Top 14 – Jonathan Best : « des failles à exploiter »

Top 14 – Jonathan Best : « des failles à exploiter »

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Le FC Grenoble se déplace à Bordeaux-Bègles, ce samedi, pour le compte de la première journée du Top 14. Un retour parmi l’élite que savoure tout particulièrement Jonathan Best, qui a tout connu avec le club ces dernières années. Pression, préparation, ambition, concurrence, Bordeaux-Bègles… autant de thèmes sur lesquels revient pour nous le 3ème ligne. Interview.

Jonathan, est-ce que la pression monte à quelques jours du début du Top 14 ?
Oui et non. Il y a évidemment une certaine excitation à l’approche du début de saison mais le fait de débuter le championnat par deux déplacements nous enlève un peu de pression. On aborde ce Top 14 un peu plus « détendu » que si on avait commencé à Lesdiguières. On ne peut faire qu’un bon résultat puisque finalement une défaite n’aurait rien de surprenant pour un promu. Attention, on a de l’ambition ! Mais le maintien se jouera certainement beaucoup plus à domicile donc ça nous laisse un peu plus de temps pour nous acclimater à ce championnat.

Depuis ton arrivée en 2006 tu as connu énormément de choses avec le FCG. Quels sont les moments qui te reviennent le plus immédiatement en tête ?
La montée en Top 14 est évidemment un moment marquant. Mais franchement je pense que l’année en Fédérale 1 a été déterminante. Si on n’avait pas réussi à monter dès la première année, on ne serait pas en Top 14 aujourd’hui. Il faut tirer un gros coup de chapeau à tous les joueurs qui étaient restés au club à l’époque. Après on a vécu quelques années « galère ». La Pro D2 est un championnat vraiment usant. Donc cette accession en Top 14 est un vrai aboutissement, notamment sur un plan personnel.

Tu as grandi avec le club ces dernières années. Te faut-il désormais franchir une nouvelle et dernière étape pour être compétitif en élite, où la concurrence s’annonce relevée ?
J’ai effectivement connu les mêmes progrès que le club. Une progression linéaire, étape par étape. Les années ont passé, je suis toujours resté. Je n’étais pas forcément le joueur qui avait le plus de qualités parmi ceux de ma génération. Mais j’ai compensé par beaucoup de travail. Je pense avoir fait ce qu’il fallait pour que les entraîneurs me fassent confiance. J’ai toujours cette envie de montrer que ma place est sur le terrain. Alors oui, la concurrence sera encore plus importante cette saison donc ce sera à moi d’encore tout faire pour jouer.

Quel bilan tires-tu de la préparation que vous avez effectué ?
La préparation physique a été longue et dure. Mais le jeu que l’on compte produire va demander une forme physique optimale donc elle était nécessaire. Sur les matchs amicaux je pense qu’on a vu du bon et du moins bon. On s’est rassuré sur certains secteurs en revanche on s’est créé des doutes sur d’autres. Mais ces matchs de préparation sont toujours à double tranchant. D’un côté on doit jouer pour gagner, pour se mettre en confiance. De l’autre, pour être honnête on a toujours une petite volonté de surtout éviter la blessure donc l’engagement n’est peut être pas toujours complet. Il ne faut donc pas forcément tirer trop d’enseignements définitifs de ces amicaux. Le championnat sera un bien meilleur révélateur.

Que penses-tu de cette équipe de Bordeaux-Bègles que vous côtoyiez encore il y a peu en Pro D2 ?
Elle n’a pas beaucoup changé au niveau de l’effectif si ce n’est l’arrivée de joueurs d’expérience comme Bruce Reihana, l’ancien arrière de Northampton, qui leur a apporté énormément. Ils produisent également toujours le même jeu intéressant. Par contre, ils ont changé de manager avec le départ de Delpoux et l’arrivée d’Ibanez. Il faudra voir comment ils ont digéré ce changement.
On a regardé des vidéos de leurs matchs de préparation. Leur jeu offensif a peut être un peu perdu de son côté léché par contre défensivement ça a l’air bien costaud. On voit dans ce domaine tout le travail effectué par Joe Worsley. On a aussi vu qu’ils avaient quelques toutes petites failles, à nous de les exploiter à fond !

Ils ont réalisé une super première saison parmi l’élite mais maintenant ils vont devoir confirmer. On a un jeu qui se ressemble, des joueurs qui se ressemblent… Je pense qu’on va avoir droit à un match serré avec un faible écart à l’arrivée. C’est justement sur la gestion de la fin du match qu’il va falloir être meilleur que lors de la préparation.

Tu parlais de l’importance des matchs à domicile. Sur quoi peut également se jouer le maintien selon toi ?
Tout va compter ! Il y aura bien sûr des déplacements plus compliqués que d’autres, à Toulouse, Clermont ou Toulon par exemple. Mais même là il faudra jouer les coups à fond, on ne sait jamais. Les confrontations directes face à nos principaux concurrents, je pense à l’autre promu Mont-de-Marsan par exemple, seront aussi primordiales. Globalement, le niveau est très largement supérieur à celui de la Pro D2. Notre ambition est le maintien mais il va falloir aller chercher tous les points qui se présenteront.

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Crédit photo : Jacques Robert/fcgrugby.com

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