Les Brûleurs de Loups cèdent leur couronne aux Boxers de Bordeaux

Les Brûleurs de Loups cèdent leur couronne aux Boxers de Bordeaux

Pour continuer à rêver d’un dixième sacre en Ligue Magnus, les Grenoblois devaient l’emporter au risque de voir leur saison se terminer sans le moindre titre ce samedi. Plombés par de nombreuses absences, les Brûleurs de Loups ne sont pas parvenus à réaliser l’exploit de s’offrir une sixième manche. Face à de vaillants Bordelais, la marche était trop haute. Cet exercice 2025-2026 se conclut donc avec une certaine amertume.

Sur le papier, la mission paraissait délicate. Sur la glace, elle est rapidement devenue impossible. Plombés par une infirmerie bien garnie (Matias Bachelet, Théo Gueurif, Alexandre Mallet et Frédéric Weigel), à laquelle se sont rajoutées les absences de Pierre Crinon et Valentin Grossetete, suspendus à titre conservatoire, les Brûleurs de Loups ont eu le plus grand mal à contenir la fougue des Bordelais. Peu impactés par la panne de leur bus sur le trajet, ces derniers étaient déterminés à empocher le premier titre de leur histoire en terre hostile.

Dès l’entame de la rencontre, Tommy Giroux héritait d’un palet ayant transpercé la défense iséroise pour allumer la première mèche (1re). Le ton était donné. Dominés, les Grenoblois peinaient à ressortir proprement de leur camp et cela finissait par profiter aux Boxers. Esseulés au second poteau, Kaylian Leborgne prenait le meilleur sur Hugo Nogaretto en abaissant sa crosse pour dévier le palet. Un geste répréhensible, mais que le corps arbitral a jugé licite en raison d’une défaillance de la VAR. Une décision qui provoquait alors la colère d’Edo Terglav, qui envoyait valser sa tablette dans le couloir menant aux vestiaires. Dépassés et impuissants, les locaux continuaient de souffrir en procédant uniquement en contre pour porter le danger dans le camp adverse. Sur l’un d’entre eux, Sacha Treille slalomait dans la défense bordelaise avant de trouver la botte de Quentin Papillon (12e). Quelques instants plus tard, c’était au tour d’Antoine Fertin de s’essayer sur une belle remise d’Aurélien Dair… sans plus de réussite (13e).

Un léger sursaut enflammait tout de même une patinoire Polesud à guichets fermés ce samedi encore. Mais l’engouement du public grenoblois était de courte durée. Et pour cause, la générosité de l’arrière-garde iséroise profitait de nouveau aux Boxers. Sur un palet perdu par Martin Karlsson, Mathieu Pompei trouvait la déviation de Tom Guidoux pour doubler la mise (0-2, 14e). Grenoble était plus que jamais dos au mur et cela se confirmait quand la cage bordelaise demeurait inviolée malgré la supériorité numérique locale. Sonnés à l’issue du premier acte, les Grenoblois retrouvaient progressivement des couleurs dans le tiers médian. Et cela se confirmait au tableau d’affichage quand François Beauchemin régalait d’un numéro de soliste. De la récupération à la finition entre les jambes de Quentin Papillon, le top scoreur isérois démontrait une nouvelle fois toute l’étendue de son talent pour réduire la marque (1-2, 27e). Malheureusement, les Isérois ne parvenaient pas à faire trembler les filets sur le temps fort qui suivait cette réalisation.

Cela redonnait alors le momentum à des Bordelais qui avaient souffert des assauts grenoblois. Pire, sur leur première incursion dans le camp adverse depuis la réduction du score, les Boxers refaisaient le break… sur une nouvelle déviation. Maxim Lamarche trouvait la crosse de Loïk Poudrier depuis la ligne bleue (1-3, 29e). Les hommes d’Edo Terglav reprenaient un coup de massue après quelques minutes encourageantes. Et cela ne s’arrangeait pas lorsqu’Andrius Kulbis Marino était contraint de passer par la case prison. Onze secondes après cette sanction, Jérémy Beaudry venait loger la rondelle dans la lucarne gauche de Matija Pintaric en one-timer (1-4, 42e). Un but qui avait un goût de victoire pour les Bordelais, comme en témoignait la célébration rageuse du buteur devant la centaine de supporters ayant fait le déplacement depuis la Gironde.

