Le FC Grenoble a décidé de ne plus payer pour le Stade des Alpes

Le FC Grenoble a décidé de ne plus payer pour le Stade des Alpes

À la veille du derby face à Valence-Romans, le FC Grenoble a frappé un grand coup en annonçant la suspension immédiate du versement de ses loyers pour le Stade des Alpes à Grenoble-Alpes Métropole. Dénonçant des conditions d’utilisation devenues « inacceptables » et un manque de dialogue persistant, la direction du club rouge et bleu a décidé de placer les sommes dues sur un compte séquestre.

C’est un gros coup de poing sur la table. Alors que le FCG s’apprête à disputer un derby contre Valence-Romans, en Pro D2, les dirigeants isérois ont choisi d’engager un rapport de force direct avec la Métropole, propriétaire du Stade des Alpes.

Des sommes consignées auprès d’un tiers indépendant

Par la voix du nouveau président de son Conseil de Surveillance, Gérard Mézin, dont les propos ont été relayés par le site spécialisé Rugbyrama, le club a officialisé l’arrêt des règlements financiers à destination de la collectivité. Une mesure radicale, prise en concertation avec le président de la SASP Patrick Goffi, mais que le FCG se défend de qualifier de refus de payer.

« Notre volonté n’est pas de nous soustraire à nos responsabilités. C’est précisément pour cette raison que nous avons décidé de mettre en place un dispositif de consignation des sommes concernées, dans un cadre juridiquement sécurisé, auprès d’un tiers indépendant. Les sommes ne disparaîtront pas. Elles ne seront pas utilisées à d’autres fins. (…) Notre démarche est donc très claire : nous ne refusons pas de payer ce qui est réellement dû. Nous refusons de payer dans les conditions actuelles, sans débat contradictoire. »

En gelant ces fonds jusqu’à ce qu’un accord viable soit trouvé, le FCG entend se protéger tout en forçant la Métropole à revenir à la table des négociations.

Coûts exorbitants et cohabitation sous tension

Au cœur du litige figure le coût global de l’occupation de l’enceinte, partagée avec les footballeurs du GF38. Une cohabitation rare en France au plus haut niveau. Chaque saison, le FCG s’acquitte d’un loyer principal de 450 000 euros, auquel s’ajoutent 110 000 euros de frais de sécurité, 26 000 euros pour le parking et 25 000 euros de logistique pour le montage et le démontage des installations.

Malgré la signature d’une nouvelle convention de deux ans en 2025, la direction estime que la situation ne fait que se dégrader depuis le dernier état des lieux réalisé par huissier. Les griefs répétés concernant la structure, la sécurité et l’aménagement sont, selon le club, restés sans réponse concrète, malgré les projets d’appels d’offres évoqués par le vice-président de la Métropole chargé du Sport, Michel Vendra.

L’interdiction d’accès au stade, « la goutte d’eau »

Pour les dirigeants grenoblois, la rupture est consommée suite à une série d’incidents matériels et logistiques récents. Le FCG déplore notamment avoir dû repeindre lui-même les vestiaires durant l’été, ou encore l’impossibilité pour ses nouvelles recrues de visiter les installations avant le début du championnat.

Mais c’est un message reçu le 18 septembre dernier qui a définitivement mis le feu aux poudres, interdisant au groupe professionnel d’effectuer ses séances de mise en place sur la pelouse du Stade des Alpes avant les rencontres.

« C’est un peu comme si nous jouions à l’extérieur tous les week-ends », s’est indigné Gérard Mézin. « Nous ne demandons pas de traitement de faveur : simplement des conditions correctes d’utilisation. Un cadre clair, équilibré, c’est-à-dire viable et durable pour un équipement aussi important pour nous (…). Toute l’institution FCG se sent lésée. »

En choisissant la voie de la consignation financière, le FC Grenoble espère désormais provoquer un sursaut institutionnel pour obtenir des garanties et des prestations à la hauteur des investissements consentis par le club. Une affaire sans doute très loin d’être réglée, qui connait donc un nouveau rebondissement un peu plus d’un an après que les deux clubs résidents aient menacés de ne plus jouer leurs matchs dans l’enceinte alpine à cause de son coût.