Rumilly-Annecy, une histoire de “suprématie locale”

Rumilly-Annecy, une histoire de “suprématie locale”

Ce samedi les deux derniers clubs haut-savoyards en lice en Coupe de France se retrouveront pour un 16e de finale qui promet d’être électrique. Proximité géographique, colonie annécienne à Rumilly, un match qui méritera qu’on s’y intéresse.

Et à la fin, il n’en restera qu’un. A cinq matches d’une finale au Stade de France, les Petits Poucets rêvent souvent d’une Ligue 1, d’un Paris Saint-Germain ou même d’une belle équipe de Ligue 2. Le destin en a décidé autrement pour Rumilly Vallières, pensionnaire de N2. Ce sera Annecy. Le voisin, ni plus ni moins. Un déplacement, qui pourrait presque se faire en vélo, en guise d’échauffement. D’aucun jugerait cela décevant après un parcours honorable. Mais pas le GFA74. Pour Mathieu Guillaud, ancien du FCA, ce match sera particulier : « C’est un derby. Nous sommes beaucoup à avoir joué à Annecy. Ca pourra nous aider côté motivation. » Il faut dire qu’à Rumilly, la colonie annécienne est importante. Ils sont dix dans l’effectif senior à avoir porté les couleurs du futur rival. Privés de championnat depuis la fin du mois d’octobre (NDLR : une journée en retard a été joué le 27 février face à la réserve de l’OM), cette Coupe, c’est un peu leur saison à eux. « Ce parcours nous a permis de garder un objectif. Savoir pourquoi on s’entraîne », signale Fatsah Amghar, en charge de l’équipe. Depuis le tirage de ce seizièmes de finale, les Rumillo-Valliérois le savent d’ailleurs encore plus. Face à un adversaire « abordable », ils iront chercher une qualification pour le tour suivant : « Annecy est une équipe de National avec des individualités. Mais nous avons montré que nous étions capables de battre n’importe qui (cf. Fréjus, leader de leur poule de N2) ». Pour Mathieu Guillaud, même son de cloche :« Un seul niveau nous sépare finalement. »

Toutes les raisons d’y croire…mais une déception

S’ils ne les prennent pas à la légère, les Bleus n’ont pas changer leurs habitudes pour autant. Préparation « normale », entraînement « comme d’habitude », finalement, « pourquoi changer ce qui a marché jusqu’à maintenant ? » philosophe coach Amghar. Son milieu de terrain, lui, confesse tout de même avoir travaillé les penaltys MAIS « comme toujours » avant la Coupe de France. Les deux hommes préfèrent laisser la pression sur les épaules des locataires du Parc des Sports. « Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, mais ils ne pourront pas faire l’impasse. Il y a une suprématie locale en jeu » lâche Mathieu Guillaud. Les hostilités sont lancées. Lanterne rouge de National, les Annéciens doivent-ils faire l’impasse sur ce derby ? « La possible fin du N2 pourrait les rassurer » imagine Fatsah Amghar. Alors, jouer à fond la Coupe de France ou capitaliser sur Orléans lors de la prochaine journée pour le maintien ? « On s’attend à une belle équipe en face » confesse l’entraîneur du Petit Poucet de la rencontre. Une chose est sûre, les joueurs de Fatsah Amghar n’attendront pas de voir la tactique du FC Annecy pour tenter de prendre leur destin en mains : « Je pense que nous devrons garder notre jeu et démarrer très fort. A nous de faire douter Annecy. » Seul point noir au tableau, l’impossibilité de communier avec son public. Qu’ils continuent l’aventure ou qu’ils sortent par la grande porte, les Rumillo-Valliérois n’auront pas connu l’engouement et la ferveur qui forgent la réputation de la Coupe : « Ca aurait pu être une super fête pour le département. Malgré tout on vit quelque chose de fondateur » pense le coach. Mathieu Guillaud, lui a déjà vécu un parcours avec Chambéry, et n’est pas tout à fait du même avis : « L’ambiance, les articles dans la presse, les gens qu’on croise dans la rue voire même les retombées après en championnat. Cette année, c’est triste. Même si c’est fédérateur pour le groupe et club, je pense que ce sont des souvenirs en moins. » Un souvenir est resté lui dans les mémoires – ou en tout cas dans les archives. C’est celui d’une victoire de Vallières face à Annecy, il y a 43 ans… en Coupe de France !

Matias Arraez