Son parcours, ses ambitions, sa vision du hockey français : focus sur Per Hanberg après son centième match à la tête des Brûleurs de Loups
Arrivé à Grenoble en mai 2024, Per Hanberg a disputé son centième match à la tête des Brûleurs de Loups ce mardi contre Bordeaux. L’occasion de revenir sur son parcours, ses ambitions, et d’en apprendre un peu plus sur celui qui souhaite rendre fiers « son club et ses supporters ».
22 équipes, 5 pays et une carrière couronnée de succès
« Un nouveau chapitre à écrire à Grenoble, ensemble, avec de belles personnes au club, dans l’équipe et parmi les supporters. Autant de raisons qui m’ont motivé à venir ! »
C’est par ces mots que son aventure grenobloise avait débuté, succédant à Jyrki Aho, dont le travail ne donnait plus entière satisfaction à la direction incarnée par Jacques Reboh. Pour la deuxième fois de son histoire, après Mats Lusth entre 2007 et 2010, les Brûleurs de Loups confiaient donc la gestion de leur équipe à un entraîneur suédois.
Né à Stockholm, Per Hanberg débarquait dans les Alpes avec plus de 25 ans d’expérience dans ses bagages, lui qui a officié auprès de 22 équipes différentes dans cinq pays (Suède, Italie, Suisse, Danemark et France). Après avoir débuté sa carrière d’entraîneur à l’Uppsala AIS (Suède) en 1999, il a en effet sillonné l’Europe, raflant sur son passage de nombreuses distinctions personnelles et collectives. Accession en Swedish Hockey League (SHL) avec le Karlskrona HK, titre de « coach de l’année » lors de la saison 2014-2015, montée en National League lors de son passage à Langenthal (Suisse), ou encore médaille d’argent avec les Danois du Herning Blue Fox lors de l’édition 2024 de la Coupe Continentale : Per Hanberg a démontré qu’il avait l’étoffe pour emmener les Brûleurs de Loups au sommet.
Au sommet de la Ligue Magnus, qu’il a remportée la saison passée, mais aussi au sommet de l’Europe, avec un parcours historique en CHL conclu par un succès d’anthologie sur la glace de Frölunda. Lors de sa présentation, Jean-François Dufour, alors manager général des BDL, avait déclaré « qu’il serait assurément un entraîneur capable d’apporter sa vision, son leadership et sa capacité à tirer le meilleur de son équipe ». Cent matchs plus tard, Per Hanberg a répondu aux attentes… et bien au-delà.
Un fils qui baigne dans l’univers du hockey
Dans la famille Hanberg, le hockey occupe une place centrale. Après avoir voyagé à travers l’Europe pour suivre son père dans ses différentes aventures, Joachim a fini par attraper un virus contagieux mais bénin : celui de la passion pour le hockey. Une passion qu’il a cultivée en tant que joueur dans son pays natal, avant de vivre une expérience universitaire au Canada.
S’il a depuis raccroché les patins, Joachim Hanberg n’a pas pour autant tourné le dos au hockey. En 2019, il a créé une agence qui accompagne les hockeyeurs dans leurs négociations contractuelles et dans le développement de leur carrière. Baptisée Quantum Hockey Agency, celle-ci compte aujourd’hui seize salariés et représente plus de 200 joueurs à travers le monde, des jeunes espoirs prometteurs aux professionnels confirmés, parmi lesquels Alexis Binner et Pontus Englund. Comme quoi, la confrérie suédoise semble se plaire dans la capitale des Alpes !
100 matchs, 79 % de victoires : l’impact Hanberg
À l’issue de la qualification contre Bordeaux ce mardi, Per Hanberg apprenait avec joie qu’il venait de disputer son centième match à la tête des Brûleurs de Loups. « Je ne savais pas. Je me disais que cette barre symbolique approchait et je commençais donc à compter les matchs, mais je ne pensais pas que ce serait ce soir », confiait-il avec émotion et reconnaissance. « C’est une étape importante quand on est dans un club comme celui-ci. Je suis honoré d’être le coach de Grenoble », ajoutait l’intéressé, qui se disait également « reconnaissant envers le staff et les joueurs pour tout le travail accompli ».
