Quels enseignements tirer du début de série des Brûleurs de Loups face à Bordeaux ?
Alors que les Brûleurs de Loups et les Boxers se neutralisent dans cette finale, Métro-Sports décrypte les enseignements des deux premiers actes. Duel de gardiens, impact des unités spéciales, réussite du trio canadien, avantage de la glace ou encore gestion de la fatigue : autant d’éléments qui laissent entrevoir une série aussi indécise que spectaculaire.
Matija Pintaric – Quentin Papillon : un match dans le match
Edo Terglav n’a cessé de le marteler ces dernières semaines : « Il faut un grand gardien pour gagner en playoffs ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Brûleurs de Loups ne sont pas en reste dans ce domaine. Avec 94,78 % d’arrêts depuis le début des phases finales, Matija Pintaric n’est autre que le meilleur gardien de Ligue Magnus. Il l’a encore prouvé ce samedi en repoussant l’intégralité des pénaltys adverses pour permettre aux siens d’égaliser dans la série. Auteur de 95,45 % d’arrêts sur cette rencontre, le Slovène a écœuré des attaquants bordelais qui essaient de trouver la solution pour le prendre à défaut : « Il faut aller à la cage, se mettre devant lui pour lui gâcher la visibilité. L’objectif, c’est de l’embêter le plus possible pour marquer », confiait Loïc Farnier, ancien joueur des Brûleurs de Loups et coéquipier de Matija Pintaric.
Décisif lors du match 2, le portier isérois aurait pourtant pu céder sa place à la suite d’un choc intervenu dans le premier tiers. Cebald Debiak avait même enfilé son casque avant que son partenaire et habituel titulaire ne puisse reprendre sa place face à son homologue bordelais, Quentin Papillon. Avec 92,76 % d’arrêts sur ces playoffs, le dernier rempart des Boxers appartient lui aussi à la caste des gardiens capables de faire basculer l’issue d’une rencontre. « Pinta, c’est quelqu’un qui a du vécu : il a joué dans beaucoup de championnats, donc il est habitué à ce genre de matchs. Et puis, de l’autre côté, il y a Papillon qui fait une bonne série, donc c’est un duel de gardiens », analysait ainsi Edo Terglav à l’issue des deux premiers actes. Une analyse qui résume à elle seule l’impact des deux hommes dans une série disputée et indécise.
Une finale qui bascule sur les unités spéciales
« En cinq contre cinq, il n’y a pas énormément d’espace ni d’occasions de marquer. C’est une série qui se joue beaucoup sur les unités spéciales », soufflait l’entraîneur grenoblois en conférence de presse. En effet, cette finale a basculé sur les powerplays lors des deux premiers matches. Vendredi, quatre des neuf buts inscrits l’ont été en supériorité numérique. Pierre-Olivier Morin s’est offert un doublé, tandis que Sacha Treille (à cinq contre trois) et Christophe Boivin ont marqué dans le dernier tiers.
Samedi, ce sont l’intégralité des buts inscrits dans le temps réglementaire qui l’ont été sur ces phases de jeu, puisque Andrius-Kulbis Marino et François Beauchemin ont imité Pierre-Olivier Morin et Tommy Giroux. Au total, 61,5 % des buts de cette finale proviennent des unités spéciales, d’où l’importance d’éviter la case prison : « Il faut qu’on soit plus disciplinés. On a pris beaucoup de pénalités loin de notre cage, dans la zone offensive », regrettait Edo Terglav. Un mal récurrent pour les Grenoblois ces dernières semaines, qu’il faudra gommer lors du déplacement en Gironde pour ne pas se tirer une balle dans le pied.
