Les Brûleurs de Loups trébuchent d’entrée en finale de Ligue Magnus

Les Brûleurs de Loups trébuchent d’entrée en finale de Ligue Magnus

Pour lancer cette finale de Ligue Magnus, les Brûleurs de Loups recevaient Bordeaux ce vendredi. Rapidement devant, les Grenoblois ont progressivement cédé sous les assauts bordelais au terme d’un match riche en rebondissements. Menés, ils devront réagir dès demain pour ne pas se rendre en Gironde avec le break dans les valises.

Avec une semaine de récupération en moins par rapport aux Bordelais, la fraîcheur des Grenoblois était source d’interrogation. Pourtant, deux jours seulement après leur victoire face à Angers, les Brûleurs de Loups se montraient rassurants dès leurs premiers coups de patin. « Après neuf jours sans jouer, on craignait de manquer d’intensité face à des Grenoblois qui sortaient d’une grosse série contre Angers et qui allaient donc avoir ce rythme-là », analysait Olivier Dimet. Une crainte qui n’a pas mis longtemps à se manifester. Moins de vingt secondes après le coup d’envoi, François Beauchemin déposait le palet dans la crosse de Christophe Boivin, qui ajustait Quentin Papillon sans trembler (1-0, 0’19). Grenoble ne pouvait pas mieux débuter cette finale ! Dépassée, la défense bordelaise était à l’agonie dans cette entame de match. Alors que le chronomètre n’avait pas encore dépassé la minute de jeu, les hommes d’Edo Terglav faisaient déjà le break ! Après avoir touché le montant gauche sur l’action précédente, Adel Koudri était idéalement placé au second poteau pour reprendre la rondelle déposée par Antoine Fertin (2-0, 0’57). « C’est un but qui me fait du bien parce que j’ai envie d’aider l’équipe. C’est mon premier but de la série, mais j’espère que ce ne sera pas le dernier », soufflait l’intéressé.

Un premier but en playoffs qui assommait les Boxers, contraints de poser un temps mort pour stopper l’hémorragie. « J’ai dit aux joueurs que le chemin était encore long et qu’il fallait garder la tête froide et continuer à faire ce qui nous a réussi depuis le début des phases finales », confiait l’entraîneur bordelais. Pourtant, le mal aurait pu être plus profond après cette courte pause si François Beauchemin puis Aurélien Dair n’avaient pas manqué leur face-à-face. Deux possibilités de prendre le large qui s’envolaient et les Boxers étaient relancés. Maîtres de leur sujet en proposant un hockey alléchant, les Grenoblois perdaient progressivement pied face à des Girondins qui retrouvaient leurs esprits, pour le plus grand bonheur de leur entraîneur : « Il nous a fallu cinq ou six minutes pour vraiment rentrer dans notre match. Progressivement, on a retrouvé le rythme qui nous manquait et on a repris confiance. » Cependant, leur imprécision combinée aux arrêts de grande classe de Matija Pintaric les empêchait de recoller au score. Il fallait alors attendre que Christophe Boivin soit pénalisé pour voir la domination bordelaise se concrétiser. Profitant de cette supériorité numérique, Tommy Giroux logeait la rondelle dans la cage du gardien slovène après un cafouillage dans l’enclave iséroise (2-1, 19e). « Ce but en powerplay à la fin du premier tiers nous fait vraiment du bien, il nous lance dans le match et nous permet de dérouler notre hockey », analysait Olivier Dimet.

Un retour au score mérité tant les Boxers ont accentué leur pression au fil du premier tiers (21 tirs à 8). Et cela se poursuivait au retour des vestiaires. Installés dans le camp du champion en titre, les Boxers ne relâchaient pas la pression sur des Grenoblois qui procédaient en contre. Adel Koudri manquait le cadre (28e), puis Sacha Treille était trop court pour inquiéter Quentin Papillon (29e). Pas en réussite sur ces situations, les Isérois ne l’étaient guère plus sur leur premier powerplay de la soirée malgré une belle opportunité pour Nicolas Deschamps (32e). En difficulté pour faire le break, les Brûleurs de Loups finissaient par craquer de l’autre côté de la glace. Esseulé au second poteau, Pierre-Olivier Morin reprenait une offrande de Quentin Tomasino pour remettre les deux équipes à égalité (2-2, 34e). « On n’a pas été assez compacts à cinq contre cinq. Nos défenseurs étaient trop loin de leurs attaquants et on a souffert de notre fatigue mentale », regrettait Edo Terglav. Galvanisés par cette égalisation, les Boxers ne tardaient pas à prendre la tête. Deux minutes plus tard, Kaylian Leborgne venait concrétiser un joli mouvement collectif initié par William Pelletier et Mathieu Pompei (2-3, 36e). La défense des Brûleurs de Loups avait fini par craquer sous les assauts adverses. « Bordeaux a joué son jeu en restant calme et en poussant de plus en plus au fil du match. C’est une équipe qui est forte en transition et, ce soir, ils nous ont fait mal sur ces phases de jeu. » analysait le technicien isérois.