Nouveau pays, nouvelle langue, nouvelle vie : le changement était total pour Per Hanberg, qui ne s’était jamais rendu à Grenoble avant d’y poser ses valises durant l’été 2024, malgré quelques voyages en France. Fasciné par les montagnes qui surplombent la ville, il s’est rapidement senti à son aise, et cela s’est ressenti dans les performances de son équipe.
Pour preuve, l’entraîneur suédois affiche le pourcentage de victoires le plus élevé de tous les coachs ayant entraîné les Brûleurs de Loups en élite après 100 matchs (79 %). Une statistique qui reflète le travail quotidien d’un passionné, heureux de « voir son équipe s’amuser ensemble, avec des joueurs qui travaillent les uns pour les autres ».
Rompre la malédiction … 43 ans plus tard
Tout comme Jacques Reboh (Jacques Reboh (Brûleurs de Loups) : » Continuer à être l’exemple du hockey sur glace français ! » – Metro-Sports), Per Hanberg a fait du doublé Coupe–Championnat son objectif de la saison. Pour cela, les Brûleurs de Loups devront soulever à nouveau la Ligue Magnus et accomplir ainsi une performance qui remonte aux saisons 1981-1982 : « Cela fait 43 ans que Grenoble n’a pas remporté le championnat deux années consécutives. Il est temps de briser cette malédiction », soufflait l’entraîneur suédois à l’issue du quart de finale contre Bordeaux (Portés par un Matija Pintaric en état de grâce, les Brûleurs de Loups rejoignent le dernier carré de la Coupe de France – Metro-Sports). « Je veux voir les gars célébrer une nouvelle fois en championnat mais aussi en Coupe de France. C’est notre objectif, et c’est pour cela que je suis très heureux d’atteindre les demi-finales de cette compétition », concluait-il.
Habitué à soulever des trophées ces dernières années, Per Hanberg sait ce que représente ce genre d’échéance. Pour y parvenir, les Grenoblois seront suspendus au tirage au sort qui aura lieu lundi prochain. Une chose est sûre : les Brûleurs de Loups évolueront à l’extérieur pour tenter de décrocher leur billet pour Bercy.
« J’aime beaucoup l’atmosphère de la ligue française »
Habitué aux ambiances éruptives des plus grands championnats européens, Per Hanberg a découvert une atmosphère différente sur les glaces françaises, qu’il a appris à apprécier au fil du temps. « Je suis plus habitué à des publics qui restent assis et qui crient, mais ici, tout le monde est impliqué. Les supporters dansent, ils sont joyeux, et j’aime ça », déclarait le natif de Stockholm, qui prend un réel plaisir à voir son équipe évoluer à Polesud. « Jouer à domicile, ici à Grenoble, c’est quelque chose de très spécial. J’ai vraiment apprécié chaque match que nous avons disputé ici », ajoutait l’entraîneur suédois. Désormais, c’est l’envie d’enrichir le palmarès des Brûleurs de Loups qui anime le quotidien de Per Hanberg. « Nous avons une bonne équipe et nous continuons à avancer. Je suis heureux pour les fans, pour le club et pour la ville. Je veux les rendre fiers en gagnant des titres ! »
« Je veux que mes joueurs puissent atteindre leurs rêves »
Vous l’aurez compris, gagner des titres est un objectif majeur pour Per Hanberg, mais ce n’est pas le seul. « J’aimerais que mes joueurs se développent afin qu’ils puissent atteindre leurs rêves. Ils ne sont pas là pour moi, c’est moi qui suis là pour eux. Je veux vraiment qu’ils deviennent des joueurs importants à l’avenir », rappelait l’entraîneur suédois, prenant l’exemple d’un hockeyeur bien connu du public grenoblois.
« Il y a des Français qui vont en NHL, comme Alexandre Texier par exemple. Il y a beaucoup d’ambition chez les joueurs de hockey français, dans notre club, dans notre équipe », poursuivait-il. Auteur de six points en onze matchs avec les Canadiens de Montréal, l’ancien prodige des Brûleurs de Loups semble en effet avoir réussi son adaptation chez les Habs (Laissé libre par Saint-Louis, Alexandre Texier rebondit à Montréal – Metro-Sports). De quoi ouvrir la voie à d’autres Isérois ?










