Les Brûleurs de Loups prennent une option sur la finale
Dos à dos après s’être montrés intransigeants sur leurs glaces respectives, Angevins et Grenoblois se retrouvaient ce samedi à Polesud. Devant à l’issue du premier tiers, les Grenoblois ont répondu à l’égalisation angevine au retour des vestiaires avant de sceller leur victoire en cage vide. Ils sont à une victoire de rejoindre Bordeaux en finale.
Ce samedi n’a pas dérogé à la règle que les deux équipes semblent s’être inconsciemment imposée cette saison. En effet, les Brûleurs de Loups comme les Ducs ne se sont jamais imposés sur la glace de l’autre lors des huit confrontations disputées. Diminués par l’absence de Jake Smith, blessé lors d’un contact avec Sacha Treille à la fin du match 4, mais heureux de retrouver leur capitaine Robin Gaborit, les Angevins voulaient donc créer la surprise loin de leur base. Mais ils sont tombés sur des Grenoblois intraitables malgré une mise en route poussive.
Dès les premières minutes de jeu, Matija Pintaric sortait le grand jeu avec un arrêt du patin qui relevait du miracle. Le ton était alors donné dans une entame de match où les échauffourées se multipliaient. Et comme souvent ces derniers temps, cela ne souriait pas aux Grenoblois, qui visitaient la prison à quatre reprises dans le premier tiers : « J’ai trouvé les sanctions sévères par moments, mais on voulait tellement bien faire qu’il y avait parfois un excès d’engagement », regrettait Edo Terglav. Une indiscipline qui offrait de précieuses munitions à des Angevins qui s’essayaient sans grande réussite : « On a raté le coche dans ce premier tiers avec toutes les occasions que l’on a eues », soufflait Jonathan Paredes. D’autant que son équipe est tombée sur des Brûleurs de Loups efficaces dès leur seconde supériorité numérique. Décalé par Nolan Zajac, Christophe Boivin logeait la rondelle dans la lucarne gauche d’un Eliott Lévêque impuissant.
En difficulté depuis le début de ces playoffs, le meilleur pointeur de Ligue Magnus en saison régulière permettait aux locaux de regagner les vestiaires en tête après avoir été bousculés par les Ducs (14 tirs à 8). Une fin de première période marquée par la grave blessure de Fredric Weigel (coupure au niveau du quadriceps), qui pourrait mettre prématurément un terme à sa saison : « Je l’ai vu dans l’ambulance après le premier tiers. Il souriait, donc c’est plutôt rassurant, même si ce n’était pas beau à voir », confiait Edo Terglav. Galvanisés par la perte d’un coéquipier, les Grenoblois attaquaient le tiers médian avec panache et envie. Installés devant la cage angevine, ils multipliaient les assauts sans pour autant faire le break : François Beauchemin butait sur l’épaule d’Eliott Lévêque, Antoine Fertin manquait le cadre alors que la cage semblait ouverte, Pontus Englund voyait sa tentative repoussée de la crosse par le portier adverse.
Une inefficacité qui donnait espoir à des visiteurs faisant bloc devant leur jeune gardien pour mieux piquer en contre. Sur l’une de ces situations, Ethan Cap profitait d’un rebond à la suite d’un tir d’Orrin Centazzo pour tromper la vigilance de Matija Pintaric. Rageant pour des Grenoblois qui avaient ouvert le score pour la première fois de la série et dominaient outrageusement des Angevins méconnaissables : « Je pense que c’est la pire période que l’on ait faite depuis le début de la série, et peut-être même des playoffs », pestait l’entraîneur des Ducs. Une bien pâle copie qui finissait par profiter à Pontus Englund sur une inspiration géniale de Sacha Treille : « Je sentais les gars un peu frustrés de ne pas marquer, mais le but de Pontus (Englund) nous a fait du bien, il a été libérateur », se réjouissait Edo Terglav.
