Vaincu dans le derby, le FC Grenoble s’enlise dans la crise

Vaincu dans le derby, le FC Grenoble s’enlise dans la crise

Après le lourd revers concédé la semaine dernière, les Grenoblois avaient à cœur de se relancer lors du derby face à Valence Romans. Mais, pénalisés par leur manque d’efficacité et deux essais refusés, les hommes de Jeff Dubois s’enlisent un peu plus et doivent désormais garder un œil attentif sur les écuries du bas de tableau.

Comment se relever d’une claque reçue à Dax, ayant mis en péril les derniers espoirs de se hisser dans le top 6 ? Telle est la question à laquelle Jeff Dubois et son staff devaient répondre à l’occasion de la réception de Valence Romans, dans un derby synonyme de dernière chance. « À nous de gagner pour avoir une petite part de chance, en espérant que d’autres équipes se cassent la gueule », avait déclaré Jérôme Villegas en préambule de ce rendez-vous.

Mais comme souvent ces derniers temps, ce choc intervenait dans un contexte particulier. Après l’éviction de Nicolas Nadau, la grève menée par les joueurs et les nombreuses blessures, la saison du FCG a en effet connu un nouvel épisode cette semaine avec la condamnation de Pierre Caillet, pressenti un temps pour prendre les rênes de l’équipe. Une ligne de plus à une saison jugée « catastrophique » par Romain Trouilloud, qui faisait partie des douze titulaires de la semaine passée reconduits pour la réception des Dromois. Motivés par une volonté de leur « donner une seconde chance », ce choix semblait porter ses fruits dans une entame de match dominée par les locaux.

Installés dans les 22 mètres adverses, les Grenoblois multipliaient les assauts sans pour autant débloquer leur compteur, plombés par des maladresses qui leur ont trop souvent fait défaut cette saison. Une domination vaine qui finissait par leur porter préjudice sur l’une des premières offensives du VDRD. Rentré en jeu à la suite de la blessure de Moore-Aiono, Bholi transperçait la défense iséroise pour servir Rodor, qui concluait ce joli mouvement offensif (0-7, 19e). Malgré la pénalité transformée par Lucas Méret dans la foulée (0-10, 23e), Grenoble n’abdiquait pas et voyait sa domination récompensée. Profitant d’une percée de Marc Palmier, Raffaele Costa Storti jaillissait dans l’en-but pour réduire la marque (7-10, 25e).

Après avoir longtemps couru après leurs premiers points, les Grenoblois pensaient avoir fait le plus dur. Mais les symptômes d’une équipe malade ne tardaient pas à se faire ressentir. Trois minutes seulement après cet essai, les hommes de Jeff Dubois craquaient de nouveau à l’aile, permettant à Rozière de redonner dix points d’avance à son équipe (7-17, 28e). Une avance qui demeurait jusqu’à la pause malgré de nombreuses situations pour les locaux : Couilloud ratait l’immanquable en commettant un en-avant alors qu’il était esseulé dans l’en-but adverse, tandis que Costa-Storti envoyait directement le ballon hors du terrain alors que le chemin vers l’essai semblait ouvert. Des occasions franches qui provoquaient la colère d’un public grenoblois raccompagnant les joueurs aux vestiaires sous les sifflets.

Une colère qui semblait avoir été entendue par des Grenoblois davantage incisifs au fil de la seconde période. Baret incarnait ce sursaut en apportant fraîcheur et dynamisme, mettant à mal la défense adverse. Après avoir résisté à trois plaquages et gagné une trentaine de mètres, il parvenait à transmettre à Fusier, qui aplatissait devant un kop grenoblois qui n’en demandait pas tant pour donner de la voix (14-20, 49e). D’autant que le carton jaune infligé à Idrissi sur l’action suivante offrait de nombreux espaces aux Isérois. Alors qu’Aurélien Callendret pensait en profiter pour inscrire un essai finalement refusé, c’est Hugo Trouilloud qui concrétisait les offensives répétées des siens (19-20, 56e).

Insaisissable, le virevoltant ailier croyait s’offrir un doublé juste avant le retour du carton jaune. Mais là encore, l’arbitre recourait à la vidéo pour revenir sur sa décision, privant ainsi les Grenoblois de prendre l’avantage pour la première fois de la rencontre.

