Les Brûleurs de Loups sombrent face à Gap

Les Brûleurs de Loups sombrent face à Gap

Alors que le sprint final vers les playoffs est lancé, les Brûleurs de Loups retrouvaient leur antre ce dimanche avec la réception des Rapaces de Gap. En difficulté au classement, les Gapençais ont livré une belle bataille face à des Grenoblois peu inspirés, s’offrant ainsi un succès mérité. Méfiance pour Grenoble : la crise toque à la porte.

Décidément, les écuries situées dans la deuxième moitié du classement posent des problèmes aux Grenoblois ces dernières semaines. Après Briançon et Cergy, c’est Gap qui est venu leur jouer un mauvais tour ce dimanche. Au-delà de l’aspect comptable, c’est la prestation livrée par les hommes d’Edo Terglav et Julien Baylacq qui inquiète. Maladroits techniquement, en manque d’inspiration et fébriles défensivement, les motifs de satisfaction étaient rares.

Pourtant, la partie avait bien commencé pour les locaux, mis sur les bons rails par la déviation de Guillaume Leclerc en power-play (13e). Mais la machine s’est progressivement enrayée à cause de maladresses récurrentes qui ont fini par les plomber. Bohdan Panasenko en profitait pour égaliser (21e), avant que Teemu Pulkkinen ne se montre opportuniste sur un cafouillage (29e), puis que Paul Siraudin n’ajuste Jakub Stepanek en un contre un (33e). Malade, la formation iséroise n’avait pas trouvé le remède miracle et encaissait, comme à Rouen, trois buts coup sur coup. Une fébrilité à laquelle le public de Polesud n’était pas habitué en CHL, mais qui semble devenir monnaie courante ces derniers temps. « On donne des buts faciles : trois buts sur cinq viennent de turnovers à la ligne bleue. J’ai l’impression qu’à chaque occasion, c’est un but pour eux aujourd’hui. Même à Rouen, c’était la même chose : on donne de grosses opportunités. C’est un problème depuis le début de la saison, on concède beaucoup de contres », analysait Edo Terglav.

Et même si Axel Prissaint parvenait à réduire la marque d’un tir puissant déclenché depuis la ligne bleue, les Grenoblois peinaient à emballer cette rencontre. « Il n’y avait pas de feu, il manquait de l’énergie. Il faut provoquer quelque chose, une réaction. Il n’y avait pas ça aujourd’hui », pestait l’entraîneur isérois. Et à force de jouer avec le feu, les Brûleurs de Loups ont fini par se brûler dans le dernier acte. Malgré le triplé de Guillaume Leclerc (41e, 54e), seule satisfaction du dimanche, ce sont les Gapençais qui ont créé la surprise… bien aidés par Jakub Stepanek. Avec un tir au premier poteau de Dimitri Thillet (50e), puis un cafouillage conclu par Daniel Takkunen (62e), le portier tchèque a sombré (77,28% d’arrêts). Et son équipe aussi.

Une énième claque qui devra être synonyme de réveil, au risque de connaître une autre désillusion prochainement : « Il faut se mettre à travailler, ça ne va pas venir tout seul. On a une équipe avec du talent, oui, mais le talent ne suffit pas. Il faut créer une fondation avec le travail, l’effort et la passion », concluait Edo Terglav. Si Grenoble peut se réjouir de la défaite d’Angers sur la glace d’Anglet, il faudra impérativement montrer autre chose face à Briançon.

L’album du match de Philippe Durbet

Les réactions :

Guillaume Leclerc (attaquant des Brûleurs de Loups) : « À chaud, c’est dur à chaque fois de faire une analyse. Il y avait une équipe en face qui était en place, qui a fait son match et qui a réussi à nous mettre rapidement en danger sur les situations qu’elle a eues. À l’inverse, on a fait de petites erreurs, on a eu des moments de flottement, donc on n’a pas rendu le match très difficile pour eux. Il y a eu beaucoup de revirements, et je pense que les adversaires sont contents quand on leur donne ça. Ce n’est pas le type d’équipe qu’on veut être et je pense qu’on va vraiment se recentrer là-dessus pour corriger ça. Je pense qu’il nous manque quelques jours et du travail : ce sont les seuls outils que l’on a désormais pour se reconstruire, montrer un autre visage et aller chercher les objectifs fixés pour cette fin de saison. Ce soir, le résultat n’est pas bon, mais la performance est encore moins bonne. On va essayer de travailler pour remédier à cela.[Son Triplé] À la fin de la journée, c’est zéro point. Donc oui, c’est positif pour le joueur individuellement, mais ce n’est pas ce qu’on veut à ce moment de la saison. »

