Fatigue, absences, cadeaux : comment analyser la défaite des Brûleurs de Loups en finale de Ligue Magnus ?
Quelques heures se sont écoulées depuis la défaite des Brûleurs de Loups en finale de Ligue Magnus. L’occasion d’analyser les performances grenobloises dans une série qui a tourné en faveur des Boxers de Bordeaux, privant ainsi les Grenoblois du moindre titre cette saison. Une première depuis 2021…
Qui aurait pu penser que les Grenoblois finiraient la saison sans le moindre titre après leur parcours européen ? Peu de monde. Et pourtant, c’est bien ainsi que cette longue saison s’est achevée ce samedi. Du début de la campagne européenne en août jusqu’au cinquième match face à Bordeaux, les Brûleurs auront disputé 74 matchs officiels, dont deux finales. Un calendrier chargé qui a laissé des traces ces dernières semaines : « On a senti qu’il nous manquait de l’énergie à la fin, on n’avait pas assez de fraîcheur. On a beaucoup joué, il y avait 17 matchs en 35 jours en playoffs. Les demi-finales nous ont pris beaucoup d’énergie. On a dû composer avec un effectif restreint parce qu’il manquait un peu de profondeur », soufflait Edo Terglav. Une fatigue derrière laquelle le capitaine grenoblois ne souhaite pas se réfugier pour autant au moment d’analyser la défaite des siens en finale : « On a eu une série un peu plus compliquée en demi-finale, mais la motivation de ce trophée aurait dû faire oublier la fatigue. Peut-être qu’on était moins frais qu’eux, mais ça ne se joue pas là-dessus ».
Alors comment expliquer la domination bordelaise dans cette série ? Les explications sont multiples, même si Edo Terglav et Sacha Treille reconnaissent en premier lieu la supériorité de leur adversaire : « Ils ont fait de très beaux playoffs, ils ont réussi à nous éliminer en quatre matchs alors qu’on n’en a gagné qu’un, donc tout le mérite leur revient. Bravo à Bordeaux ». En ne concédant qu’une seule défaite face à Grenoble et Rouen, les Girondins ont créé la surprise grâce à un collectif talentueux et expérimenté. Une expérience qui a manqué aux Isérois, plombés par de nombreuses absences : « On perdait des joueurs à chaque match, il y avait toujours des choses qui arrivaient. À la remise des médailles, il y avait presque plus de joueurs blessés que de joueurs aptes sur la glace. C’est comme ça, mais c’est dur », regrettait le technicien slovène. D’autant que, pour cette ultime rencontre, il a également dû composer avec les suspensions de Pierre Crinon et Valentin Grossetete : « Chaque joueur est responsable de ses actes, et ensuite c’est la fédération qui prend les sanctions. Mais à un moment, quand tu perds encore deux gros joueurs comme Pierre (Crinon) et Valentin (Grossetete), c’est compliqué. Aujourd’hui, ça nous manque énormément ».
Pour le capitaine grenoblois, cette déconvenue intervient au terme d’une saison jugée « compliquée » : « Honnêtement, il nous a manqué de tout. On a connu une saison très compliquée, on n’a pas su s’adapter, on n’a rien corrigé, les matchs se ressemblaient. Dès qu’on marque, ils marquent. Il n’y a pas grand-chose à dire ». Pourtant, Sacha Treille n’a pas mâché ses mots au moment de revenir sur les grossières erreurs défensives commises par les Brûleurs de Loups lors de cette cinquième manche : « On voulait se présenter différemment, mais on est passés à côté. On faisait sans cesse les mêmes erreurs. Nous, on doit marquer, et à l’inverse on offre trop, on fait beaucoup de cadeaux. Quand c’est Noël, ça va, mais là, ce n’est plus le moment ». Une colère que l’on retrouvait également chez Edo Terglav : « On fait trop d’erreurs. Ils marquent sur des choses simples, ils sont plus présents devant le gardien, dans les zones importantes. Nous, on n’a pas réussi à le faire. C’est ça, les playoffs : il faut du caractère, et il nous en a manqué à certains moments ».
Après cette saison blanche, et le profond remaniement qui devrait en découler, les Grenoblois devront repartir de l’avant la saison prochaine : « Il faut se tourner vers l’année prochaine, parce que ça fait mal. On sait qu’on doit jouer les gros objectifs chaque saison. L’année prochaine, il y aura une compétition européenne en moins, donc il faudra mettre la gomme sur la Coupe de France et le championnat », confiait Sacha Treille. Un désir de succès partagé par Edo Terglav : « À Grenoble, c’est clair, on veut gagner, donc on reviendra avec de l’ambition ».

