Héroïque, Matija Pintaric permet aux Brûleurs de Loups d’égaliser au terme d’un match complètement fou !

Héroïque, Matija Pintaric permet aux Brûleurs de Loups d’égaliser au terme d’un match complètement fou !

Il ne faut pas être cardiaque pour suivre cette finale de Ligue Magnus. Après s’être inclinés sur la plus petite des marges vendredi, les Brûleurs de Loups ont égalisé au terme d’un second match complètement fou ! Dos à dos avec les Bordelais à l’issue du temps réglementaire puis des prolongations, les Grenoblois ont scellé l’issue de cette rencontre aux tirs au but, grâce à un immense Matija Pintaric.

Nouveau match, nouvelle histoire à Polesud. Défaits sur la plus petite des marges au terme d’un match à rebondissements vendredi, les Brûleurs de Loups se devaient de s’imposer pour ne pas voyager en Gironde avec deux points de retard dans les valises. Pour ce faire, ils devaient composer sans Nicolas Deschamps, venu rejoindre une infirmerie grenobloise déjà bien remplie (Matias Bachelet, Théo Gueurif, Alexandre Mallet et Fredric Weigel). « Il y a eu du changement dans les lignes avec l’absence de Nic’ (Nicolas Deschamps). On a essayé d’équilibrer et de trouver les meilleures combinaisons », confiait l’entraîneur isérois. Un atout offensif en moins pour Edo Terglav, qui voyait ses protégés entamer le match avec moins d’entrain que la veille. « On n’avait pas confiance avec le palet, on ne trouvait pas les solutions collectivement avec beaucoup de passes longues et d’imprécisions », regrettait l’intéressé.

Auteurs de deux buts en moins d’une minute lors du match inaugural, les Grenoblois n’empilaient plus les buts ce samedi mais les pénalités. En l’espace de sept minutes, Sacha Treille, Nolan Zajac et Christophe Boivin prenaient tour à tour place sur le banc des pénalisés. Maladroits sur les deux premières supériorités numériques, les Boxers parvenaient à faire sauter le verrou grenoblois sur leur troisième powerplay du tiers. Auteur d’un doublé la veille, Pierre-Olivier Morin s’illustrait de nouveau en trompant Matija Pintaric sur une offrande de Tommy Giroux (0-1, 16e). Une réalisation qui venait logiquement récompenser des Bordelais plus entreprenants dans le premier acte. Dominateurs, ils laissaient peu d’espaces à des Grenoblois bousculés par le rouleau compresseur girondin, ayant déjà joué un mauvais tour aux Rouennais en demi-finale (4-0). Et cela se reflétait au niveau des statistiques, avec seulement quatre tirs à mettre à l’actif des locaux dans le premier acte. En difficulté, les Isérois se devaient d’afficher un autre visage au retour des vestiaires pour ne pas connaître une deuxième déconvenue à domicile dans cette finale. « On a dit aux gars d’être meilleurs en transition. C’est avec cela qu’on a construit, sans plus de stress ou de changements. On voulait juste rester connectés les uns aux autres », soufflait Edo Terglav.

Peu aidé par un corps arbitral ayant tendance à lever plus facilement le bras pour sanctionner les locaux que les visiteurs, Grenoble devait attendre qu’Axel Prissaint reçoive un violent coup au niveau de la tête pour évoluer en supériorité numérique. Prolifiques sur ces temps de jeu, les champions de France en titre ne tardaient pas à porter le danger sur la cage bordelaise. « Les powerplays, c’est vraiment ce qui fait la différence dans des matchs comme celui-ci », analysait François Beauchemin. Idéalement placé dans l’enclave, Sacha Treille n’était pas loin d’égaliser sur un bon service de son top scoreur (24e). Ce n’était que partie remise. Une minute plus tard, Andrius Kulbis-Marino avait le temps d’ajuster Quentin Papillon, qui voyait le palet terminer sa course en pleine lucarne (1-1, 25e). Galvanisés par cette égalisation, les Grenoblois affichaient un bien meilleur visage, inversant ainsi la physionomie de la première demi-heure. « On a continué à jouer simple et à travailler fort », analysait François Beauchemin. Prenant le jeu à leur compte, ils se faisaient plus pressants dans le camp des Boxers : Adel Koudri se montrait trop court sur une passe de Treille (27e), puis Maxime Toukmatchev (28e) et Christophe Boivin (30e) voyaient leurs tentatives mourir dans l’épaule de Quentin Papillon.

Des situations qui faisaient entrer en éruption le volcan grenoblois, dans lequel 4 208 personnes avaient de nouveau pris place pour ce deuxième match. « Le public a poussé les gars dans des moments où ils en avaient besoin. Quand tu sens plus de 4 000 personnes derrière toi, c’est un réel avantage sur ce genre de matchs », se réjouissait le technicien grenoblois. Un soutien qui finissait par profiter aux Brûleurs de Loups… en powerplay, encore ! Après avoir patienté avec le palet au bout de la crosse, François Beauchemin nettoyait la lucarne droite de Papillon d’un coup de poignet dont lui seul a le secret (2-1, 37e). Grenoble faisait la course en tête pour la première fois de la soirée !

Une avance qui a failli fondre dès le retour des vestiaires lorsque Pierre-Olivier Morin déclenchait un tir puissant qui frôlait le montant droit de Matija Pintaric (42e). Cette frayeur passée, les deux équipes se rendaient coup pour coup, sans qu’aucune ne parvienne à faire trembler les filets. Comme souvent depuis le début de cette finale, il fallait attendre qu’une pénalité soit attribuée pour que la situation se débloque. « Même en étant menés, on a fait preuve de caractère pour revenir au score et, encore une fois, ce sont les unités spéciales qui ont fait la différence », analysait Olivier Dimet. Profitant d’une sanction infligée à Guillaume Leclerc et d’un brin de réussite, Tommy Giroux voyait son palet lober la défense grenobloise pour atterrir dans les filets (2-2, 50e).

