Rattrapés par leurs vieux démons, les Brûleurs de Loups laissent Angers revenir dans la série
Après avoir fait le plein à Polesud, les Brûleurs de Loups se déplaçaient sur la glace d’Angers ce mardi. Dans un match où les pénalités se sont enchaînées, les Grenoblois ne sont jamais parvenus à revenir après l’ouverture du score angevine. Les Ducs reviennent à 2-1 dans la série.
L’ambiance promettait d’être électrique. Et, autant sur la glace que dans les tribunes, cela s’est confirmé. Alors que les Brûleurs de Loups avaient fait de leur discipline une force au début de cette demi-finale, ils ont eu beaucoup plus de mal à retenir leurs nerfs à l’IceParc. Avec deux fois plus de pénalités dans le seul premier tiers que sur l’ensemble du deuxième match, les Grenoblois ont craqué face à des Angevins qui ne se sont pas fait prier pour multiplier les provocations. « On a déjà eu une mauvaise expérience avec l’indiscipline face à Briançon. Ce soir, ça nous fait mal, très mal même. C’était tout ce que l’on ne voulait pas faire », pestait Edo Terglav.
Pontus Englund et Olivier Archambault, Niklas Terglav et Nicolas Ritz, Axel Prissaint et Robin Gaborit… autant de binômes que d’échauffourées. Et à ce petit jeu, les Ducs se sont montrés particulièrement à leur avantage en s’offrant de nombreuses situations de supériorité. « On n’est pas chez nous, donc il y a des émotions autres qu’à domicile. Ils ont bien fait leur truc, ils ont dérangé notre gardien, ils ont été plus physiques », reconnaissait Nicolas Deschamps à l’issue de la rencontre. Pourtant, même à quatre contre cinq, les Angevins ont eu le plus grand mal à faire trembler les filets de Matija Pintaric. Encore inspiré ce mardi, le gardien slovène a longtemps repoussé l’échéance, bien aidé par son montant gauche sur des tentatives de Cody Donaghey (19e) et Teo Sarliève (22e). Mais à force d’être acculés, les hommes d’Edo Terglav ont fini par craquer… sur leur cinquième infériorité numérique de la soirée. Pour la première fois de cette demi-finale, Jonathan Charbonneau héritait de la rondelle repoussée par Matija Pintaric pour ajuster la cage et débloquer le compteur angevin en powerplay (1-0, 31e).
Un but qui faisait encore monter d’un cran la chaude ambiance d’une patinoire dans laquelle les Isérois ne parvenaient pas à imposer leur hockey. Absents lors des deux premiers matchs, Hugo Nogaretto et Alexandre Mallet peinaient à trouver leurs automatismes aux côtés de Rudy Matima. Sur la première ligne, François Beauchemin, Christophe Boivin et Guillaume Leclerc n’avaient pas leur rendement habituel. Et plus globalement, ce sont tous les Grenoblois qui montraient des difficultés sur le plan offensif, émoussés après de nombreuses minutes à évoluer en infériorité numérique. « On a beaucoup joué à quatre contre cinq, donc forcément, ce sont souvent les mêmes joueurs qui sont sur la glace et laissent du jus. C’est ce qu’il faut éviter à tout prix », regrettait Edo Terglav. C’est ce brin de lucidité qui leur faisait défaut dans le dernier geste. Illustrant cela, Pontus Englund voyait sa tentative mourir sur la barre transversale alors que la cage angevine était ouverte (52e).
Menés au score à deux reprises depuis le début de cette série, les Brûleurs de Loups étaient parvenus à renverser le match. Mais ce soir, la marche semblait trop haute pour espérer réaliser la passe de trois. Les Grenoblois devront donc s’imposer ce mercredi pour garder un espoir de se hisser en finale dès samedi, devant leur public.
Les réactions :
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « La discipline, c’était un des points clés de ce match. On ne le voulait pas, mais on a passé 8 minutes sur 20 en infériorité en deuxième période. On a donné de l’énergie et le momentum à Angers. Tu ne peux pas donner autant d’avantages numériques. D’autant que ce sont nos meilleurs joueurs qui sont sur la glace en infériorité numérique, donc ils laissent pas mal de jus. C’est tout ce qu’il faut éviter. Dans la troisième période, on a joué notre jeu à cinq contre cinq et c’était plus équilibré. Les deux gardiens ont été très bons. On peut prendre des pénalités, mais pas autant que celles qu’on a prises, surtout après le coup de sifflet de l’arbitre. J’aimerais qu’on dépense plus d’énergie à cinq contre cinq. »
Nicolas Deschamps (attaquant de Grenoble) : « On prend beaucoup de pénalités et la discipline nous coûte un peu. Angers, c’est une équipe très talentueuse, tu ne peux pas leur donner autant d’avantages. Ils nous l’ont fait payer alors que le match était plutôt équilibré à cinq contre cinq. On manque de grosses occasions, mais leur gardien joue super bien aussi. Ce sont les playoffs et on ne s’attendait pas à gagner en quatre matchs. On s’attendait à une réaction de leur part et c’est à nous, maintenant, de contrôler nos émotions. L’important, c’est de rester positifs et d’être prêts pour demain. »
Jonathan Paredes (entraîneur d’Angers) : « Il y a eu un scénario. C’était un match très serré, la différence de tirs s’explique par les powerplays dans le deuxième tiers. Les deux gardiens ont fait un excellent match. On a encore deux ou trois choses à améliorer. C’est ce qu’on a dit aux gars ce soir pour éviter les grosses occasions de Grenoble. Le retour de Gaborit et Ritz nous fait du bien, on est contents de les avoir avec nous. Gaborit est un leader de vestiaire, il va apporter de l’énergie positive. Il a toujours su jouer sur ses points forts. La réalité, c’est que c’est le premier qui en gagne quatre. Chaque match a sa propre histoire. »
Feuille technique
A Angers (IceParc – 3586 spectateurs), Angers bat Grenoble (1-0)
Détail des tiers : (0-0 ; 1-0 ; 0-0)
Arbitres : M. Bernoussi ; M. Cregut, M. Fauvel, M. Maillard
Angers :
But : 31’40 Charbonneau (Archambault, Halley)
Pénalités : 13’
Grenoble :
But :
Pénalités : 23’