Avec une longueur d’avance et une première possibilité de se hisser en finale dès ce lundi, les Isérois tenaient bon face aux tentatives angevines : « Il faut travailler fort pour mériter un succès dans ce genre de rencontre. Ce soir, on a très bien fait toutes les petites choses sans palet qui permettent de gagner », analysait l’entraîneur grenoblois, qui exultait sur le doublé de Boivin en cage vide à la fin du match. Un but synonyme de délivrance pour les 4 208 spectateurs de Polesud venus soutenir leur équipe dans ce cinquième rendez-vous d’une série indécise : « Angers joue bien devant son public, ils ont une énergie en plus. Il faudra que l’on soit prudents, que l’on garde nos émotions et que l’on joue pour s’imposer », concluait Edo Terglav, heureux de retrouver Pierre Crinon en défense pour cette occasion : « Il amène une énergie incroyable au groupe, c’est un retour important pour nous ».
Attendu à l’IceParc après les événements ayant émaillé la rencontre du 30 novembre dernier, le défenseur français pourrait bien jouer un mauvais tour aux Angevins en mettant fin à leur rêve de titre dès ce lundi. C’est en tout cas avec la possibilité de se qualifier que les Grenoblois ont pris le bus ce samedi soir en direction du Maine-et-Loire…
L’album du match signé Philippe Durbet
Les réactions :
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On voit deux belles équipes depuis cinq matches. Ça ne se joue jamais à grand-chose. On ne parlera pas trop de l’arbitrage mais quatre pénalités dans la première période… Ce sont les play-offs, c’est comme ça. Il faut qu’on soit plus prudent dans l’engagement. Je suis content car on a bien réagi après deux défaites. On a dominé Angers globalement mais on n’arrivait pas à marquer sur ce match. Je sentais les gars un peu frustrés de ne pas marquer, mais le but de Pontus (Englund) nous a fait du bien, il a été libérateur. Angers est une équipe bien en place défensivement, qui laisse peu d’espaces. Pour chaque but, il faut travailler fort, il faut le mériter. Ça sera la même chose à Angers. Mais c’est à eux désormais d’aller chercher ce point. Nous en tout cas, on veut finir la série lundi tout en sachant que ça ne sera pas facile. On sait ce qui nous attend là-bas car quand on est allé à Angers quatre fois cette saison, on a perdu à chaque fois en déplacement. On a bien joué chez eux mais on a manqué de constance et ce sera le clé du match de lundi. Angers joue bien devant son public, ils ont une énergie en plus. Il faudra que l’on soit prudents, que l’on garde nos émotions et que l’on joue pour s’imposer »
Guillaume Leclerc (attaquant de Grenoble) : « C’était un match à haute intensité avec deux belles équipes. Il y a eu beaucoup de pénalités. Angers est très solide et c’est une série qui est très engagée. On a su être patient, ne pas s’exciter trop vite si on ne marquait pas. On a su garder la bonne méthode pour avancer dans le match et aller chercher la victoire. On sait que le prochain match peut être décisif et on va se préparer pour ça. C’est une balle de match à venir mais cela reste un match de hockey avec 60 minutes de contenu à fournir. Angers est très performant dans sa patinoire mais on a l’opportunité de faire mentir cette tendance et d’aller chercher la victoire là-bas. »
Jonathan Paredes (entraîneur d’Angers) : « C’était encore un match serré. Je pense qu’on a raté le coche en première période avec toutes les occasions que l’on a eues. Et puis, la seconde période était certainement la pire depuis le début de la série, des playoffs peut-être même. Je n’ai pas aimé l’implication et l’énergie fournies. On a essayé de pousser ensuite dans le troisième tiers, mais je pense qu’il y avait la place pour mieux jouer. Il y avait des imprécisions, notamment dans les lancers. On va tout faire pour qu’il y ait un match sept ici. Il faut qu’on parvienne aussi à s’imposer à Grenoble, mais avant cela, on va se focaliser sur le match de lundi. On s’attend à une rencontre disputée et serrée, comme depuis le début de cette série. »
Fiche technique :
A Grenoble (patinoire Polesud – 4208 spectateurs), Grenoble bat Angers (3-1)
Détail des tiers : 1-0 – 1-1 – 1-0
Arbitres : M. Barcelo ; M. Peyre assistés de M. Ugolini ; M. Constantineau
Grenoble :
Buts : 12’46 Boivin (Zajac, Beauchemin) ; 36’56 Englund (Treille, Grossetete) ; 59’52 Boivin (Beauchemin, Grossetete)
Pénalités : 8’
Angers :
But : 34’19 Cap (Centazzo)
Pénalités : 4’

