« Je préfère être numéro un et jouer » : les confidences de Cebald Debiak, un jeune gardien déjà affirmé

« Je préfère être numéro un et jouer » : les confidences de Cebald Debiak, un jeune gardien déjà affirmé

C’est avec le sourire aux lèvres que Cebald Debiak a accepté de se confier à Métro-Sports. Auteur d’une saison plus que prometteuse avec Chambéry, le franco-biélorusse s’est également montré à son aise lors de ses trois apparitions en Ligue Magnus. De belles promesses pour le jeune gardien de 20 ans, qui souhaite confirmer dès la saison prochaine sans pour autant brûler les étapes. Entretien long format avec un joueur aussi attachant que talentueux.

La saison est terminée depuis plusieurs semaines maintenant. Comment occupes-tu ton quotidien durant cette trêve estivale ?

J’ai pris un peu de vacances. Je suis parti voir ma belle-famille, j’ai pu aussi passer de bons moments avec ma copine. L’objectif, c’était surtout de me vider l’esprit, de faire des activités en dehors du hockey, de profiter des amis, de faire de l’escalade… Bref, tout ce qui permet de décrocher un peu. Et franchement, ça fait beaucoup de bien.

Avant de revenir sur la saison qui vient de s’achever, peux-tu nous raconter ton parcours ?

J’ai commencé le hockey à 5 ans et demi, à Angers. Pourtant, à l’époque, je faisais du foot et j’adorais ça. Mais un jour, après avoir joué sous la pluie, je suis tombé malade. Ma maman a alors voulu que je trouve un sport d’intérieur. C’est elle qui m’a parlé du hockey, notamment parce que c’est le sport national russe. J’ai donc essayé. J’ai effectué un premier entraînement en tant que joueur et, le soir même, je suis allé voir un match de Ligue Magnus entre Angers et Villard-de-Lans. En voyant les gardiens, j’ai eu un déclic immédiat. Je voulais être comme eux, avoir le même équipement. Dès mon deuxième entraînement, je suis donc devenu gardien et je n’ai plus quitté ce poste depuis.

Je suis resté à Angers jusqu’en U20 avant de partir deux saisons aux États-Unis pour poursuivre ma progression. Là-bas, j’ai évolué en U18 AAA avec la Tahoe Prep Academy, puis en junior avec les Lake Tahoe Lakers. J’ai également été appelé à plusieurs reprises avec les New Jersey Rockets, dans une ligue un peu plus relevée. Je suis ensuite revenu en France, à Grenoble, où j’ai été sacré champion en U20 avant de rejoindre Chambéry l’été dernier. Cette saison, j’ai beaucoup joué en D1 tout en ayant l’opportunité de découvrir aussi la Ligue Magnus. Honnêtement, je suis satisfait de mes performances, de ce que j’ai pu montrer sur la glace et e pense que le staff l’était également.

Comment l’opportunité de partir aux États-Unis s’est-elle présentée et qu’est-ce que tu en retires ?

Je voulais absolument partir aux États-Unis parce que mon objectif, c’était de suivre le parcours universitaire américain. J’avais participé à un camp avec une équipe d’USHL qui m’avait repéré. D’autres équipes m’avaient également envoyé des invitations. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment eu envie de partir. J’ai découvert comment le hockey était structuré là-bas, l’organisation, l’environnement… et ça m’a tout de suite attiré. Finalement, l’équipe d’USHL ne m’a pas conservé à l’issue du camp, mais un recruteur présent sur place m’avait vu et une autre équipe m’a rapidement contacté.

J’ai reçu un contrat et je ne me suis pas posé de questions. Mes parents non plus, d’ailleurs. Ils ont tout de suite compris que j’étais prêt à partir après avoir obtenu mon bac. Je suis donc parti aux États-Unis et j’ai ensuite fait une année et demie de césure dans mes études avant de reprendre un BTS à distance. Franchement, c’était une expérience incroyable. La décision s’est prise très naturellement, presque sans réfléchir, parce qu’au fond, je savais simplement que je voulais aller là-bas.

Pourtant, la fin de cette aventure américaine a été difficile à encaisser pour toi. Peux-tu nous en parler ?

Aux États-Unis, je me suis un peu fait « dégager comme un mal propre » à cause de l’arrivée d’un autre gardien étranger. Ça a été compliqué à encaisser. Je ne me disais pas que le hockey était fini, mais plutôt que mon aventure américaine s’arrêtait. J’avais deux options : rester avec l’équipe sans jouer de la saison, ou rentrer en France. Forcément, ça fait un choc quand tu entends ça de la bouche du manager. J’ai finalement pris la décision de rentrer, parce que rester sans jouer n’avait pas de sens. Je suis donc revenu sans véritable plan précis. Je suis passé par Grenoble pendant l’été pour faire un test. Je savais que si je revenais en France, je jouerais là-bas. Je ne voulais pas retourner à Angers. Mentalement, ça a été un vrai coup dur de revenir en France après avoir connu ce qui se faisait de mieux d’un point de vue hockey. C’était compliqué de se dire que tout s’arrêtait. Mais en réalité, on se rend compte que le hockey ne s’arrête jamais vraiment quand on a envie de continuer.

