Les Brûleurs de Loups sont en finale de Ligue Magnus !

Les Brûleurs de Loups sont en finale de Ligue Magnus !

Ils l’ont fait ! Pour la deuxième année consécutive, les Brûleurs de Loups sont en finale de la Ligue Magnus. Une qualification que les Grenoblois sont allés chercher en patrons, en prenant le large dans le dernier tiers après avoir joué au chat et à la souris avec d’accrocheurs Angevins. Rendez-vous dès ce vendredi face à Bordeaux !

Un match 7, avec à la clé une place en finale ou un triste retour à la maison. Voilà l’enjeu d’un rendez-vous décisif venant clore une série indécise de bout en bout, tant les Grenoblois comme les Angevins se sont montrés irréprochables à domicile. Un match pour rejoindre les surprenants Boxers de Bordeaux. Un match disputé un 8 avril, comme un signe du destin pour rendre hommage au regretté Benoît Messin. Un match, enfin, pour espérer encore ramener un titre de plus dans l’armoire à trophées grenobloise. Autant d’éléments qui donnaient une saveur particulière à ce combat entre les Brûleurs de Loups et les Ducs.

Un combat auquel prenait part Matija Pintaric, de retour devant le filet grenoblois après avoir manqué le dernier déplacement angevin en raison de la naissance de sa fille. « Ce soir, on a encore vu sa force et son mental. Quand il est parti d’Angers pour rejoindre sa femme, on a senti que c’était important pour lui, qu’il devait le faire. Et ce matin, on l’a retrouvé tout sourire », confiait Edo Terglav à propos de son gardien, dont le retour se faisait ressentir dès l’entame du match. Sollicité à six reprises lors des cinq premières minutes de jeu, le Slovène se montrait infranchissable pour maintenir son équipe à flot.

Solides devant leur filet, les Grenoblois bafouaient cependant leur hockey de l’autre côté du glaçon, gênés par le pressing des Ducs : « Notre identité cette saison c’est un jeu intense avec un gros pressing. C’est ce qu’on a essayé de mettre en place ce soir » analysait le capitaine angevin. Pourtant, ce sont leurs adversaires qui se montraient les plus réalistes pour débloquer cette partie. Après un bon jeu de Rudy Matima derrière la cage angevine, Aurélien Dair s’essayait en one-timer, mais sa tentative était repoussée par Elliot Lévêque. Le palet revenait alors dans la crosse de Nicolas Deschamps, qui ne tremblait pas pour le propulser dans les filets adverses (1-0, 14e). « Ce soir, il y a eu de la réussite sur d’autres lignes que celle de François Beauchemin et Christophe Boivin. Ils ont bien travaillé sur les six premiers matchs, c’était à nous de prendre le relai », analysait le premier buteur de la soirée.

Avec cette ouverture du score, les débats s’équilibraient malgré quelques situations intéressantes pour les Ducs, à l’image de Teo Sarliève qui manquait le cadre alors que celui-ci semblait ouvert. « Ce soir encore, on a de sérieuses chances de marquer qu’on ne concrétise pas. C’est un peu à l’image de notre série », regrettait Jonathan Parades. Une maladresse que l’on ne retrouvait pas de l’autre côté de la glace. Moins de deux minutes avant la fin du tiers, Valentin Grossetête transmettait dans son dos à Sacha Treille, qui fusillait la lucarne angevine (2-0, 18e). Grenoble avait fait le break, mais la joie était de courte durée : 24 secondes plus tard, Robin Gaborit se montrait le plus opportuniste pour réduire la marque (2-1, 18e)… décidément, cette série était pleine de rebondissements : « Durant cette demi-finale, aucune des deux équipes n’a lâché. La bataille a été rude », soufflait le buteur angevin.

Un but qui ne faisait qu’exacerber la tension, avec des échauffourées qui se multipliaient aux quatre coins du glaçon. « L’intensité était présente, mais on n’a pas non plus dépassé les bornes », confiait Sacha Treille à l’issue du match. Cette animosité semblait tout de même prendre le pas sur le jeu, comme en témoignaient les difficultés des deux équipes à proposer un hockey alléchant au retour des vestiaires. Alors que le palet avait du mal à circuler et les connexions à s’établir, les Brûleurs s’en remettaient à un homme des grands rendez-vous : Nicolas Deschamps. Déjà décisif sur l’ouverture du score, le Canadien s’offrait un doublé en solitaire en logeant le palet entre les jambes d’Elliot Lévêque après avoir slalomé dans la défense angevine (3-1, 27e). « C’est la première fois que je connaissais une si longue période sans marquer. Ce soir, j’ai aidé l’équipe sur le plan offensif, en plus dans un match 7, donc ça fait du bien », souriait l’intéressé.

Grenoble pensait alors avoir fait le plus dur… il n’en était rien. À l’instar du premier acte, les Ducs ne tardaient pas à revenir dans la partie. Profitant d’une pénalité infligée à François Beauchemin, les Angevins réduisaient la marque en supériorité numérique. Philippe Halley déclenchait un tir puissant en one-timer qui venait se loger dans la lucarne d’un Matija Pintaric gêné par le bon travail de Robin Gaborit (3-2, 28e). Galvanisés, les hommes de Jonathan Parades poussaient pour revenir au score, mais butaient sur un excellent gardien slovène. De la botte devant Jonathan Charbonneau, puis en jaillissant dans les patins de Robin Gaborit, il écœurait les attaquants adverses pour préserver l’avance iséroise, bien épaulés par sa défense qui faisait bloc devant son filet

Une solidarité qui finissait par être récompensée quand François Beauchemin décalait Guillaume Leclerc, qui ajustait Eliott Lévêque après s’être amené le palet du patin (4-2, 38e). Avec deux buts d’avance au moment de regagner les vestiaires, les locaux avaient fait le plus dur. « On sait que dans le hockey, tout peut aller très vite, donc on reste méfiants. C’est pour cela qu’on est restés confiants », confiait l’expérimenté capitaine des Brûleurs de Loups.

