Vainqueur de Brive, le FC Grenoble s’offre le droit de rêver
Pour clore cette 21e journée, les Grenoblois accueillaient l’actuel sixième et dernier qualifié pour les play-offs : Brive. Avec douze points de retard sur leur adversaire du soir, les hommes de Jeff Dubois se devaient de l’emporter pour se donner encore le droit de rêver sur cette fin de saison.
Une première mi-temps à sens unique
Avec trois défaites consécutives dans leurs bagages, les Isérois se savaient condamnés à un sursaut d’orgueil devant leur public ce samedi soir. Face à une formation corrézienne qui ne comptait qu’un seul succès loin de ses bases cette saison (à Dax en septembre), la mission s’annonçait délicate mais à leur portée. Pour y parvenir, il fallait avant tout corriger les imprécisions et les largesses aperçues ces dernières semaines. Mais, une nouvelle fois, l’entame virait au cauchemar. À la suite d’un ballon perdu puis d’une mésentente dans la défense locale, ce sont les Brivistes qui frappaient les premiers. Hendrik Venter transperçait le rideau grenoblois avant de servir James Shillcock, qui ouvrait la marque (0-7, 9e). Ce n’était que le prélude d’un premier acte à sens unique.
Quelques minutes plus tard, Maël Navizet écopait d’un carton jaune sur une action née d’un en-avant de Tristan Labouteley. En supériorité numérique, John Cooney ne tremblait pas face aux perches pour creuser l’écart (0-10, 21e). La réaction iséroise, venue d’une pénalité de Romain Trouilloud (3-10, 23e), restait trop timide pour enrayer la dynamique corrézienne et les Grenoblois pliaient sous les assauts visiteurs. Cliniques à chacune de leurs incursions dans le camp adverse, les hommes de Pierre-Henry Broncan faisaient parler leur réalisme pour prendre le large. À la suite d’une touche parfaitement négociée, James Shillcock décalait Benjamin Lefranc, qui n’avait plus qu’à aplatir dans l’en-but alpin (3-15, 28e).
Le banc grenoblois renverse Brive
Dos au mur après une première période manquée, les Isérois n’avaient d’autre choix que de hausser le ton au retour des vestiaires. Secoués par leur entraîneur, ils attaquaient le second acte pied au plancher, portés par le vent de fraîcheur venu du banc. Symbole de ce renouveau, Éric Escande sonnait la révolte quelques secondes seulement après son entrée en jeu. Le demi d’ouverture profitait de l’une des rares incursions grenobloises dans l’en-but briviste pour s’y faufiler et rallumer la flamme des 7 842 spectateurs du Stade des Alpes (10-15, 53e). Galvanisés par cet essai, les hommes de Jeff Dubois multipliaient les assauts dans le camp adverse. Sur l’un d’eux, Zack Gauthier faisait parler sa puissance en transperçant la défense corrézienne pour permettre au FCG de passer devant (17-15, 63e). Une nouvelle réalisation d’un remplaçant, illustration parfaite de l’impact du banc grenoblois ce samedi.
Dominateurs, les locaux retombaient toutefois dans leurs travers en se montrant indisciplinés, à l’image de Brandon Nansen, contraint de laisser les siens à 14 pendant dix minutes. La rencontre basculait alors dans un duel de buteurs : John Cooney frappait le premier avant d’être immédiatement imité par son vis-à-vis grenoblois, Romain Trouilloud (20-18, 72e). Le chronomètre défilait, les minutes s’égrenaient et Grenoble se rapprochait d’un deuxième succès en 2026. En effet, après avoir repoussé une ultime offensive briviste, les Isérois pouvaient enfin exulter. Grâce à cette victoire, les hommes de Jeff Dubois reviennent à neuf longueurs de Brive, qui n’a plus gagné dans la capitale des Alpes depuis 2004. La route reste longue vers le top 6, mais les Grenoblois ont encore le droit d’y croire.
