« C’était bien plus que le médecin des Brûleurs de Loups » : un an après sa disparition, le souvenir de Benoît Messin ne s’estompe pas

« C’était bien plus que le médecin des Brûleurs de Loups » : un an après sa disparition, le souvenir de Benoît Messin ne s’estompe pas

Il y a un an, jour pour jour, les Brûleurs de Loups annonçaient la disparition soudaine de Benoît Messin, deux jours après le sacre face à Angers. Un souvenir douloureux sur lequel Jacques Reboh, Willy Libert et Christophe Tartari ont accepté de revenir pour Métro-Sports. Un hommage poignant pour un homme qui a fait l’unanimité par ses qualités professionnelles et humaines.

Ce mercredi, les Brûleurs de Loups et les Ducs d’Angers s’affrontent dans un match décisif pour rejoindre Bordeaux en finale de la Ligue Magnus. Une rencontre qui se déroule un 8 avril, une date devenue tristement symbolique avec la disparition soudaine de Benoît Messin, l’attachant médecin du club grenoblois. Diplômé de la faculté de médecine de Grenoble, son expertise et sa disponibilité ont fait l’unanimité tout au long de sa carrière : « Il nous connaissait tous dans les moindres détails. On pouvait se confier à lui sur des sujets autres que notre seule forme physique. Il était toujours là, toujours disponible », se souvient Christophe Tartari. Sa disparition, intervenue quelques heures après le sacre face à Angers, a laissé un grand vide dans le vestiaire grenoblois et notamment dans le cœur de Willy Libert, l’emblématique responsable matériel : « C’est encore compliqué pour moi de parler de Benoît. C’était un ami de quarante ans que j’ai rencontré au bord de la patinoire avec l’équipe de France. Ce n’était pas une simple relation de travail. J’ai toujours été là pour lui et il a toujours été là pour moi, sur de nombreux sujets », se remémore-t-il, les yeux embués par l’émotion.

Une émotion palpable également dans les propos de Jacques Reboh : « Il y a tellement de superlatifs pour qualifier Benoît. C’était une très belle personne, profondément attachée au sport et au hockey. Il était passionné par sa famille, dévoué à ses amis et faisait preuve d’une grande humilité. Le hockey grenoblois, mais aussi le hockey français, s’est appauvri avec son départ ». En effet, au-delà de ses fonctions au sein des Brûleurs de Loups, Benoît Messin accompagnait également les joueurs de l’équipe de France depuis plus de deux décennies : « Ben’ était dans le hockey depuis plus de 30 ans. On parle de Grenoble, mais il a également travaillé pour l’équipe de France et tous les joueurs français ont croisé sa route au cours de leur carrière », rappelle Christophe Tartari. Des Jeux olympiques aux Mondiaux, de Clémenceau à Polesud, son professionnalisme et sa rigueur ont égayé les différents vestiaires dans lesquels il entretenait une « relation presque paternelle, notamment avec les jeunes, tout en gardant un lien amical avec les plus anciens », souligne le président des Brûleurs de Loups, au moment d’évoquer un « ami proche » avec lequel « il a traversé quelques tempêtes ».

Une relation au-delà du simple cadre sportif et professionnel, c’est également ce qui est mis en avant par Willy Libert en se replongeant dans ses souvenirs : « Nous étions des mordus du PSG et, lorsqu’ils ont gagné la Ligue des champions, j’ai pleuré comme un fou en pensant à lui ». Christophe Tartari se souvient quant à lui d’un « fan de sport au grand cœur et très attaché à sa famille », à Alix, Nils et Pierre, ses enfants ainsi qu’à sa femme Karine. Un père aimant et un médecin qui suivait la légende des Brûleurs de Loups depuis son plus jeune âge : « C’était mon médecin de famille et j’avoue que, depuis sa disparition, je n’ai même pas entamé de recherches pour en trouver un autre. C’est encore compliqué pour moi », souligne-t-il avec émotion, lui qui a été présent pendant plus de 20 ans à ses côtés. Débarqué en 1994 comme médecin des Brûleurs de Loups, Benoît Messin a traversé les années et obtenu de nombreux titres au contact de l’équipe professionnelle. Champion de France à six reprises (1998, 2007, 2009, 2019, 2022, 2025), il a également empoché cinq Coupes de France (2008, 2009, 2017, 2023, 2024), quatre Coupes de la Ligue (2007, 2009, 2011, 2015) et trois Trophées des champions (2008, 2009, 2017). Un palmarès vertigineux pour cette figure emblématique du hockey sur glace à laquelle Jacques Reboh souhaite rendre hommage : « Cette année, j’aimerais tellement que l’on gagne pour lui, au-delà du défi sportif et de tout ce qui l’entoure. Nous avons signé nos maillots en son nom et j’aimerais que les gars puissent décrocher ce trophée pour lui. Il est parti quelques heures après notre victoire la saison dernière donc nous lui avions dédié ce succès a posteriori. Mais cette année, nous voulons la gagner pour lui rendre pleinement hommage », conclut-il. Pour cela, les Grenoblois devront s’imposer ce mercredi face à Angers dans une rencontre qui aura une saveur particulière, un an jour pour jour après sa disparition. Une minute d’applaudissements devrait être honorée pour cette occasion.

Crédit photo : Brûleurs de Loups