Edo Terglav (entraîneur des Brûleurs de Loups) : « En début de match, on était bien. On a beaucoup parlé de notre jeu défensif, parce que malgré nos trois victoires cette année, on était dominés dans les chances de marquer. La clé, c’était de ne pas leur donner d’espace, d’être bons devant les cages, et on l’a bien fait en première période. Ensuite, ça a été un peu moins bien et on s’est mis en difficulté tout seuls. On donne des buts faciles : trois buts sur cinq viennent de turnovers à la ligne bleue. J’ai l’impression qu’à chaque occasion, c’est un but pour eux aujourd’hui. Même à Rouen, c’était la même chose : on donne de grosses opportunités. C’est un problème depuis le début de la saison, on concède beaucoup de contres. Aujourd’hui, tout le monde joue pour les playoffs, tout le monde cherche des points. Il faut qu’on se mette dans cet état d’esprit tout de suite, pas quand les playoffs vont commencer. C’est ça le message : arrêter d’attendre. On ne va pas faire le switch à ce moment-là, ça ne marche pas. Pour moi, aujourd’hui, il manquait quelques joueurs. La confiance se construit avec le travail. Ce n’est pas le coach qui donne la confiance. Il faut se mettre à travailler, ça ne va pas venir tout seul. On a une équipe avec du talent, oui, mais le talent ne suffit pas. Il faut créer une fondation avec le travail, l’effort et la passion. Dans une patinoire de 4 200 personnes, il n’y avait pas de feu, il manquait de l’énergie. Il faut provoquer quelque chose : frapper quelqu’un, provoquer une réaction. Il n’y avait pas ça aujourd’hui. Il nous reste cinq matchs pour aller chercher du positif et travailler. Guillaume Leclerc marque trois buts : c’est quelqu’un qui était en difficulté et à qui j’ai donné plus de responsabilités aujourd’hui. Les gars étaient déçus dans le vestiaire. Au dernier match, on prend six pénalités, dont cinq stupides. Ce soir, on prend quatre buts devant les cages et là, on est soft. C’est dans ces moments-là qu’il faut prendre des pénalités : ce sont les bonnes pénalités. Nous, on prend des pénalités stupides. Il faut jouer physique, ça fait partie du hockey, mais il faut que ce soit intelligent. On a des gros gabarits, des gars capables de le faire, mais il faut le faire au bon moment. Il manque cette présence physique. Briançon est l’une des meilleures équipes de la ligue sur les 30 derniers matchs. C’est une équipe qui patine, qui va beaucoup à la cage, et qui est très disciplinée. Si on perd les palets à la ligne bleue, ce sera la même chose que ce soir. Il faut déjà qu’on joue de la bonne façon. Parfois, au hockey, on peut jouer 30 minutes sans qu’il ne se passe grand-chose, et ce n’est pas grave. Même quand on est une équipe offensive, il suffit d’en marquer un et de ne pas en prendre. C’est ça le but. Pas besoin d’en marquer sept. Moi, je m’en fous : je veux marquer et être solide défensivement, garder les changements courts et garder l’intensité pendant 60 minutes »

Fiche technique :

A Grenoble (patinoire Polesud – 4208 spectateurs), Gap bat Grenoble (5-4)

Détail des tiers : 1-0 – 1-3 – 2-2

Arbitres : M. Metais ; M. Laboulais assistés de M. Robert ; M. Mercier-Landry

Grenoble :

Buts : 13’39 Leclerc (Deschamps, Dair) ; 34’38 Prissaint (Grossetete, Weigel) ; 41’53 Leclerc (Bachelet, Englund) ; 54’25 Leclerc (Dair, Koudri)

Pénalités : 6’ (3 X 2’)

Gap :

Buts : 21’11 Panasenko ; 29’01 Pulkkinen ; 33’43 Siraudin ; 50’57 Thillet (Chauvel, Cerda) ; 52’40 Takkunen (Panasenko, Orlov)

Pénalités : 16’ (8 X 2’)