Pire, les Dromois profitaient de leur retour à quinze contre quinze pour crucifier leur adversaire à la suite d’un ballon porté (19-25, 66e). Une action qui scellait l’issue de la rencontre malgré les tentatives répétées des locaux pour revenir au score. Une défaite au goût amer, et sans doute celle de trop pour espérer encore se hisser dans le top 6. Méfiance tout de même, le maintien n’est pas encore assuré pour achever cette saison en roue libre …

Les réactions :

Antonin Berruyer (capitaine de Grenoble) : « On voulait montrer un autre visage, c’est sûr, mais ça n’a pas été suffisant. On est tombé sur une équipe très pragmatique, qui s’est nourrie de nos erreurs. On a manqué des essais en première période, on a manqué de précision en deuxième période, où on a eu les opportunités de passer devant. Mais il y a trop de déchets dans notre jeu pour gagner ce genre de match, contre une belle équipe. On va se remettre au boulot et regarder ce qui ne va pas dans notre jeu, parce qu’il y a beaucoup de choses à regarder. Mais on ne va rien nous donner cette saison. Ce soir (lire jeudi), on nous refuse un essai sur en-avant ; mais j’aurais bien aimé que la vidéo regarde un de leurs essais en première période… C’est comme ça. Quand il y a des tournants cette saison, on les rate. Il y a du mieux dans notre jeu, mais ce n’est pas suffisant pour basculer contre des équipes comme ça, qui jouent le top 6. »

Jeff Dubois (entraîneur de Grenoble) : « Je pense qu’on aurait mérité de gagner ce match. Valence Romans n’a pas volé sa victoire, c’est une belle équipe. Mais au vu de la deuxième mi-temps, c’est dur de perdre… Si je reprends l’ensemble du match, et à l’image de notre saison, on manque de finition. On manque aussi de conclusion près de leur en-but. On rentre plusieurs fois dans leurs 22 mètres et on ne marque pas. On a aussi deux essais refusés… c’est très dur. Surtout que, juste après le deuxième, eux marquent un essai. On est dans un moment difficile. Autant la semaine dernière, on avait manqué d’envie. Mais ce jeudi, on est dedans. Et ça ne se joue pas à grand-chose. C’est dur… il y a encore pas mal de boulot, surtout qu’on ne prend pas de point ce soir. Et le spectre de barragiste va se rapprocher. »

Feuille de match :

Grenoble 19-25 Valence Romans (mi-temps : 07-17)

Stade : Stade des Alpes (8284 spectateurs)

Arbitre : Thibault Santamaria assistés de MM. Noirot et El Khaoulani

Grenoble :

XV de départ : 15. H. Trouilloud – 14. Costa Storti, 13. Fusier, 12. R. Trouilloud (63e), 11. Callandret – 10. Palmier, 9. Couilloud (63e) – 8. Hardwick (63e), 7. Martel (40e, 66e), 6. Berruyer – 5. Labouteley (66e), 4. Madeira (40e) – 3. Pertaia (51e), 2. Soury (51e), 1. Gauthier (51e)

Remplaçants : 16. Rossi (51e), 17. Mistrulli (51e), 18. Nansen (40e), 19. Baret (40e), 20. Sirgel (63e), 21. Clément (63e), 22. Kveseladze (63e), 23. Thomas (51e)

Points : 3 essais (25e, 49e, 56e); 2 transformations (26e, 50e)

Sanction :

Valence Romans :

XV de départ : 15. Martin – 14. Marsan, 13. Idrissi, 12. Marrou (cap), 11. Rozière – 10. Méret , 9. Rodor (34e), – 8. Moore-Aiono (4e), 7. Spanderashvili (66e), 6. Roux (52e, 66e) – 5. Goumat (54e, 70e), 4. Mc Cauley – 3. Vial (54e), 2. Marco-Pena (70e), 1. Chouteau (54e).

Remplaçants : 16. Idoumi (52e), 17. Chanet (54e), 18. Fabrègue (54e), 19. Bholi (4e, 23e), 20. Lhusero (34e), 21. Mignot, 22. Suaud (23e), 23. Goze (54e)

Points : 3 essais (19e, 28e, 66e) ; 2 transformations (20e, 29e) ; 2 pénalités (23e, 45e)

Sanction : 1 carton jaune (51e)