Menés d’un but à l’issue du deuxième tiers, les Grenoblois devaient réagir au risque de concéder leur première défaite à domicile de ces playoffs. Mais la tâche devenait encore un peu plus complexe quand Pierre Crinon était sanctionné pour une charge à la tête au retour des vestiaires. Pourtant solides en infériorité numérique contre Angers, les Isérois craquaient pour la deuxième fois de la soirée, permettant ainsi à Pierre-Olivier Morin de s’offrir un doublé (2-4, 43e). Avec deux longueurs de retard et alors que le chronomètre défilait, les espoirs grenoblois s’amenuisaient. Une lueur traversait cependant la patinoire Polesud quand Pierre-Olivier Morin puis Maxim Lamarche rejoignaient tour à tour le banc des pénalités. En double supériorité numérique, les Brûleurs de Loups ne tardaient pas à réduire la marque par l’intermédiaire de Sacha Treille, idéalement servi par Christophe Boivin. Passeur, ce dernier se muait en buteur dans la foulée pour permettre aux siens d’égaliser. « Physiquement, on a vu qu’on avait les ressources pour revenir après avoir été menés 4-2. Cela montre que notre équipe a du caractère », soulignait l’entraîneur grenoblois. Un caractère qui rendait ce match complètement fou ! Tellement fou que Bordeaux repassait devant à peine deux minutes plus tard. À la suite d’une mauvaise relance de Pierre Crinon, Maxim Lamarche transmettait à Jeremy Beaudry, qui trompait Matija Pintaric en one-timer (4-5, 55e).

Un coup de massue pour les Isérois, qui tentaient le tout pour le tout en évoluant en cage vide… en vain ! Les Grenoblois sont menés 1-0 dans la série et devront s’imposer dès demain pour ne pas concéder le break avant de se rendre en Gironde. « Bordeaux mérite son premier point. Maintenant, on fait reset, on tourne la page dès demain et on repart au combat. Je reste confiant à 100 % », concluait Edo Terglav.

L’album photos du match signé Philippe Durbet 

Les réactions :

Edo Terglav (Grenoble, entraîneur principal) : « Pour un premier match, c’est dur. On savait que finir la série et en commencer une autre tout de suite, la fraîcheur était moins là. C’est normal : jouer deux matchs en très peu de temps, contre une équipe qui a eu neuf jours pour se préparer… Et on a senti que les décisions n’étaient pas toujours les bonnes. Avec ça, on a donné quelques occasions, même les buts, par rapport au jeu qu’on produit d’habitude. Trois des cinq buts proviennent de turnovers, on sort mal les palets. Il a manqué cette fraîcheur pour être plus focus sur la glace. Il manquait un peu d’énergie, même dans le public, pour donner plus. On en a retrouvé à la fin, pour revenir dans le match. C’est quelque chose de positif, de voir ce caractère qu’on a. mais ça n’a pas été suffisant. Sur l’ensemble du match, Bordeaux a mérité sa victoire. Maintenant, on fait reset, on tourne la page dès demain et on repart au combat. Je reste confiant à 100 % » 

Adel Koudri (Grenoble, attaquant) : « On perd ce soir (lire vendredi), alors qu’on avait bien démarré ce match. On perd à la fin, sur le fil, mais des play offs c’est long. Et ce n’est que le premier match. Il en reste six, pour aller chercher la coupe. Malgré nos deux buts, on est resté focus sur notre jeu. On a eu des occasions après, mais ça n’a pas été concrétisé. C’est un but qui me fait du bien parce que j’ai envie d’aider l’équipe. C’est mon premier but de la série, mais j’espère que ce ne sera pas le dernier. Il faut garder le positif ce soir : on a tenu jusqu’au bout, on est allé chercher le 4-4. Faut garder le positif, continuer de travailler et demain est un autre jour. »

Olivier Dimet (Bordeaux, entraîneur) : « On s’attendait à ce début de match. On savait qu’après nos jours sans jouer, on allait manquer de rythme et d’intensité. Grenoble sortait d’une grosse série face à Angers, allait avoir ce rythme qu’on n’avait pas et on l’a payé cash avec ces deux buts sur la première minute. Il nous a fallu cinq ou six minutes pour rentrer dans le match. Progressivement, on a retrouvé le rythme qui nous manquait et on a repris confiance. On l’a fait petit à petit et on a fait de bonnes choses pour gagner ce match. Derrière, on a repris confiance dans notre jeu et on a retrouvé le bon rythme. Ce but en powerplay à la fin du premier tiers nous fait vraiment du bien, il nous lance dans le match et nous permet de dérouler notre hockey. On a fait un très bon 2e tiers. Il faut continuer. On sait que cette finale face à Grenoble ne sera pas facile. Ce soir, on prend le premier match, on est très content. Mais on est déjà tourné sur la suite. »

Fiche technique :

A Grenoble (patinoire Polesud – 4208 spectateurs), Bordeaux bat Grenoble (5-4)

Détail des tiers : 2-1 – 0-2 – 2-2

Arbitres : M. Rauline ; M. Peyre assistés de M. Ugolini ; M. Cady

Grenoble :

Buts : 00’19 Boivin (Beauchemin) ; 00’57 Koudri (Fertin) ; 51’46 Treille (Boivin, Zajac) ; 53’33 Boivin

Pénalités : 6’

Bordeaux :

Buts : 19’32 Giroux ; 34’29 Morin (Tomasino) ; 36’01 Leborgne (Pompei, Pelletier) ; 43’50 Morin (Bruche) ; 55’56 Beaudry (Lamarche, Tomasino)

Pénalités : 10’