Renversant, le FC Grenoble renoue avec la victoire et fait un grand pas vers le maintien
Menés de seize points à l’entame de la seconde période, les Grenoblois ont su trouver les ressources nécessaires pour renverser Oyonnax. Un sursaut d’orgueil intervenu lors d’une seconde mi-temps de bonne facture, qui permet aux hommes de Jeff Dubois de se rapprocher grandement du maintien.
C’était le choc des extrêmes ce vendredi au Stade des Alpes. D’un côté, Oyonnax, cinquième après avoir décroché trois succès lors de ses quatre dernières sorties, puis de l’autre, Grenoble, englué à la onzième place après s’être incliné sur la pelouse de la lanterne rouge carcassonnaise. D’autant que Jeff Dubois et son staff devaient composer avec une infirmerie bien remplie. Déjà privés de Thomas Ployet, Giorgi Pertaia, Louis Mary, Johannes Jonker, Tommy Raynaud, Eli Eglaine et Romain Ruffenach, les Grenoblois avaient vu cette liste s’allonger avec les récentes blessures de Tristan Labouteley et Antonin Berruyer. Des absences qui fragilisaient une formation iséroise en quête d’un succès lui échappant depuis mars dernier.
Et cela ne semblait pas s’arranger lorsque les Aindinois allumaient la première mèche à la suite d’un round d’observation d’une quinzaine de minutes. Profitant d’un joli mouvement collectif marqué par de nombreux redoublements de passes, Darren Sweetnam débloquait la rencontre (0-5, 15e). « On a su mettre le rythme qu’on voulait en première mi-temps. En plus, on a pris la tête, donc on était bien lancés et on pensait pouvoir maintenir cette pression constante sur l’adversaire » analysait Johann Authier. Pour autant, le FCG n’abdiquait pas et répondait aux Oyonnaxiens sur une action similaire conclue par Barnabé Couilloud (7-5, 19e). Conquérants et disciplinés, les locaux poussaient leur adversaire à la faute. Romain Trouilloud en profitait alors pour offrir trois points supplémentaires aux siens face aux perches (10-5, 26e).
Mais malgré cette domination, la défense iséroise finissait par craquer sur l’une des rares incursions adverses. Après avoir repoussé plusieurs assauts aindinois à cinq mètres de la ligne d’en-but, les Grenoblois étaient impuissants face à la percée d’Antoine Miquel (10-12, 32e). Galvanisés par cet essai, les visiteurs enfonçaient le clou trois minutes plus tard. Pénalisés à la suite d’un manque de présence sur un ballon long, les Grenoblois laissaient leur adversaire jouer rapidement au pied puis décaler Karim Qadiri, l’ancien ailier du FCG qui filait aplatir (10-19, 35e).
Auteurs d’une première demi-heure prometteuse, les hommes de Jeff Dubois étaient retombés dans leurs travers en concédant deux essais coup sur coup. Le public du Stade des Alpes raccompagnait alors les Grenoblois sous une bronca. Et cette tendance ne s’inversait pas au retour des vestiaires. Sur la première incursion d’Oyonnax en seconde période, la fébrilité de la défense locale permettait à Eddie Sawailau d’avoir le champ libre jusqu’à la ligne d’en-but (10-26, 45e). « On a eu des moments de faiblesse où on prend des essais trop facilement » regrettait José Madeira. Le FCG semblait au fond du trou.
Mais cette équipe avait à cœur de se racheter devant son public, et Barnabé Couilloud se muait alors en sauveteur. Très en vue ce vendredi, le demi de mêlée s’offrait un doublé qui réveillait les spectateurs grenoblois (17-26, 49e). Alors que les « Ici, ici, c’est Grenoble » descendaient des gradins, le héros du soir aplatissait une nouvelle fois dans l’en-but aindinois. « En tant que joueur, ça fait plaisir de jouer dans un stade comme ça : le public a mis le feu, c’était énorme » confiait José Madeira, capitaine en l’absence d’Antonin Berruyer. En filou, son demi de mêlée venait plonger le long de la ligne de touche pour concrétiser le temps fort isérois (24-26, 53e). « Nous, les neuf, on est collés au ballon au bord du ruck. Je vois qu’il n’y a personne dans le fermé, je me dis que je vais la tenter. Mais il ne fallait pas cinq centimètres de plus, parce que je pense que j’étais un peu court sinon » souriait l’intéressé. En l’espace de quatre petites minutes, les Grenoblois étaient quasiment revenus à hauteur de leur adversaire.
Mais ils ne comptaient pas s’arrêter là ! À la suite d’un maul rondement mené, Lilian Rossi enfonçait la défense oyonnaxienne pour donner l’avantage aux siens (31-26, 64e). Un avantage conservé jusqu’à la fin du match grâce à un ultime ballon gratté dans les mains adverses : « On a pris du plaisir, surtout défensivement parce qu’on a bien ferraillé. Puis en deuxième mi-temps, forcément, on en prend encore plus quand on commence à prendre le dessus et à faire basculer le match » concluait Barnabé Couilloud.
