Indiscipline, jeunesse et bricolage : comment analyser les quatre premiers matchs de la série face à Briançon ?
Après leur succès sur la glace de René Froger mercredi, les Brûleurs de Loups mènent 3-1 dans la série. Ils auront donc l’occasion de se hisser en demi-finale dès ce soir, dans une patinoire Polesud en effervescence. En attendant ce rendez-vous, Métro-Sports tire les premières conclusions de ce quart de finale.
L’indiscipline a coûté cher
Dans la bouche de Pierre Bergeron comme d’Edo Terglav, l’indiscipline revient comme un facteur récurrent pour expliquer les revers dans cette série. Et pour cause, avec 109 minutes de pénalité en quatre matches, ce quart de finale entre Grenoblois et Briançonnais s’est souvent joué en powerplay.
Mardi, ce sont les Brûleurs de Loups qui en ont fait les frais, encaissant trois buts en infériorité numérique. Une indiscipline qui avait alors suscité la colère de l’entraîneur isérois : « C’est rageant ! J’espère qu’on va le comprendre rapidement, sinon il sera trop tard ». Un jour plus tard, le scénario s’est inversé : les Diables Rouges se sont sabordés avec l’exclusion d’Adrien Bisson dès le premier tiers. Autant de situations qui laissent penser que l’équipe la plus disciplinée prendra un avantage décisif ce soir à Polesud.
Une jeunesse au service des Brûleurs de Loups
Pour pallier une longue liste d’absents, encore alourdie récemment par la blessure d’Alexandre Mallet et la suspension de Pierre Crinon, les Brûleurs de Loups ont de nouveau dû s’appuyer sur de jeunes joueurs évoluant habituellement avec les Éléphants de Chambéry.
Outre Alexandre Rouillard, venu épauler Julien Baylacq et Edo Terglav, sept joueurs ont intégré la formation grenobloise à l’aube du troisième match : Cebald Debiak, Robin Guidoux, Nathan Nicoud, Niklas Tergav, Sacha De Smitt, Hugo Raveaud et Nathan Riu. « Ils sont avec nous parce qu’ils en ont les capacités, et on l’a vu en CHL cette saison. On a besoin d’eux, et c’était important de leur accorder cette confiance », déclarait Edo Terglav à leur sujet.
Et, comme souvent cette saison, ils n’ont pas seulement complété l’effectif, mais se sont aussi montrés décisifs. Lors du large succès de mercredi, la ligne Toukmatchev–Raveaud–De Smitt a cumulé quatre points, avec notamment le premier but en élite pour Hugo Raveaud. Une performance qu’ils auront l’occasion de confirmer dès ce soir à Polesud.
Du bricolage en défense
Avec la blessure de Juho Rautanen et la lourde sanction infligée par la CIRJ à Pierre Crinon, le secteur défensif des Brûleurs de Loups se retrouve décimé. Sans compter l’apport des jeunes Chambériens (Robin Guidoux, Nathan Nicoud et Niklas Tergav), le staff isérois ne dispose plus que de cinq défenseurs évoluant habituellement en Ligue Magnus : Axel Prissaint, Antoine Fertin, Nolan Zajac, Andrius Kulbis-Marino et Pontus Englund.
Pour composer avec cet effectif restreint, Edo Terglav doit « bricoler », à l’image de l’alignement de Rudy Matima aux côtés d’Axel Prissaint : « On change régulièrement nos alignements. Rudy était malade hier, mais il a déjà joué en défense, donc on a tenté le coup et il a été bon », confiait l’entraîneur grenoblois à l’issue du premier succès de la saison dans les Hautes-Alpes. Un succès ponctué d’un blanchissage, qui pourrait inciter le staff isérois à reconduire Rudy Matima, ancien attaquant des Gothiques d’Amiens, dans un rôle plus défensif ce samedi. Affaire à suivre.
Matija Pintaric : le baromètre grenoblois
Avec deux blanchissages en l’espace de six jours (matchs 1 et 4), Matija Pintaric porte son total à seize sous les couleurs grenobloises. Une performance qui lui permet de devenir le troisième gardien le plus prolifique dans cet exercice dans l’histoire des Brûleurs de Loups, à égalité avec Jakub Stepanek. Une statistique qui illustre parfaitement l’importance du portier slovène au sein de cet effectif : « Matija (Pintaric) est certainement le meilleur gardien de Ligue Magnus ces dix dernières années, et on sait qu’il faut un grand gardien pour gagner », soulignait Edo Terglav.
Auteur de 26 arrêts (100 %) ce mercredi, le Slovène a une nouvelle fois répondu présent. Et comme souvent, sa performance a déteint sur ses coéquipiers, qui ont offert un véritable festival offensif à la trentaine de supporters grenoblois présents à René Froger. À l’inverse, lorsque Matija Pintaric est en difficulté, comme mardi (six buts encaissés, 84,6 % d’arrêts), les Brûleurs de Loups peinent à rivaliser avec leur adversaire. Véritable baromètre de son équipe, le dernier rempart grenoblois incarne donc à lui seul les variations de performance des siens : quand Pintaric est au sommet, Grenoble avance en patron mais lorsqu’il vacille, c’est tout l’édifice tremble.
Un quatrième match comme référence
Six buts, un blanchissage et une troisième victoire dans la série : les motifs de satisfaction étaient nombreux ce mercredi. « C’était notre meilleur match de la série », analysait Edo Terglav, soulagé de mettre un terme « à la série de défaites à Briançon ». En effet, les Brûleurs de Loups ne s’étaient pas encore imposés dans la cité Vauban cette saison. Pour y remédier, les Grenoblois ont apporté quelques ajustements qui se sont révélés payants : « On a senti que les lignes ne fonctionnaient pas forcément très bien, donc on a changé les choses », confiait l’entraîneur isérois.
Des changements qui ont notamment profité à Guillaume Leclerc, auteur d’un doublé après des prestations quelque peu décevantes. Dans la même veine, Nicolas Deschamps et Fredric Weigel ont largement contribué au succès isérois après s’être montrés discrets ces derniers temps. Des cadres performants et des jeunes décisifs : voilà comment résumer ce quatrième match de la série. Reste désormais à reproduire cela jusqu’à la fin des play-offs – et c’est sans doute le plus difficile.

