir.

Grenoble a commencé la saison avec beaucoup de blessés. Comment arrivez-vous à gérer ces imprévus ? Quels joueurs devraient bientôt réintégrer l’équipe ?

La manière dont on gère cela, c’est plutôt les blessés eux-mêmes qui la dictent. On a un groupe assez large, d’une quarantaine de joueurs, au niveau assez homogène. Parmi eux, il n’y a pas de super vedettes, donc on n’est pas dépendants de ces vedettes, quoi qu’il arrive on peut réussir à garder à peu près le même niveau de jeu. Pas celui qui nous emmènera vers le bouclier de Brennus cette année, bien sûr, mais l’équipe peut se permettre d’avoir quelques joueurs indisponibles, puisque derrière, on a de quoi les remplacer. Parmi ceux qui sont déjà revenus parmi nous et qui devraient jouer dans les semaines à venir : le capitaine Andrew Farley, ainsi que Rudy Coetzee, Florent Fourcade, Florian Ninard, Viliame Waqaseduadua et Jonathan Pelissié devraient faire leur retour face au Stade français, tout comme Fabien Alexandre la semaine prochaine. Bien sûr, il y en aura trois ou quatre pour lesquels le rétablissement sera plus long, mais au total, 16 joueurs seront de nouveau disponibles.

Vous préparez votre première réception à Lesdiguières, et pas n’importe laquelle. Les deux clubs dans lesquels vous avez évolué en tant que joueur vont se rencontrer à Lesdiguières. Ce match a-t-il une dimension particulière pour vous ?

C’est un match important, surtout car c’est le premier qui se jouera à Grenoble, à domicile, et le premier match de Top 14 depuis 2005. La dernière rencontre entre le FCG et le Stade français remonte au mois de mai 2005, le 28 je crois, et s’était soldée par une victoire parisienne 28-8. Tout ce que l’on peut espérer c’est qu’on ne verra pas le même résultat vendredi ! Personnellement, mon passé au Stade français ne me met pas de pression supplémentaire. Au contraire, cette semaine on s’est recentrés sur nous-mêmes, sur l’équipe. On connaît les qualités de nos adversaires, ainsi que leurs individualités, leurs stars. Il faudra se concentrer et s’appliquer à faire peu de fautes, et surtout assurer notre conquête, en conservant nos ballons et en étant disciplinés. Il faut à tout prix éviter de nouvelles situations d’infériorité numérique.

Justement, pour atteindre vos objectifs, comment avez-vous préparé cette rencontre ?

D’abord, il faut souligner que l’on n’a pas eu beaucoup de temps pour la préparer. En jouant un vendredi alors que le match précédent était un samedi, on a deux jours de moins que les autres équipes. Paris est d’ailleurs dans le même cas que nous. Sachant cela, on a essayé d’aller à l’essentiel, et de s’appuyer sur le travail de pré-saison, notamment les matchs amicaux. On va essayer de faire ressortir ce qu’on avait tiré de positif de ces rencontres de préparation.

L’Aviron bayonnais a battu le Stade français (24-11) la semaine dernière, les privant même du bonus défensif. Le FCG est-il capable d’en faire de même ?

Je ne sais pas. Samedi dernier, j’ai eu un appel des entraîneurs de Paris, me disant qu’étant donné leur défaite sans bonus face à Bayonne, ils étaient désolés mais ils seraient obligés de gagner à Grenoble vendredi ! Ils savent où ils veulent aller, et nous sommes prévenus. Donc je ne sais pas si on est en mesure de les priver d’un bonus ou d’une victoire. Mais nous, on va s’attacher à prendre ce match au sérieux, et à aller de l’avant, en essayant de rester dans la partie pendant les 80 minutes. Et pourquoi pas à la fin, remporter la mise.

Quels sont selon vous les gros points forts de l’équipe cette année ?

Indiscutablement, le gros point fort, c’est le vécu. Depuis deux saisons, on a une véritable stabilité, à la fois du staff et des joueurs, ce qui est un vrai plus. Et puis on a également un état d’esprit de solidarité et une volonté de ne rien lâcher. Même contre Castres, on a trouvé des ressources pour inscrire le dernier essai. Cette équipe a vraiment du caractère. Avec ce que l’on essaie de mettre en place au niveau du jeu, c’est-à-dire une conquête propre, on est capable de tenir les ballons et de marquer, comme n’importe qui d’autre.


Crédit photo : Jacques Robert / fcgrugby.com

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