Plombés par leur entame de match, les Brûleurs de Loups s’inclinent sur la glace des Boxers
Après être revenus à égalité dans la série, les Grenoblois se rendaient à Mériadeck ce mardi. Face à des Bordelais plus conquérants dans la première moitié du match, les Brûleurs de Loups se sont inclinés malgré un sursaut dans le dernier tiers. Il faudra relever la tête dès demain pour espérer reprendre l’avantage de la glace.
En ayant concédé un point aux Bordelais lors du match inaugural, les Brûleurs de Loups se devaient de l’emporter au moins une fois en Gironde pour reprendre l’avantage de la glace. La première occasion se présentait ce mardi dans la niche des Boxers, qui ne leur a pas réussi en saison régulière, avec deux défaites en autant de rendez-vous. Et le début de rencontre confirmait cette tendance. Asphyxiés par le rythme imposé, les Isérois souffraient dans une patinoire de Mériadeck chauffée à blanc. Les assauts se multipliaient sur la cage de Matija Pintaric, qui finissait par craquer à peine plus de trois minutes après le coup d’envoi. Profitant de la chute d’Hugo Nogaretto, Jeremy Beaudry prenait le temps de loger la rondelle dans la lucarne gauche du Slovène (1-0, 3e). Une ouverture du score méritée pour des Boxers plus entreprenants et proches de doubler la mise, sans un double arrêt du dernier rempart grenoblois (4e). « On a fait une très bonne entame de match. On a mis en place un pressing assez haut qui n’a pas trop mal marché », analysait Olivier Dimet.
En grande souffrance, les hommes d’Edo Terglav peinaient à exister dans cette troisième manche. Maladroits, ils ne parvenaient pas à ressortir proprement le palet ni à s’approcher des cages d’un Quentin Papillon peu sollicité (2 tirs en 12 minutes). Et lors de leurs rares incursions dans le camp adverse, ils manquaient de tranchant pour conclure leurs actions : Aurélien Dair ratait sa déviation dans l’enclave, Adel Koudri butait sur Quentin Papillon et Guillaume Leclerc touchait la rondelle du bout de la crosse sans la dévier suffisamment pour faire trembler les filets… Grenoble n’y arrivait pas ! Pire, sur la fin du tiers, les Boxers profitaient d’une pénalité contre Axel Prissaint pour évoluer à six contre cinq en sortant leur gardien. Une supériorité numérique que les locaux jouaient à merveille pour permettre à l’opportuniste Mathieu Pompei de faire le break sur un rebond (2-0, 18e). « On est obligés de courir après le score pendant une bonne partie du match. C’est à nous de réagir » pestait Axel Prissaint, l’ancien défenseur des Boxers.
En manque d’énergie et d’inspiration, les Brûleurs de Loups étaient dépassés dans un des pires tiers réalisés depuis le début des playoffs. Et pourtant, le visage affiché au retour des vestiaires n’était guère plus convaincant. Inefficaces sur leur premier powerplay, les Brûleurs de Loups continuaient à souffrir de l’autre côté du glaçon. Quentin Tomasino croyait donner trois longueurs d’avance aux siens, mais sa tentative venait mourir sur le poteau de Matija Pintaric. Ce n’était que partie remise. Sur l’action suivante, Loïk Pourdier profitait de la remise de Baptiste Bruche pour crucifier le gardien grenoblois (3-0, 23e). Un but qui n’enlevait rien au soutien de la soixantaine de supporters isérois ayant fait le déplacement en Gironde. Si leur équipe peinait à rivaliser sur la glace, eux donnaient de la voix dans leur quart de virage. Et cela semblait progressivement rejaillir sur leurs protégés. En effet, Hugo Nogaretto était proche de réduire la marque, mais sa tentative fracassait le montant gauche de Quentin Papillon. Il fallait alors attendre le coup de génie de Valentin Grossetete pour faire enfin trembler les filets bordelais. Très en vue dans ces phases finales, le numéro 5 slalomait dans la défense adverse avant de loger la rondelle dans la lucarne gauche de Papillon (3-1, 34e).
Galvanisés par cette réduction du score, les Brûleurs de Loups se montraient de plus en plus dangereux. « Inconsciemment, quand on mène trois à zéro, on essai de jouer un peu plus facile et c’est ce qui les a remis dans la partie », soufflait l’international français, Jules Boscq. À l’instar d’Hugo Nogaretto quelques minutes auparavant, Nolan Zajac touchait également le poteau… rageant. D’autant que les Boxers étaient davantage en réussite lors de leurs incursions dans le camp isérois. Profitant de deux contres favorables, Kaylian Leborgne permettait aux siens de prendre le large dès l’entame du dernier tiers (4-1, 44e). « C’est un but qui nous permet de reprendre trois longueurs d’avance. Forcément, ça leur met un petit coup derrière la tête » se réjouissait l’entraîneur bordelais.
