Quart de finale : les Brûleurs de Loups s’adjugent la deuxième manche en prolongation
Faire le break ou laisser les Briançonnais rentraient dans les Hautes Alpes à égalité, tel était l’enjeu de ce deuxième rendez-vous. Un rendez-vous marqué par une VAR défectueuse et une ambiance électrique tout au long d’une soirée qui a finalement souri à des Grenoblois pourtant dominés ce samedi.
Tendu ! Voilà comment résumer soixante minutes d’une rencontre longtemps indécise ce samedi soir. Une vingtaine d’heures sont passées depuis la victoire inaugurale des locaux (3-0) et pourtant la tension n’était pas retombée. Loin de là ! Charges, mises en échec et échauffourées ont rythmé la soirée. Rajoutez à cela des décisions arbitrales quelque peu discutables et vous obtenez un cocktail explosif avec un public faisant office de détonateur. Un scénario brûlant qui n’a pourtant pas fait les affaires des Brûleurs. Comme souvent cette saison, les Grenoblois sont tombés dans le piège tendu par leur adversaire. Les pénalités se sont multipliées, leur hockey a été bafouillé et ils ont été dominés une bonne partie de la rencontre : « On a perdu trop d’énergie à faire des choses que l’on ne veut pas faire : frapper, parler aux arbitres, prendre des pénalités » pestait Edo Terglav à l’issue de la rencontre.
Pourtant, ce sont eux qui s’étaient illustrés les premiers : Dair s’essayait en one-timer (2e), Boivin armait depuis la ligne bleue (4e), Beauchemin manquait son face-à-face (5e) et Matima voyait sa tentative repoussée par l’excellent Griffen Outhouse (7e). Des occasions gâchées qui finissaient par profiter à des Briançonnais opportunistes. Sur l’une de leurs rares incursions dans le camp grenoblois, Bonnardel déviait la tentative de Chausserie-Lapree pour tromper Matija Pintaric (0-1, 7e). Une réalisation qui inversait totalement la physionomie de la rencontre : les Diables Rouges poussaient les Brûleurs de Loups sur le reculoir dans une atmosphère toujours aussi électrique.
Et alors que les hommes d’Edo Terglav peinaient à se montrer dangereux, c’est un défenseur qui sonnait la révolte (1-1, 30e). Pierre Crinon s’en allait transpercer à lui seul l’arrière-garde briançonnaise avant de gratifier Polesud d’une célébration rageuse : « J’ai plein de choses sur le cœur en ce moment donc c’est sûr que ça fait plaisir d’être récompensé » soufflait-il. Et pourtant, la joie était de courte durée puisque 90 secondes plus tard, l’inévitable Chase Dubois profitait d’une énième supériorité numérique pour reprendre l’avantage (1-2, 31e). Une réalisation qui venait concrétiser la domination des visiteurs dans la période intermédiaire, avec dix tirs de plus que les Grenoblois à leur actif : « On est une petite équipe avec un petit budget mais on se donne. C’est notre identité et notre force » analysait Pierre Bergeron.
Une force qui a bien failli faire plier les Isérois. En effet, les minutes s’égrenaient et les Diables Rouges demeuraient en tête jusqu’à cette fameuse cinquantième minute. Le tournant de la rencontre. Présent au rebond, Boivin poussait la rondelle au fond des filets de Paul Outhouse qui semblait avoir été touché par la crosse de l’attaquant grenoblois sur cette action. Pierre Bergeron demandait alors un challenge vidéo pour un but qui aurait dû légitimement être refusé. Une décision qui n’a pourtant pas été prise par le corps arbitral (2-2, 50e). La raison ? La vidéo n’a pas pu être visionnée à cause d’un problème technique. « Ce qui est dommage, c’est le manque de professionnalisme dans cette ligue. L’arbitre vient me voir et me dit que c’est sûr qu’il n’y a pas but mais comme la VAR ne fonctionne pas, il est obligé de l’accorder » pestait l’entraîneur haut-alpin, amer.
Dans la foulée de cette égalisation, les Diables Rouges se montraient indisciplinés et les pénalités s’enchaînaient, offrant même aux Brûleurs de Loups une double supériorité numérique en prolongation. Après des premières offensives plombées par des maladresses récurrentes, Sacha Treille finissait par faire exulter l’antre grenobloise d’une frappe en lucarne dont lui seul a le secret (3-2, 61e).
Une délivrance qui permet aux hommes d’Edo Terglav de faire le break dans la série après avoir été dominés ce samedi. Quant aux Briançonnais, ils repartent dans la Cité Vauban avec un sentiment d’injustice compréhensible. C’est la promesse d’un match trois qui s’annonce bouillant ce mardi.
L’album du match signé Philippe Durbet
Les réactions :
Pierre Crinon (défenseur de Grenoble) : « Des victoires comme ça, il y en aura en play-offs. On ne cherche pas forcément à avoir de belles victoires. Tout ce qui nous importe c’est de gagner, et là on a gagné nos deux matches à la maison, c’est le plus important. Ce soir, on a pris de trop de pénalités, mais on a bien joué en infériorité. Il ne faut pas qu’on se frustre. Je pense qu’on manque de réalisme, mais avec le talent qu’on a, je pense que ça va venir tout seul. »
Pierre Bergeron (entraîneur de Briançon) : « Tout m’a plu dans la prestation des joueurs ce soir. Au deuxième tiers et au troisième tiers, on était devant aux tirs et les joueurs ont pris du plaisir ce soir. Le seul truc qui est dommage c’est le manque de professionnalisme dans cette ligue. La VAR ne fonctionne pas, l’arbitre vient me voir et il me dit que c’est sûr qu’il n’y a pas but mais comme elle ne fonctionne pas, je suis obligé de l’accorder. On voit très bien que Boivin donne un coup de crosse directement dans le masque de Outhouse. Je pense que Pierre Crinon n’a plus sa place dans la ligue, s’il n’y a pas de suspension sur sa faute, je ne sais même pas ce que je fais à coacher. C’est dommage, ça arrive trop souvent. Après ça, il y a trois pénalités contre et comme il a mis beaucoup de punitions contre Grenoble, il fallait le faire sur Briançon. A un moment, il faut que ça cesse. C’est un manque de professionnalisme et les gens qui en sont responsables vont se reconnaître. »
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « Ce soir, c’était dégueulasse. Il faut aller chercher les victoires comme ça aussi. C’était dur parce qu’on a passé l’énergie à faire ce qu’il ne faut pas faire. On essayait de trouver le rythme et on prenait une pénalité et on n’a pas su trouver le momentum. On ne peut plus jouer comme ça et ça va être un challenge. On sait comment ça va être là-bas, il va falloir qu’on reste calme et ne pas tomber dans la provocation. Briançon a été très dur à jouer contre, c’est à nous de monter d’un cran. Sur la vidéo, pour l’image du hockey, ce n’est pas bien. Tout le système doit être parfait, il n’y a pas d’excuse que ça fonctionne pas. Ce n’est pas normal. »
Fiche technique :
A Grenoble (patinoire Polesud – 4208 spectateurs), Grenoble bat Briançon (3 – 2, après prolongation)
Détail des tiers : 0-1 – 1-1 – 1-0 – 1-0
Arbitres : M. Rohwedder ; M. Goncalves assistés de Mme. Cheyroux ; M. Ugolini
Grenoble :
Buts : 30’10 Crinon ; 50’36 Boivin (Mallet, Beauchemin) ; 61’30 Treille
Pénalités : 18’
Briançon :
Buts : 07’57 Bonnardel (Chausserie Lapree) ; 31’40 Dubois (Bisson)
Pénalités : 10’

