Coupe de France. L’USSE Basket-Ball veut que « la fête soit la plus belle possible »
C’est la très belle histoire de ce début d’année 2026. L’équipe féminine de l’US Saint-Egrève basket-ball, qui évolue au 2ème niveau régional, va disputer ce samedi les 8èmes de finale de la coupe de France face à Montferrand, pensionnaire de National 1 (20h30, gymnase Lionel Terray au Fontanil-Cornillon). Un Everest pour le petit poucet de la compétition qui veut profiter du rendez-vous pour offrir une belle fête à l’ensemble du club.
« La Coupe de tous les possibles ». Le slogan vient du monde du football. Les basketteuses de Saint-Egrève se l’approprient avec panache cette saison, dans une discipline pourtant peu habituée à ce que le petit renverse les montagnes. « C’est extrêmement rare qu’une équipe de niveau régional puisse passer plusieurs tours dans la compétition », confirme Lionel Adanlété, l’entraîneur. « De notre côté on a réussi à battre des équipes de notre niveau lors des premiers tours puis on a réalisé un exploit contre une équipe de National 3 ».
Un parcours qui a offert à Saint-Egrève une belle affiche face à Meyzieu, pensionnaire de National 2, à la fin du mois de janvier. Pour une… défaite, logique vu l’écart de niveau. « Et là il s’est passé quelque chose qui n’arrive jamais : ils ont fait jouer une jeune joueuse qui n’avait pas le bon surclassement et ont perdu le match sur tapis vert. »
Déjà petit poucet pour l’occasion, l’USSE réendosse donc le costume ce samedi. Avec une marche encore plus haute, Montferrand, qui joue en National 1. « Ce n’est pas le plus haut niveau français puisqu’il existe la Ligue Féminine 1 et la Ligue Féminine 2 mais c’est le plus haut niveau qu’on peut rencontrer dans cette compétition et c’est une équipe où il n’y a pratiquement que des joueuses professionnelles, qui s’entrainent deux fois par jour quand on s’entraîne deux fois par semaine. ».
Pour bien noter la différence, à titre d’exemple, certaines joueuses montferrandaise culminent autour des 2 mètres quand la pivot iséroise mesure un peu plus d’1m80. Que peut donc bien espérer l’USSE pour ce rendez-vous ? « Comme face à Meyzieu, on s’est fixé un triple objectif. Le premier, c’est que comme on part avec 28 points d’avance (il y a « +7 points » par niveau d’écart au coup d’envoi) on ne soit pas trop loin à la mi-temps. Contre Meyzieu on était arrivé à moins 5, ce qui est quelque chose d’honorable. Le deuxième objectif sera d’encaisser moins de 100 points. Et le 3ème sera d’aller voir qui dans leur poule a marqué le moins de points contre elles pour essayer d’approcher ce total, ce qui voudra dire qu’offensivement on aura réussi notre match. »
On l’aura compris, ce n’est pas le résultat final qu’il faudra retenir de ce rendez-vous beaucoup trop déséquilibré sur le papier. L’essentiel sera ailleurs pour les basketteuses dauphinois qui ont déjà plus que réussi leur parcours dans cette compétition, en portant très haut les couleurs du club et en lui offrant une visibilité inédite. « On veut que la fête soit la plus belle possible. Déjà pour les 16èmes, notre gymnase était plein. On avait fait venir tous les petits de notre école de basket qui avaient fait une haie d’honneur pour les joueuses. A côté de ça le public avait répondu présent, avec une ambiance formidable. On veut renouveler ça, montrer que le basket et le sport féminin à Saint-Egrève ça peut véhiculer ce genre de moments et d’émotions. »
Après cette parenthèse enchantée, le quotidien reprendra ses droits avec une ambition affichée : accéder au pré-national, le top niveau régional, à l’issue de la saison. « Pour faire un petit historique, quand j’ai pris cette équipe, il y a 5-6 ans, nous étions en National 3. Mais la majorité des filles a arrêté à ce moment-là, il a fallu repartir sur un nouveau cycle, on a connu deux descentes et désormais l’objectif c’est d’entamer notre remontée. L’an passé on a raté la montée à deux secondes près sur un tir « ave maria » (un shoot d’extrêmement loin, « miraculeux », ndlr). On la vise clairement cette saison pour ensuite essayer plus tard de remonter en National 3. Pour l’instant, on est premier en poule basse – on a raté la poule haute de très peu. Il faudra justement terminer premier pour accéder aux phases finales et il faudra encore gagner deux matchs pour pouvoir monter. Le chemin est donc encore long et il y a beaucoup de boulot. »
Cela tombe bien, les joueuses de Lionel Adanlété ne rechignent pas à la tâche et font preuve d’un remarquable état d’esprit. « C’est un groupe qui s’est reconstruit avec mon assistant Lenny Delpech et moi-même autour de ma capitaine, Sarah Domenjoud qui est là depuis 5 ans. L’important c’était de trouver une cohésion d’équipe, qui soit le ciment du projet sportif. De fait, on a un vrai groupe d’amies, souvent ensemble aussi en dehors des parquets. Chaque saison, il y a de nouvelles filles qui nous rejoignent mais après des discussions avec notre capitaine, pour voir si ces filles vont pouvoir intégrer facilement le groupe etc. »
Une cohésion qui leur a permis de s’offrir un match magique ce samedi. Le genre de soirée qu’on connait peu dans sa vie de sportives. La fête sera belle au gymnase Lionel Terray face à Montferrand. C’est une certitude.
De gauche à droite : Daniella Mingamadji, Lyloue Mollard, Julie Chaumaz, Charlotte Million, Sarah Domenjoud (Cap), Alice Brocheton, Wanda Agamennone, Candice Vichard, Yasmine Belkhir, Marine Comby, Imene Belkhir, Fanny Jurdit. Et il manque sur la photo l’assistant coach Lenny Delpech et une dernière joueuse Lina Bouteldja.
Crédit photos : Chloé Laydevant


