Les Brûleurs de Loups au bord du gouffre après la claque reçue à Bordeaux
Dépassés, les Brûleurs de Loups ont coulé en terre bordelaise lors du quatrième match de la série finale. Une défaite qui les contraint à réaliser un sans-faute lors des trois matchs restants, au risque de voir le titre leur échapper. Les Grenoblois sont au bord du précipice et la chute n’est pas loin…
Après la déconvenue de mardi, les Brûleurs de Loups se devaient de relever la tête pour ne pas repartir bredouilles de leur déplacement en Gironde. Pour cela, il ne fallait pas reproduire l’entame de match qui leur avait fait défaut la veille. Mais la gifle reçue ne semblait pas avoir été assez forte pour servir de leçon… loin de là !
Pourtant, dès les premières secondes de jeu, ils poussaient les Bordelais à la faute. Inspirés en supériorité numérique depuis le début de cette finale, les Grenoblois peinaient toutefois à inquiéter Quentin Papillon. Pire, sur un palet perdu au centre de la glace, Guillaume Leclerc permettait à Baptiste Bruche de tromper Matija Pintaric… en infériorité numérique (1-0, 02’19) « Il faut commencer à jouer dès l’entame de match. On n’avait pas bien commencé lors du premier match et on s’est fait punir. On avait à cœur de ne plus reproduire cela », confiait Tommy Giroux. En effet, la soirée ne pouvait pas plus mal commencer pour les Isérois. D’autant que dans l’action qui suivait cette ouverture du score, Sacha De Smit, préféré à Rudy Matima, voyait sa tentative mourir sur le montant gauche. Grenoble venait de toucher le poteau pour la troisième fois en deux jours, comme si la malédiction s’abattait de nouveau sur cette glace de Mériadeck.
Déjà menés au score, les hommes d’Edo Terglav ne parvenaient pas à emballer cette rencontre à cause des pénalités qui s’enchaînaient : Christophe Boivin était sanctionné pour cinglage, Jakub Kindl écopait de quatre minutes pour crosse haute. Une belle opportunité de revenir que les Grenoblois ne saisissaient pas. Entre manque de rythme, transmissions maladroites et panne sèche d’inspiration, cette supériorité numérique tournait au fiasco… à l’image du début de rencontre. « J’ai l’impression que les gars attendaient de savoir qui allait faire le job, qui allait amener cette réaction. Mais cela n’est jamais arrivé », regrettait Edo Terglav. De l’autre côté du glaçon, les Bordelais profitaient des carences défensives iséroises pour faire le break. Excentré sur la droite de la glace, Nicholas Pageau déclenchait un tir depuis la ligne bleue qui laissait Matija Pintaric impuissant (2-0, 13’07). Comme la veille, les Boxers faisaient la course en tête !
Et alors que la tension était palpable depuis le début de la rencontre, elle montait encore d’un cran quand Valentin Grossetête n’écopait d’aucune sanction après une charge virile sur Julien Guillaume, sonné après le contact. Une décision qui déclenchait une énorme bronca dans les tribunes de Mériadeck. Chauffé à blanc, le public bordelais exultait pour la troisième fois de la soirée lorsque le palet de Loïk Poudrier, parti seul en contre-attaque, finissait sa course dans les filets grenoblois (3-0, 18’34). Amorphes, les Brûleurs de Loups ne faisaient qu’acte de présence face à des Boxers qui avaient les crocs. « Je suis satisfait du collectif qui s’est dégagé de mon équipe ce soir. On a montré qu’on était bien en place, solides sur nos unités spéciales face au défi physique imposé par nos adversaires », se réjouissait Olivier Dimet.
Une tendance qui ne s’inversait pas au retour des vestiaires. Dès l’entame du second acte, la passivité des Grenoblois permettait à leur adversaire de prendre le large. Secoué dans les duels, Pontus Englund laissait Pierre-Olivier Morin négocier à merveille son deux contre un en décalant Tommy Giroux, qui faisait mouche (4-0, 20’57). Amorphes, friables, dépassés… les motifs de déception étaient nombreux dans un match qui ressemblait à un bien mauvais cauchemar, duquel les hommes d’Edo Terglav ne parvenaient pas à se réveiller. « C’est juste une question de préparation mentale. Il faut qu’on soit présents tous ensemble. On ne peut pas abandonner pour ensuite revenir dans la rencontre », concédait Sacha Treille. Illustrant les difficultés grenobloises, les deux attaquants les plus prolifiques de ces phases finales, Christophe Boivin et François Beauchemin, ne concrétisaient pas un deux contre un face à Quentin Papillon. Une situation qu’ils auraient transformée à leur habitude, mais ce soir, à l’image de l’intégralité de l’effectif isérois, les deux Canadiens passaient totalement à côté de leur sujet. Une triste soirée qui tournait au fiasco lorsque Pierre Crinon regagnait les vestiaires pour un balayage sur Baptiste Bruche, puis que Matija Pintaric était contraint de céder sa place au jeune mais prometteur Cebald Debiak (20 ans). « On a toujours ces problèmes avec la discipline. On ne peut pas jouer à leur place et gérer leurs émotions. Il faut qu’ils commencent à penser à l’équipe avant de penser à eux », enrageait l’entraîneur grenoblois en conférence de presse.