La partie semblait alors pliée… il n’en était rien. Comme dans un scénario rocambolesque que seul le hockey sur glace sait offrir, les Grenoblois relançaient la rencontre à la suite d’une pénalité de cinq minutes infligée à Dusseau. Et comme souvent, cette supériorité numérique ne tardait pas à sourire au champion en titre. « C’est la meilleure équipe de la ligue en powerplay. On essaie de trouver des solutions pour les contrer mais force est de constater que cela n’a pas bien fonctionné ». En effet, les Brûleurs de Loups scoraient à deux reprises sur ces situations-là : Christophe Boivin profitait d’un rebond à la suite d’une tentative d’Aurélien Dair (4-2, 47e), puis Sacha Treille déclenchait un tir puissant depuis l’enclave (4-3, 48e). En l’espace d’une minute, les Brûleurs de Loups s’offraient le droit de rêver à un impensable retournement de situation. Mais la pénalité infligée à Valentin Grossetete pour charge incorrecte venait clore leurs derniers espoirs. Une sanction qui avait du mal à être acceptée par Edo Terglav : « Ce qui me gêne, c’est que ce sont des pénalités faciles. On est en finale et il faut arrêter de se laisser embarquer dans le cinéma de certains joueurs ».
Avec ce troisième revers de la saison à Mériadeck, les Grenoblois sont désormais menés 3-1 dans la série et devront relever la tête dès demain pour reprendre l’avantage de la glace. Pour cela, il faudra se montrer plus conquérants dès l’entame du match : « Il va falloir trouver les ressources pour l’emporter, revenir avec de meilleures intentions. Je ne me sens pas abattu, loin de là » concluait Axel Prissaint.
Les réactions :
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On était là, mais Bordeaux était meilleur que nous en début de match. Ils ont été plus opportunistes, on a travaillé fort pour marquer des buts. Je trouve que Bordeaux a eu beaucoup d’actions qui allaient dans leur sens. On n’a rien lâché pour autant, c’est notre caractère. Dans la deuxième partie de match, on n’a pas calculé. Il faut tout donner. Les matchs comme ça, il faut aller les chercher, même quand tu perds de trois buts. Le power play, c’est notre force dans ces playoffs et on l’a encore prouvé ce soir. On a vécu beaucoup de choses cette année et on est toujours revenus. On en est capables. C’est dommage qu’à la fin, on prenne des pénalités aussi. Il y a beaucoup de pénalités faciles, ça me gêne un peu. Il faut laisser un peu jouer au hockey. On est en finale, ça devrait plus se jouer à cinq contre cinq et ne pas se laisser embarquer par le cinéma de certains. »
Jules Boscq (défenseur de Bordeaux) : « Il faut vraiment qu’on fasse attention aux pénalités, car les powerplays sont leur grande force. Inconsciemment, quand on mène trois à zéro, on essaie de jouer un peu plus facile et c’est ce qui les a remis dans la partie. Pour autant, on n’a jamais paniqué, même quand ils sont revenus à 4-3. Le public peut stresser, mais nous, sur la glace, ce n’est pas le cas. On a switché après la saison régulière, donc forcément on est contents de ce qu’on propose. Il y a des joueurs d’expérience dans le vestiaire qui sont habitués à ce genre de rendez-vous. On est déjà focus sur demain (lire mercredi) ».
Olivier Dimet (entraîneur de Grenoble) : « On joue face au champion de France en titre. On doit jouer 60 minutes pour espérer l’emporter. Je crois qu’on fait une très bonne première partie de match, les 30 premières minutes sont à notre avantage. Derrière, ils reprennent un peu le momentum sur leur premier but je pense que les pénalités nous font mal. On sait la force du power-play de Grenoble, il faut être discipliné face à cette équipe là. Quand on est à 3-0, on s’est complètement arrêté de jouer, on ne bougeait plus les pieds, ni le palet, on a cédé beaucoup de turnovers. Le but du 4-1 qui nous permet de reprendre trois longueurs d’avance. Forcément, ça leur met un petit coup derrière la tête »se réjouissait l’entraîneur bordelais.On doit se servir de ça pour les prochaines rencontres. »
Axel Prissant (défenseur de Grenoble) : « On prend des buts rapidement et on a dû courir derrière le score pendant tout le match, ce sont des choses qui arrivent. Ca fait partie du jeu et c’est à nous de réagir. Bordeaux a très bien joué son entame et ils ont été réalistes. On a pris des buts rapidement. On est venu avec des bonnes intentions. Ca leur a sourit et maintenant, il faut continuer Il va falloir trouver les ressources pour l’emporter, revenir avec de meilleures intentions. Je ne me sens pas abattu, loin de là. Tout peut se passer dans le hockey, ça va vite. On y a cru jusqu’au bout. »
Fiche technique :
A Bordeaux (Mériadeck – 3500 spectateurs), Bordeaux bat Grenoble (4-3)
Détail des tiers : 2-0– 1-1 – 1-2
Arbitres : M. Debuche ; M. Peyre assistés de M. Constantineau ; M. Yssembourg
Bordeaux :
Buts : 3’18 Beaudry (Boscq) ; 18’23 Pompei (Morin, Boscq) ; 24’02 Poudrier (Bruche) ; 44’07 Leborgne
Pénalités : 11’
Grenoble :
Buts : 34’27 Grossetete ; 47’11 Boivin (Dair, Beauchemin) ; 48’41 Treille (Beauchemin)
Pénalités : 9’