Physique ou mentale, la fatigue s’est fait ressentir
Après avoir disputé cinq matches en huit jours, les hockeyeurs grenoblois ont eu droit à une courte trêve bien méritée : « Dimanche, on va avoir un jour de repos loin des patinoires, puis on partira dans la soirée à Bordeaux. On veut être sur place lundi matin pour s’entraîner tranquillement et prendre nos repères », confiait Edo Terglav. Avec une semaine de récupération en moins par rapport aux Bordelais, qui ont balayé les Rouennais en quatre manches, les Brûleurs de Loups ont abordé cette finale avec quelques interrogations sur leur fraîcheur physique.
Pourtant, ce sont eux qui ont profité de l’enchaînement des matches pour attaquer le rendez-vous inaugural pied au plancher, en inscrivant deux buts en moins d’une minute : « Après neuf jours sans jouer, on craignait de manquer d’intensité face à des Grenoblois qui sortaient d’une grosse série contre Angers et qui allaient donc avoir ce rythme-là », regrettait Olivier Dimet. Mais la fatigue, physique comme mentale, s’est rapidement fait ressentir et il a manqué ce sursaut d’énergie aux Grenoblois pour espérer l’emporter.
Samedi, les hommes d’Edo Terglav ont affiché un meilleur visage, comme l’analysait l’entraîneur des Boxers : « Le match a été un peu plus physique. J’ai trouvé les Grenoblois plus en forme, avec beaucoup plus d’énergie. » Et cela a payé puisque les locaux sont parvenus à revenir dans la série au terme d’une irrespirable séance de pénaltys. Ces quelques jours de repos devraient donc leur permettre de recharger les batteries avant d’attaquer une série de deux matches en Gironde, ce mardi et mercredi.
Grenoble parviendra-t-il à reprendre l’avantage de la glace ?
En repartant de Grenoble avec un succès dans leurs bagages, les Bordelais ont atteint l’objectif qu’ils s’étaient fixé : « On voulait prendre au moins un match. Malgré la déception de la défaite (3-2 aux T.A.B. samedi), on est satisfaits de nos deux prestations. On rentre à la maison en récupérant l’avantage de la glace, donc c’est une bonne chose », soufflait Olivier Dimet. En effet, cette victoire lors du match inaugural leur offre un atout de poids au moment de retrouver leur patinoire : « On a inversé l’avantage de la glace et je pense que, dans les têtes, on a pris le momentum psychologique », confiait Loïc Farnier.
Les Brûleurs de Loups devront donc s’imposer au moins une fois à Mériadeck pour reprendre la main dans cette série. Une mission loin d’être évidente pour des Grenoblois qui ne se sont encore jamais imposés en Gironde cette saison. D’autant que l’entraîneur bordelais compte bien s’appuyer sur le soutien de son public pour pousser ses joueurs : « On va se servir de notre public, de son soutien et de sa ferveur. Depuis le début de l’année, il y a une grosse ambiance chez nous, donc je ne doute pas que ce sera encore le cas mardi et mercredi. »
Zajac – Boivin – Beauchemin : un trio au rendez-vous
Absent de cette finale en raison d’un coup reçu au niveau de la main droite, Alexandre Mallet a cédé sa place à Guillaume Leclerc sur la première ligne. Orphelins de leur compatriote, François Beauchemin et Christophe Boivin ont tout de même réussi à recréer un trio canadien performant avec Nolan Zajac. Arrivé cet hiver avec un CV prometteur, le défenseur s’est rapidement intégré aux côtés du binôme Boivin-Beauchemin. Et cela se constate au niveau des statistiques.
Impliqués sur quatre des six buts inscrits par les Grenoblois depuis le début de la finale, les trois hommes caracolent en tête du classement des meilleurs pointeurs de ces playoffs. François Beauchemin en occupe la tête avec 24 points (9 buts, 15 assistances), suivi par Christophe Boivin (21 points, 8 buts et 13 assistances), puis Nolan Zajac (18 points, 4 buts et 14 assistances). Des performances qui confirment leur rôle central dans l’animation offensive grenobloise et qui pourraient bien peser lourd dans l’issue de cette finale.