Rapidement mis à contribution, l’habituel gardien des Éléphants de Chambéry se mettait en évidence en repoussant les différents assauts bordelais qui continuaient à pleuvoir sur la cage grenobloise. « Cebal (Debiak) a fait une bonne entrée. Ça fait partie des rares motifs de satisfaction de la soirée », soufflait Edo Terglav. Mais malgré le sursaut d’orgueil de François Beauchemin sur une remise de Guillaume Leclerc (4-1, 46’28), la messe était dite depuis un bon moment déjà. « On commence à jouer quand on est dans la merde. Donc il va falloir commencer à jouer avant. C’est un peu la même histoire qui se répète depuis le début de ces playoffs », pestait le capitaine isérois. En effet, l’ultime réalisation de Tommy Giroux (5-1, 56’25) venait simplement clore le calvaire des champions en titre.
Méconnaissables, les Brûleurs de Loups offrent trois balles de match aux Boxers de Bordeaux. Pour éviter de conclure la saison sans le moindre titre, les Grenoblois n’ont donc plus le droit à l’erreur et doivent réaliser la prouesse de décrocher trois succès consécutifs, à commencer par ce samedi devant leur public. La tâche s’annonce complexe, mais cette équipe peut être surprenante… « Le hockey, ça reste du sport, donc on sait que ce n’est jamais fini. Tant qu’il n’y a pas quatre matchs pour Bordeaux ou pour nous, on continuera de se battre. On est motivés, on ne veut rien lâcher. Il y a la plus belle des coupes à aller chercher, inutile de chercher une autre source de motivation » concluait Sacha Treille, avant de reprendre le bus en direction de Grenoble.
Les réactions :
Sacha Treille (attaquant de Grenoble) : « On commence à jouer quand on est dans la merde. Donc il va falloir commencer à jouer avant. C’est un peu la même histoire qui se répète depuis le début de ces playoffs. C’est à nous d’apprendre de nos erreurs et d’essayer d’arriver plus affûtés pour ce début de match à la maison, samedi. Le hockey, ça reste du sport, donc on sait que ce n’est jamais fini. Tant qu’il n’y a pas quatre matchs pour Bordeaux ou pour nous, on continuera de se battre. On est motivés, on ne veut rien lâcher. On va continuer de travailler avec l’équipe que l’on aura, puisque je pense qu’on risque d’avoir deux ou trois absents. On va avoir l’appui du public et ça nous réussit généralement. Il y a la plus belle des coupes à aller chercher, inutile de chercher une autre source de motivation. »
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « C’était important pour nous bien finir et d’arriver au prochain match en peu plus en confiance. C’était important de faire les choses qu’on n’a pas faites pendant les deux premières périodes. Comment expliquer ces deux premiers tiers ? Ce sont trop d’erreurs de discipline, trop d’erreurs individuelles. On leur donne le premier et le troisième but. Ce sont des choses qu’on répète beaucoup et qu’on essaie de corriger. On doit récupérer et on a joué beaucoup de matchs depuis le début. Il y a un peu de fatigue mentale, on doit récupérer maintenant et ne pas regarder trop loin. On a eu l’impression que chacun attendait qui allait faire le job, qui va réagir. On était moins bien à cinq contre cinq, on a encore pris des pénalités stupides. Pendant toute la saison, on a eu beaucoup de problèmes sur cet aspect, on ne peut pas jouer à leur place, ni gérer leurs émotions. Des fois, il faut penser plus à l’équipe. Notre but, c’est de revenir ici lundi. »
Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) : « La victoire d’équipe, c’est ce qui nous satisfait le plus ce soir (lire mercredi). On s’attendait à une grosse réaction de Grenoble avec un match assez physique. Je crois que notre collectif était bien en place et une mention spéciale pour Papillon dans sa cage. Il faut aussi souligner le travail de l’unité spéciale en infériorité. Depuis le début des play-offs, c’était un des mots d’ordre qu’on s’était donné. De rester discipliné. On a gardé la tête froide dans les moments où on aurait pu sortir de notre plan de jeu. Il faut donner beaucoup de crédit aux joueurs. Maintenant, on va continuer, garder le même état d’esprit, jouer notre hockey, celui qu’on joue depuis le début des play-offs. On va tout faire pour gagner le prochain match. »
Tommy Giroux (attaquant de Bordeaux) : « On a fait le boulot ce soir en respectant notre système. On est vraiment satisfaits de ces deux matches à la maison. Ce soir, on a bien joué défensivement, mais on a surtout été opportunistes. Il faut commencer à jouer dès l’entame de match. On n’avait pas bien commencé lors du premier match et on s’est fait punir. On avait à cœur de ne plus reproduire cela. Le but de Baptiste provient d’une belle action individuelle qui nous a mis en confiance. Il faut qu’on continue à travailler de la même façon. On veut gagner chaque match donc forcément on essaiera d’être sacrés à Grenoble ce samedi. Il va falloir être excellents et jouer notre meilleur hockey. »
Fiche technique :
A Bordeaux (Mériadeck – 3500 spectateurs), Bordeaux bat Grenoble (5-1)
Détail des tiers : 3-0– 1-0 – 1-1
Arbitres : M. Rauline ; M. Barcelo assistés de M. Constantineau ; M. Yssembourg
Bordeaux :
Buts : 02’19 Bruche ; 13’07 Pageau (Pompei) ; 18’34 Poudrier (Farnier, Pelletier) ; 20’57 Giroux (Morin, Tomasino) ; 56’25 Giroux (Farnier, Leborgne)
Pénalités : 28’
Grenoble :
But : 46’28 Beauchemin (Leclerc, Boivin)
Pénalités : 59’
Changement de gardien : Cebal Debiak remplace Matija Pintaric (40’00)

