Comment expliquer la déroute des Brûleurs de Loups en finale de la Coupe de France ?
Vaincus sans réellement avoir existé, les Brûleurs de Loups ont livré une bien pâle copie face aux Dragons de Rouen en finale de la Coupe de France. Entre incompréhension, frustration et amertume, les Grenoblois ont tenté d’analyser ce revers qui risque de laisser des traces.
Un début de match cauchemardesque
Cinq minutes. C’est le temps qu’il aura fallu aux Rouennais pour s’adjuger cette finale de Coupe de France (Méconnaissables, les Brûleurs de Loups s’inclinent lourdement en finale de la Coupe de France – Metro-Sports). Comme paralysés par l’enjeu de l’événement, les Grenoblois se sont montrés absents, et cela leur a coûté cher, comme le reconnaissait Aurélien Dair : « On fait un mauvais début de match et après, pour revenir à 3-0 avec une patinoire comme ça, c’est compliqué. » Un scénario que peu de monde aurait pu imaginer, Sacha Treille le premier : « Même si on était prêts à beaucoup de scénarios dès le début, on ne s’était pas préparés à un 3-0 d’entrée de jeu. C’est difficile de trouver les mots, mais ce n’était pas beau à voir en tout cas. »
D’autant que si Pontus Englund était parvenu à redonner un peu d’espoir aux siens avant la fin du premier tiers, le quatrième but normand a définitivement scellé le sort de la rencontre : « On était encore confiants, même après les trois buts, mais le quatrième nous a fait mal parce que je pense qu’on était en train de reprendre le rythme. Ce but nous a un peu cassé les jambes », analysait Nicolas Deschamps.
« On nous demande des choses et on ne les respecte pas »
Au-delà du score, c’est surtout l’attitude des joueurs de Per Hanberg et Edo Terglav qui interroge, comme le soulignait Sacha Treille : « On nous demande des choses et on ne les respecte pas. Il y a beaucoup de remises en question. On ne respecte pas les consignes, on est éparpillés de partout, il n’y a pas de structure dans notre jeu. Je ne mets pas la faute sur le staff, au contraire, c’est nous qui nous égarons tout seuls. Ça commence à faire beaucoup de prestations où l’on est décevants et, à un moment donné, il faut se poser les bonnes questions entre nous. »
En effet, les Grenoblois ne sont jamais parvenus à inquiéter les Rouennais, plombés par des maladresses techniques et une passivité inhabituelle : « On a été mauvais pendant 60 minutes. On n’a pas été bons dans le système, on n’a pas été bons devant la cage. Ils ont été très bons offensivement et nous, on n’a pas été assez bons défensivement », analysait Aurélien Dair avant de poursuivre : « En CHL ou contre les grosses équipes qu’on a jouées, on a montré du caractère, on n’avait rien à perdre et on jouait juste au hockey. Ce n’était pas le cas ce soir. »
Des excuses envers les supporters présents
Si les hockeyeurs grenoblois doivent des excuses, c’est avant tout à leurs supporters, qui ont parcouru des centaines de kilomètres pour rejoindre la capitale. Espérant assister à une finale disputée, ces derniers n’ont vu que la domination rouennaise et l’absence de réaction de leurs joueurs : « Je n’imagine pas leur déception, eux qui ont parcouru tout ce trajet pour nous supporter. Tout ce qu’on peut dire, c’est merci de vous être déplacés, d’avoir été là pour nous », réagissait Nicolas Deschamps. Des paroles qui font écho à celles de Sacha Treille : « Il y a des milliers de personnes qui viennent nous voir, on n’a juste pas le droit de se présenter de la sorte. Je m’en excuse, j’en prends l’entière responsabilité. Je m’excuse auprès de tous les supporters, auprès de nos familles, de la direction du club. Pour moi, c’est inacceptable. »
La Coupe Magnus en guise de réconfort ?
L’an passé déjà, les Brûleurs de Loups s’étaient inclinés en finale de la Coupe de France à Bercy. La suite ? Un sacre quelques mois plus tard en Ligue Magnus. Une performance que les Grenoblois auront à cœur de rééditer cette saison : « L’an passé, on a laissé échapper la Coupe de France mais on a remporté le grand titre, la Coupe Magnus. Aujourd’hui, ça peut être une journée de déception, mais demain on recommence à zéro et on se concentre sur ce qu’il nous reste. Chaque défaite peut servir de leçon, on va revenir, c’est sûr », confiait Nicolas Deschamps.
Un sentiment partagé par Adel Koudri, optimiste malgré la déception : « Il faut tourner la page et se projeter vers la suite. Il y a encore de belles choses à vivre, la saison est encore longue. » Pour atteindre cet objectif, Per Hanberg croit en la réaction de ses hommes : « Nous sommes une bonne équipe de hockey, je le sais. J’ai toujours confiance en mon équipe, je crois en eux. »
Les Brûleurs de Loups parviendront-ils à transformer cette désillusion en moteur pour la fin de saison ? Réponse en avril, s’ils parviennent à se hisser jusqu’en finale