Méfiants, les Grenoblois parvenaient à enfoncer le clou dans l’ultime tiers ! Une minute après qu’Adel Koudri eut vu sa tentative mourir sur la transversale, François Beauchemin effaçait le dernier rempart adverse pour offrir trois longueurs d’avance aux siens (5-2, 49e). Dans une patinoire en effervescence scandant « on est en finale », le capitaine grenoblois scellait l’issue de la rencontre… et de la série en s’offrant un doublé (6-2, 51e).

Pour la deuxième année consécutive, les Brûleurs de Loups disputeront la finale de Ligue Magnus, dès ce vendredi face aux Boxers de Bordeaux. Peu de temps, donc, pour savourer ce succès que les Isérois sont allés chercher pour Benoît Messin. « J’ai rêvé de cela hier soir. On avait une pensée pour lui ce soir, mais je suis convaincu qu’il était avec nous, aux premières loges », confiait avec émotion Sacha Treille. Un joli clin d’œil avant de se lancer à l’assaut d’un deuxième sacre consécutif !

L’album du match signé Philippe Durbet

Les réactions :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « Après la défaite à Angers qui était sévère (4-7), je n’ai jamais senti de doute dans le vestiaire. On savait que ce serait une série difficile contre eux, c’est une équipe de caractère avec beaucoup de qualité. On a bien travaillé ensemble. Il y avait de la fatigue, de l’émotion de jouer à la maison et on savait que tout pouvait arriver. Mais nous, on est resté concentré sur ce que nous on avait à faire. On n’a pas été très bien en début de match pour autant, on n’a pas paniqué. On a été solide partout pour pouvoir gagner ce match 7. On va savourer même si on n’a que deux jours avant le premier match de la finale contre Bordeaux. Cela va être très dur face à une équipe qui est en confiance. »

Jonathan Paredes (entraîneur d’Angers) : « On a fait trop d’erreurs en zone défensive pour l’emporter. Quatre des sept buts viennent d’erreurs de lecture ou d’une domination de Grenoble au départ de l’action. On a essayé de pousser pour revenir dans la partie… en vain. On n’a pas assez capitalisé sur nos power plays non plus. C’est une somme de petites choses qui a fait que la rencontre n’a pas tourné en notre faveur. C’est une déception parce qu’on aurait aimé aller plus loin en tant que compétiteurs, donc forcément tout le monde est déçu que ça s’arrête là. Maintenant, il faut digérer, retrouver de la sérénité et voir ce que l’on peut améliorer à l’intersaison. Je souhaite bonne chance à Grenoble pour la finale dès vendredi. Il y aura aussi du beau hockey entre deux belles équipes. »

Nicolas Deschamps (attaquant de Grenoble) : « Ca nous a fait du bien de revenir à la maison pour ce match 7. Toute l’équipe a bien performé. On peut être fier de ce qu’on a fait. C’était une série compliquée où chaque équipe a pris le dessus à domicile. Je trouve que c’est une vraie victoire collective, cela redonne de la confiance à tout le monde et c’est important avant la finale. Il y a eu des buts mais aussi des shoots bloqués, des mises en échec…  C’était un vrai travail d’équipe. Pour moi, c’était aussi important de marquer deux buts car cela ne m’était jamais vraiment arrivé de rester sans marquer comme ça, sans aider l’équipe offensivement. C’est bien que cela revienne sur le match 7. Maintenant, on n’a rien gagné et on doit vite basculer vers la finale contre Bordeaux. »

Sacha Treille (capitaine de Grenoble) : « C’est une victoire qui fait très plaisir car on a été en difficulté dans cette série. On a quand même galéré. Et on se rend compte que l’avantage de la glace, ce n’est pas anodin. Sur un septième match, il y a eu de l’intensité entre les deux équipes mais aussi un peu de fatigue. Il faut switcher très vite vers Bordeaux et la finale. On a juste profité dix minutes dans le vestiaire. Car pendant que nous on galérait contre Angers, Bordeaux était en train de se préparer. Après, on sera dans le rythme dès vendredi, donc cela peut compter. »

Robin Gaborit (capitaine d’Angers) : « L’avantage de la glace a été très important dans cette série et les petits points que tu laisses par ci, par là, en saison régulière finissent par coûter cher. Sur ce match 7, on a pris des buts sur des séquences qu’on avait identifiées, donc c’est problématique. En troisième période, on s’est fait punir assez rapidement, ce n’était pas facile dans la tête. On aurait dû être plus compact défensivement surtout face à Grenoble qui a des joueurs capables de finir devant le but. Il est tôt pour tirer un bilan mais on a vu deux belles équipes. Ce qui prédomine, c’est quand même la déception car on n’était pas très loin de pouvoir écrire l’histoire. »

Fiche technique :

A Grenoble (patinoire Polesud – 4208 spectateurs), Grenoble bat Angers (6-2)

Détail des tiers : 2-1 – 2-1 – 2-0

Arbitres : M. Rauline ; M. Debuche assistés de M. Ugolini ; M. Yssembourg

Grenoble :

Buts : 14’09 Deschamps (Dair, Matima) ; 18’10 Treille (Grossetete, Koudri) ; 27’08 Deschamps ; 38’33 Leclerc (Beauchemin, Boivin) ; 49’28 Beauchemin (Boivin) ; 51’21 Treille (Beauchemin, Boivin)

Pénalités : 10’

Angers :

But : 18’34 Gaborit ; 28’45 Halley (Charbonneau, Donaghey)

Pénalités : 6’