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Les réactions :
Maël Navizet (FCG) : « Durant la première mi-temps, on était trop dans le défi physique, alors que c’était leur point fort. C’est ce qui leur a permis de prendre le large, mais après, on a su se ressaisir en jouant sur les espaces au large. À la maison, il y a toujours un supplément d’âme qui nous a permis de relancer la machine et de pouvoir jouer notre jeu. De match en match, on avance, avec toujours des matchs serrés contre les grosses équipes. On n’a rien lâché en défense, on est resté soudé et c’est ce qui a permis de gagner ce match. À l’extérieur, on n’avait pas réussi à fructifier notre travail, on avait fait de bonnes entames de match mais on lâchait toujours à la fin. Et là, je pense que c’est une concrétisation du travail fourni. C’est un soulagement pour l’équipe de pouvoir revenir dans des moments comme ça. C’est de bonne augure pour la suite »
Antonin Berruyer (FCG) : « On savoure après trois défaites, c’était important de regagner ce soir. C’est chose faite avec du caractère, beaucoup de caractère, en deuxième mi-temps. Je pense que le match contre Vannes, ce n’était pas forcément payé, on perd ce match avec beaucoup de frustration. Ensuite, à Biarritz, on fait 60 bonnes minutes et puis on se délite sur les 20 dernières et on repart avec zéro point ; à Béziers, on fait 70 bonnes minutes et on se délite sur les 10 dernières, on repart avec zéro point aussi, donc il fallait gagner et faire un match plein. En première mi-temps, on n’a pas été assez clinique : ils viennent chez nous, ils marquent et nous, on va chez eux, on ne marque pas. On voulait donc montrer du caractère en deuxième mi-temps et ça a été fait. Il faut qu’on soit encore plus opiniâtre sur tous nos matchs, plus constant, qu’on soit plus tueur aussi pour ne pas se faire peur et ne pas avoir à remonter des points comme ce samedi. C’est une saison qui n’est pas facile, donc ce soir on va savourer cette victoire parce qu’elle fait du bien face à une belle équipe. Je pense que sur les matchs précédents, le banc n’a sûrement pas assez apporté vu qu’on a craqué en fin de match, alors que là, c’est eux qui nous remettent dans le droit chemin. Mathématiquement, il y a encore des choses à faire, mais il faut qu’on prenne match après match. On va à Nevers, qui est dans une phase compliquée. Il faut qu’on continue d’être plus performant, de progresser pour ramener des points. Je pense que les supporters ont pris plaisir à retrouver une équipe de caractère, on va continuer comme ça pour les rendre fiers et faire en sorte qu’il y ait de plus en plus de monde qui vienne au stade »
Lionel Ringeval (FCG) : « C’est une vraie victoire au caractère. On a fait une première mi-temps moyenne, voire médiocre. On avait pas mal de points de retard à la pause et on a décidé de s’engager un peu plus qu’en première mi-temps, puis de faire les comptes à la fin. On a réussi à revenir petit à petit avec beaucoup de courage et d’abnégation. Tout n’était pas parfait, mais au niveau de l’état d’esprit et de l’envie, c’était plutôt très positif. C’est une vraie bouffée d’oxygène d’un point de vue comptable, mais surtout d’un point de vue psychologique. C’est un vrai soulagement et ça récompense aussi l’investissement des gars. Le public nous a aidés aussi à tenir le résultat jusqu’au coup de sifflet final. Ces derniers temps, on n’avançait pas comptablement, mais on sentait que dans les contenus, il y avait des choses qui évoluaient. C’est pour ça que la victoire d’aujourd’hui est hyper importante parce qu’elle valide aussi les changements qu’on a vus sur les derniers matchs et sur les semaines d’entraînement. Aujourd’hui, on avait un banc de touche qui était plutôt expérimenté, qui avait quand même aussi l’habitude de ce genre de confrontation, et c’est vrai qu’ils ont amené beaucoup de choses positives sur la fin de match. On a senti des mecs qui étaient contents de défendre, qui étaient contents de récupérer des ballons sur le jeu au sol, notamment sur la fin de match. Il y a des choses qui ont été très précieuses pour nous. On est dans une position un peu ambiguë puisqu’il y a peu de temps, on regardait cette sixième place, elle nous faisait très envie en sachant que ça serait une place compliquée à atteindre, et en même temps on regardait aussi derrière parce que ça peut aller très vite »
Feuille de match :
Grenoble 20-18 Brive (mi-temps : 03-15)
Stade : Stade des Alpes (7842 spectateurs)
Arbitre : Julien Caulier
Grenoble :
XV de départ : 15. H.Trouilloud ; 14. Megdoud, 13. Hériteau (65e, 74e), 12. R. Trouilloud (74e), 11. Rasaku (65e) ; 10. Navizet, 9. Couilloud (52e) ; 7. Martel (58e), 8. Baret (52e), 6. Berruyer (cap) 5. Holt, 4. Labouteley (50e) ; 3. Pertaia (46e), 2. Soury (50e), 1. Mistrulli (50e)
Remplaçants : 16. Rossi (50e), 17. Gauthier (50e), 18. Nansen (50e), 19. Hardwick (52e), 20. Escande (52e), 21. Lestrade (65e), 22. Farnoux (65e), 23. Jonker (46e)
Points : 2 essais (53e, 63e) ; 2 transformation (53e, 63e) ; 2 pénalité (23e, 72e)
Sanctions : 2 cartons jaunes (21e, 68e)
Brive :
XV de départ : 15. Tisseron ; 14. Lefranc, 13. Bainivalu, 12. Tapuai, 11. Tuivuaka ; 10. Shillcock, 9. Cooney (74e) ; 7. Lawes, 8. Venter, 6. Marais ; 5. Kars (64e), 4. Coletta (54e) ; 3. Affane (54e, 79e), 2. Da Silva (54e, 75e), 1. Chauvac (54e, 79e)
Remplaçants : 16. Boudou (54e, 75e), 17. Fraissenon (54e, 79e), 18. Mikautadze (64e), 19. Gué (54e), 20. Peysson, 21. Verdu (74e), 22. Krone, 23. Coria Marchetti (54e, 79e)
Points : 2 essais (9e, 28e) ; 1 transformation (9e) ; 2 pénalités (21e, 69e)
Sanctions : /


