Le GF38 a-t-il les moyens de viser la montée en Ligue 1 cette saison ?
Le Grenoble Foot 38 lance sa saison ce samedi à Dunkerque, avec une donnée que personne ne peut ignorer dans les travées du Stade des Alpes : il s’agit de la neuvième saison consécutive du club en Ligue 2. Aucune formation de la division ne peut se prévaloir d’une telle ancienneté à cet échelon.
L’exercice précédent s’est soldé par une douzième place sur dix-huit, dans le ventre mou du classement. La question de la montée revient pourtant à chaque intersaison chez les supporters isérois. Cette année, entre un nouvel entraîneur et un effectif largement remodelé, mérite-t-elle plus d’optimisme que les précédentes ?
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La hiérarchie fixée par les opérateurs ne laisse guère de place au doute. Sur le marché de la montée en Ligue 1, le FC Nantes et l’AS Saint-Étienne partagent le statut de favoris à 1,65, devant le FC Metz à 1,80, le Stade de Reims à 2,15 et Montpellier à 3,75.
Ces cinq clubs disposent de budgets et de structures sans commune mesure avec ceux des Grenoblois. Deux d’entre eux descendent de Ligue 1, deux autres y évoluaient récemment. Sur un championnat qui n’accorde que deux montées directes et une place de barragiste, la marge se réduit considérablement pour les autres. Ceux qui souhaitent suivre miser sur l’équipe Grenobloise, vous pouvez miseravec le code promo Linebet 2026 de Football Whispers.
Olivier Frapolli, le pari de la stabilité
Le principal changement de l’été concerne le banc de touche. Olivier Frapolli, 54 ans, a succédé à Frédéric Gueguen qui assurait l’intérim depuis fin mars. Le technicien arrive avec un CV solide pour la division, sept saisons passées au Stade Lavallois, 286 matchs dirigés pour 109 victoires, et deux titres de champion de National décrochés avec Orléans en 2014 puis Laval en 2022.
Le club avait déjà tenté de l’attirer par le passé, sans succès. Sa réputation d’entraîneur capable de s’inscrire dans la durée correspond précisément à ce que cherchait la direction après plusieurs saisons instables. Détail piquant, Grenoble n’était pas parvenu à battre Laval l’an dernier, alors que le Mayennais était encore sur le banc adverse.
Un discours de direction qui refroidit les ambitions
Les mots employés par les dirigeants lors de la présentation du nouvel entraîneur méritent d’être pris au sérieux. Max Marty, directeur général du GF38, a résumé la démarche en expliquant qu’ils avaient exposé le projet, l’ambition et les moyens actuels du club, avant d’ajouter qu’ils n’avaient pas survendu ce projet et qu’ils étaient restés très clairs sur la direction souhaitée.
Cette prudence assumée en dit long. Un club qui vise sérieusement la montée immédiate ne communique pas de cette façon au moment de recruter son entraîneur. Le contexte financier va dans le même sens, avec un passage devant la DNCG validé le 10 juin sans sanction, bonne nouvelle en soi, mais également une amende de 62 500 euros infligée début juin pour une irrégularité liée au poste d’entraîneur.
Des cadres partis, une équipe à reconstruire
L’été a surtout été marqué par les départs. Le capitaine Gaëtan Paquiez a quitté le club après quatre saisons, tout comme Mamadou Diop, Maxime Pattier et Shaquil Delos dans le secteur défensif. Devant, Alan Kérouédan s’est engagé avec l’AS Cannes, tandis que le gardien Brice Maubleu a rejoint le Pau FC et que Jessy Benet est parti libre.
Les arrivées existent mais restent mesurées. Maël Corboz, milieu américain de 31 ans et ancien capitaine de l’Arminia Bielefeld, apporte de l’expérience. Le défenseur Aurélien Pelon, 22 ans, arrive après un prêt en National 2, Jules Mouton débarque de Saint-Étienne, et Théo Borne complète la hiérarchie des gardiens. Le club a par ailleurs sécurisé plusieurs éléments avec les prolongations de Nesta Zahui, Matthéo Xantippe, Efe Sarikaya et Clément Vidal.
La défense, chantier resté ouvert avant la reprise
Le secteur défensif est celui qui inquiète le plus à quelques heures du coup d’envoi. Les départs y ont été nombreux, particulièrement dans l’axe central, et les prolongations obtenues ne suffisent pas à masquer le déséquilibre.
Ce point est déterminant dans l’évaluation des ambitions grenobloises. En Ligue 2, les équipes qui accrochent le haut de tableau sont presque systématiquement celles qui encaissent le moins. Une charnière remaniée à la veille de la première journée complique sérieusement cet objectif, d’autant que Frapolli devra installer ses principes de jeu en même temps qu’il stabilise son arrière-garde.
La préparation estivale n’a rien fait pour rassurer. Sur six matchs amicaux, les Grenoblois n’en ont remporté qu’un seul, avec trois défaites lors des quatre derniers, dont un revers 1-0 face à Sochaux et surtout un 3-2 concédé contre Andrézieux-Bouthéon, pensionnaire de National 1. Le calendrier ne laisse guère de temps pour corriger, avec la réception du FC Metz au Stade des Alpes dès le week-end du 15 août.
Un objectif réaliste plutôt qu’un rêve de montée
La réponse à la question posée en titre tient en une phrase : non, pas cette saison. Les moyens du club, le discours de sa direction, l’ampleur des départs et le chantier défensif placent Grenoble loin derrière les cinq candidats désignés à la montée.
Cela ne condamne pas l’exercice à venir pour autant. Un GF38 qui terminerait dans la première moitié du classement, avec une identité de jeu lisible et un entraîneur installé dans la durée, aurait réussi sa saison. C’est précisément ce que le club cherche depuis plusieurs années sans y parvenir, et c’est le socle indispensable avant d’envisager quoi que ce soit de plus ambitieux.
Le déplacement à Dunkerque de ce samedi donnera un premier aperçu. Le derby contre Annecy, programmé plus tard dans la saison, dira ensuite si cette équipe a trouvé la constance qui lui manque depuis huit ans.