C’est en tout cas avec cette avance confortable que les hommes d’Olivier Dimet attaquaient le dernier tiers. Et malgré la réduction du score de Sacha Treille dès l’entame du troisième tiers (2-4, 43e), les Boxers n’étaient vraiment jamais inquiétés. Les innombrables cadeaux de leur adversaire les remettaient toujours dans la partie. En effet, le public grenoblois n’avait même pas le temps de réfléchir à un éventuel retour au score que Pontus Englund offrait la rondelle à Baptiste Bruche. L’attaquant girondin ajustait alors Matija Pintaric pour mener son équipe tout droit vers le premier titre de son histoire en Ligue Magnus (2-5, 44e). Plus les minutes s’égrenaient, plus cela semblait inévitable.

L’explosion de joie au buzzer n’était alors que la consécration d’une série dominée haut la main par les Bordelais. Pour les Brûleurs de Loups, cette défaite vient clore une saison sans le moindre titre remporté, une première depuis 2021. La déception est immense tant cette équipe avait brillé en CHL. Mais les départs cumulés aux blessures et suspensions ont totalement changé le visage d’une formation émoussée physiquement après avoir disputé 74 matchs officiels.

L’album photos du match signé Philippe Durbet

Les réactions :

Sacha Treille (capitaine de Grenoble) : « C’est évidemment très douloureux de voir un adversaire soulever la coupe ici. Félicitations, ils ont fait de beaux playoffs, tout le mérite est pour eux. On a peut-être été moins frais, mais ça n’explique pas tout. Honnêtement, il nous a manqué un peu de tout. On n’a pas su s’adapter, on a répété les mêmes erreurs, les matchs se ressemblaient et on a trop donné à l’adversaire. On doit travailler pour marquer, et à l’inverse on offre beaucoup, on fait trop de cadeaux. Malgré tout, on a fait un beau parcours en CHL, on a joué toutes les finales, il n’y a pas tout à jeter. Maintenant, il faut déjà se tourner vers l’année prochaine, avec l’envie d’être encore présent et de viser les gros objectifs. »

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « C’est très dur de voir Bordeaux sacré ici, mais oui, c’est mérité, ils ont fait de super playoffs et une grande finale. Nous, on a senti qu’il nous manquait de l’énergie et de la fraîcheur à la fin. On a beaucoup joué, enchaîné les matchs, avec des blessés à répétition. On a tiré sur les mêmes joueurs, avec peu de profondeur, mais les gars ont tout donné jusqu’au bout, on ne peut rien leur reprocher. Sur la saison, on peut être fiers : CHL, finales… il y a de bonnes choses, même s’il manque les titres. Le groupe a montré du caractère, on est souvent revenus de loin, on est restés soudés malgré tout ce qui s’est passé. Mais ce soir, ce n’était pas assez : trop d’erreurs, pas assez présents dans les zones importantes. Maintenant, il faut digérer et revenir avec de l’ambition, parce qu’à Grenoble, l’objectif reste de gagner. »

Stephan Tartari (manager de Bordeaux) : « C’est beau. Je suis arrivé à Bordeaux il y a 30 ans, on était en Magnus, puis on est redescendus jusqu’en D3. Avec beaucoup de travail et de passion, le club est remonté petit à petit. Aujourd’hui, être champion, c’est la récompense de tout un club et j’en suis très fier. Sur les playoffs et la finale, c’est mérité. On a fait de très beaux matchs, en quart, en demi et en finale. On construit année après année, on sait d’où on vient. Inscrire notre nom sur la coupe, ça restera gravé. C’est aussi bien pour la ligue, ça montre que de nouveaux clubs arrivent et qu’il faudra compter avec nous. C’est encore difficile à réaliser, mais c’est une immense joie. Voir tout le monde heureux, c’est la plus belle récompense. J’ai connu toutes les divisions avec Bordeaux, et gagner la Magnus aujourd’hui, c’est spécial. On va savourer, mais aussi continuer à travailler pour durer. Et gagner ici, à Grenoble où je suis né et formé, ça boucle la boucle. C’est une vraie fierté. »

Fiche technique :

A Grenoble (patinoire Polesud – 4208 spectateurs), Bordeaux bat Grenoble (5-2)

Détail des tiers : 0-2 – 1-2 – 1-1

Arbitres : M. Debuche ; M. Peyre assistés de M. Ugolini ; M. Cady

Grenoble :

Buts : 27’03 Beauchemin ; 43’45 Treille

Pénalités : 4’

Bordeaux :

Buts : 06’24 Leborgne ; 14’43 Guidoux (Pompei) ; 29’49 Poudrier (Puffer, Lamarche) ; 42’24 Beaudry (Lamarche, Morin) ; 44’09 Bruche

Pénalités : 2’