Les Grenoblois renouent ainsi avec le succès et s’assurent quasiment le maintien en Pro D2. Avec dix points d’avance sur Béziers et deux places grappillées au classement, Jeff Dubois et ses hommes ont assuré l’essentiel au terme d’une saison chaotique de bout en bout. Il leur reste désormais trois rencontres pour finir l’exercice 2025-2026 de la meilleure manière possible.
Les réactions :
José Madeira (capitaine de Grenoble) : « C’est une victoire méritée. On a su manœuvrer cette équipe d’Oyonnax qui n’est pas facile. On fait une très bonne deuxième mi-temps, même s’il y a un moment de faiblesse où on prend des essais trop facilement. Mais on est restés ensemble, sans douter, et le public nous a encore beaucoup apporté ce soir. Avant le match, on s’était dit que peu importe ce qui arrive, on joue avec l’état d’esprit pour ce club, et que ça allait payer.
Je suis très fier des mecs parce qu’onn s’est tous battus jusqu’au bout et ça paye. Maintenant, on veut bien finir et faire plaisir au public après cette saison compliquée. »
Barnabé Couilloud (demi de mêlée de Grenoble) : « On n’était pas très bien en début de deuxième mi-temps. Après, on a trouvé des ressources, peut-être parce qu’on n’avait plus grand-chose à perdre. On avait déjà vécu des moments comme ça, donc on ne s’est pas trop posé de questions et on a réussi à revenir vite. On s’est dit qu’on leur donnait trop de choses faciles, donc on a resserré la vis, mis plus de rigueur, et surtout on a gardé en tête qu’il restait du temps. On savait qu’on était capables de le faire. C’est mon premier triplé en carrière alors je vais le savourer, mais c’est surtout le travail de l’équipe. Je suis content d’être à la conclusion, mais ce n’est pas le plus important. On a pris du plaisir, surtout défensivement en première mi-temps, et encore plus en seconde quand on a commencé à prendre le dessus. Même s’il y a eu un moment de doute, globalement on a maîtrisé la deuxième période »
Jérôme Villegas (entraîneur des avants de Grenoble) : « Cette victoire fait du bien, c’est clair. On sort d’une semaine difficile après Carcassonne, mais ça a remobilisé les joueurs et on a bien fini la semaine. En deuxième mi-temps, notre banc a fait du bien, et j’ai été fier de notre conquête : on marque sur un maul, ça faisait longtemps. On a senti plus de solidarité, surtout chez les avants. Ils bossent depuis des semaines, mais là ils ont su faire les efforts ensemble, avec plus d’intensité, notamment en défense. Revenir dans le match avec les blessures et les rotations limitées, c’était un vrai défi. Mais les gars ont su répondre présents. Même ceux qui partent restent investis à 100 %, ça facilite le travail. Et les jeunes montent en puissance, prennent confiance, c’est positif pour la suite. J’ai hâte de bien finir la saison et de construire la prochaine, en pouvant mettre en place pleinement notre projet de jeu. »
Feuille de match :
Grenoble 31-26 Oyonnax (mi-temps : 10-19)
Stade : Stade des Alpes (8932 spectateurs)
Arbitre : M. Nuchy assistés de MM. Lac et Laloo
Grenoble :
XV de départ : 15. Farnoux (46e) – 14. H. Trouilloud, 13. Fusier (65e), 12. R. Trouilloud, 11. Callandret – 10. Palmier, 9. Couilloud (59e) – 8. Baret, 7. Sigel (54e, 69e), 6. Madeira (cap) – 5. Holt, 4. Nansen (23e) – 3. Thomas (56e), 2. Soury (56e), 1. Gauthier (56e)
Remplaçants : 16. Rossi (56e), 17. Mistrulli (56e), 18. Thompson (23e, 69e), 19. Guillaumond (54e), 20. Escande (59e), 21. Lestrade (65e), 22. Costa Storti (46e), 23.Lavoine (56e)
Points : 4 essais (19e, 49e, 53e, 64e), 4 transformations (19e, 49e, 53e,64e), 1 pénalité (26e)
Oyonnax :
XV de départ : 15. Sweetnam (46e)– 14. Reybier, 13. Sawailau, 12. Bogado, 11. Qadiri – 10. Bouraux, 9. Lobzhanidze (56e) – 8. Miquel (54e), 7. Hermet, 6. Pacheco(69e, 75e) – 5. Leindekar (56e, 69e), 4. Lebas (40e, 75e)– 3. Oz (40e), 2. Couly (56e), 1. Abraham (49e)
Remplaçants : 16. Lonchampt (56e), 17. Bordenave (49e), 18. Rotuisolia (40e), 19. Guilly (54e), 20. Solinas (56e), 21. Auradou (46e), 22. Joly, 23. Megherbi (40e)
Points : 3 essais (15’, 32e, 45e) , 2 transformation (32e, 45e)