Grenoblois et Bordelais étaient de nouveau dos à dos, incapables de se départager à l’issue du temps réglementaire. Il fallait alors passer par dix minutes de prolongation à trois contre trois. Mais là encore, malgré une supériorité numérique en faveur des Grenoblois et de nombreuses tentatives sur la cage d’un immense Matija Pintaric, l’issue de la rencontre n’était pas scellée. Tout allait se jouer lors d’une irrespirable séance de tirs au but durant laquelle les locaux pouvaient compter sur le soutien de leurs supporters. « Au moment des penaltys, tu ne ressens plus la fatigue. Tu sais que tu as juste une glace à patiner, à la maison, avec un public derrière toi. C’est pour cela qu’on joue au hockey », souriait François Beauchemin.

William Pelletier s’élançait alors le premier sans tromper le portier slovène, tandis que Sacha Treille faisait exulter Polesud. Grenoble était devant, et cela allait durer jusqu’à la fin grâce à un immense Matija Pintaric, qui se muait en véritable muraille. C’est lui, sans aucune contestation, qui offrait la victoire aux siens. Les acclamations du public, qui n’avait que son nom en bouche, le prouvaient, tout comme l’euphorie de ses partenaires sautant dans ses bras… Pintaric a été tout simplement immense ! « Qu’est-ce que ça fait du bien d’avoir un gardien comme ça dans ces moments-là. Sans gardien à la hauteur de l’événement, tu n’as aucune chance de gagner. Mais depuis le début des playoffs, Pinta nous fait énormément de bien. Il a joué dans beaucoup de championnats, il a connu ces moments-là », soufflait l’entraîneur grenoblois.

Avec ce succès, les Brûleurs de Loups reviennent à hauteur de leurs homologues bordelais. Ils auront désormais quelques jours de repos bien mérités après avoir enchaîné cinq matchs en l’espace de huit jours : « Dimanche, on va avoir un jour de repos loin des patinoires, puis on partira dans la soirée à Bordeaux. On veut être sur place lundi matin pour s’entraîner tranquillement et prendre nos repères », concluait Edo Terglav.

L’album photos du match signé Philippe Durbet

Les réactions :

Edo Terglav (Grenoble, entraîneur principal) : « On ne voulait pas trop se focaliser sur l’importance de ce match-là. Par rapport au match d’hier (vendredi, 4-5), on était très bien mentalement. On a parlé de cet aspect mental et de la gestion des émotions. Dans le jeu, ce n’était pas trop un problème physique, plus mental. Je trouve qu’on a bien réagi. Avec l’absence de (Nicolas) Deschamps, on a dû changer les lignes, on a essayé d’équilibrer tout ça et je trouve que les gars ont bien réagi. A la fin du premier tiers, on a dit aux gars d’être meilleurs en transition. C’est avec cela qu’on a construit, sans plus de stress ou de changements. On voulait juste rester connectés les uns aux autres On a ressenti l’intensité, l’engagement dans tout ce qu’on voulait faire. Après, ça peut basculer de l’autre côté aussi. On a senti un match de play offs, de finale. Et c’est une bonne victoire d’équipe. J’ai beaucoup aimé la réaction des gars. »

François Beauchemin (attaquant de Grenoble) : « On est content d’avoir gagné ce match. On a travaillé fort pour ça. Et maintenant, on va aller chez eux (Bordeaux) pour confirmer ce qu’on a fait ce soir (lire samedi). Le momentum, il a été des deux bords. Je pense que les deux équipes jouent du gros hockey. C’est une belle finale et puis ça va être comme ça tout au long de la série. Les tirs au but ? Quand tu rentres dans cette séance, il n’y a plus du tout la même fatigue. Tu sais que tu as juste à aller sur la glace et patiner. Voilà… c’est le fun de le faire à la maison. Tout le monde est excité et, à ce moment-là, c’est le plaisir de jouer au hockey. »

Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) : « C’était encore un match tendu et serré. On s’attendait à une grosse réaction de Grenoble et c’est ce qu’il s’est passé. Je les ai trouvés plus en forme, avec plus d’énergie. Ils nous ont mis en difficulté, mais on a réussi à revenir, notamment dans le troisième tiers. J’ai aimé cette réaction. En gagnant un match ici, on a repris l’avantage de la glace. Maintenant, on va retrouver notre public et je ne doute pas qu’il va nous pousser comme il l’a fait tout au long de la saison. C’est une finale indécise qui se joue sur les unités spéciales pour l’instant. »

Fiche technique :

A Grenoble (patinoire Polesud – 4208 spectateurs), Grenoble bat Bordeaux (3-2 aux T.A.B)

Détail des tiers : 0-1 – 2-0 – 0-1 – 1-0

Arbitres : M. Rauline ; M. Barcelo assistés de M. Ugolini ; M. Cady

Grenoble :

Buts : 25’29 Kulbis-Marino (Koudri, Leclerc) . 39’27 Beauchemin (Boivin, Zajac) ; 70’00 Treille (pénalty)

Pénaltys réussis : Treille (1)

Pénaltys manqués : Boivin (2) ; Koudri (3) ; Beauchemin (4)

Pénalités : 12’

Bordeaux :

Buts : 16’28 Morin (Giroux, Beaudry) ; 50’45 Giroux (Tomasino, Morin)

Pénaltys réussis :

Pénaltys manqués : Pelletier (1) ; Pompei (2) ; Giroux (3) ; Beaudry (4) ; Poudrier (5)

Pénalités : 10’