Tu as la particularité d’avoir la double nationalité française et biélorusse. As-tu déjà envisagé de défendre les couleurs de cette sélection sur la scène internationale ?

Très honnêtement, ce n’est pas un objectif pour moi. J’ai grandi en France, je suis né en France donc mon choix est fait. Même si j’ai la double nationalité, je défendrai toujours les couleurs françaises, parce que j’ai envie de représenter mon pays, celui dans lequel j’ai grandi.

Pour autant, ma maman est biélorusse, donc j’ai forcément un lien particulier avec la Biélorussie. Je parle le russe, je le lis, je l’écris, je suis bilingue. J’ai aussi de la famille là-bas et j’y passais beaucoup d’étés pour faire des camps de hockey avec mes copains. Certains sont d’ailleurs en équipe nationale et attendent impatiemment de pouvoir revenir sur la scène internationale.

Cette saison, tu as rejoint Chambéry à seulement 19 ans. Comment as-tu réagi lorsqu’on t’a annoncé que tu serais devant le filet des Éléphants en D1 ?

J’étais fier de représenter une équipe de D1 à 19 ans. Même si, pour moi, cela paraissait assez naturel. Que ce soit à Grenoble ou à Chambéry, l’objectif du club était clairement de me développer en tant que gardien. Je n’ai pas été désigné numéro un dès le début de la saison et j’ai dû batailler avec Ewen (Tran). C’est un très bon gardien, mais aussi un très bon ami. Donc forcément, c’était particulier : en dehors de la glace, on s’entend très bien, mais sur la glace, il n’y avait plus d’amis. Et c’était pareil pour lui.

Au final, la concurrence était saine parce qu’on a très vite compris la situation. On était deux gardiens français pour une place dans la cage avec un principe simple : celui qui performe joue. De mon côté, je n’ai jamais eu de problème avec ça. Au contraire, on m’a fait confiance dès le début, et c’est exactement ce que je recherche. Ça ne me fait pas peur de jouer, quel que soit le contexte. J’ai envie d’évoluer au plus haut niveau et de performer. Et quand je vois des gardiens très jeunes s’imposer, je me dis simplement : pourquoi pas moi ?

Avec Chambéry, vous avez réalisé une belle saison collectivement avec un groupe dont la moyenne d’âge n’excédait pas les 20 ans. Quel bilan tires-tu de la saison des Eléphants ?

Collectivement, je pense qu’on a été globalement constants sur la saison régulière, malgré quelques difficultés à l’extérieur lors de la première partie de saison. On figurait parmi les meilleures équipes du championnat à domicile et parmi les moins performantes à l’extérieur. Mais je retiens beaucoup de positif de la deuxième partie de saison. On a su redresser la barre et aller chercher cette place dans le top 7 de la D1, une performance plus qu’honorable pour une équipe jeune comme la nôtre.

En play-offs, en revanche, il y a une vraie déception avec cette élimination contre Épinal. Ça fait mal, parce qu’on sentait que le match pouvait basculer de notre côté. On dominait, on faisait ce qu’il fallait… mais ça se joue sur des détails. On savait aussi qu’à Épinal, avec un public très fervent et une grosse ambiance, ça allait être compliqué. On s’est battus jusqu’au bout, jusqu’à la dernière seconde, mais au final, il nous a manqué un peu de réussite pour espérer mieux sur cette série.

D’un point de vue personnel, on a l’impression que cette saison marque un tournant dans ta carrière. Est-ce que tu as l’impression que ta saison en D1 cumulée à tes apparitions en Ligue Magnus ont pu changer le regard qu’on portait sur toi ?

Pour l’instant, le regard qui m’intéresse le plus est celui de mes entraîneurs. Et de ce côté-là, je sais qu’il a toujours été le même, ils ont toujours cru en moi. À Grenoble, dès mon arrivée, on m’a mis dans les meilleures dispositions, dans les meilleures conditions. En revanche, le regard du public m’intéresse peu parce que je sais qui je suis. Je me regarde dans le miroir chaque jour, je sais ce que je peux me reprocher et ce dont je suis fier. Et je sais aussi que, sur la glace, quand ça marche moins bien, il n’y a que mes proches et moi pour avancer et tenir.

Dans le hockey comme dans la vie, je sais comment ça fonctionne : quand on gagne, tout le monde est derrière toi, et quand on prend cinq buts en un tiers, ça peut vite devenir compliqué, y compris sur les réseaux sociaux. Je pense par exemple à Jakub (Stepanek). On oublie parfois ce qu’il a fait dans sa carrière, et les jugements arrivent très vite, notamment après des matchs compliqués, comme lors de la demi-finale à Angers. Mais au final, ceux qui comprennent vraiment ce qu’il traverse à ce moment-là, ce sont les gens du milieu et les proches. Donc la manière dont on me voit à l’extérieur m’importe peu. L’essentiel, c’est le regard de mes proches et des gens du hockey. Et pour l’instant, je sais que ce regard est identique à celui que j’avais quand j’étais plus jeune ou à mon arrivée des États-Unis. Donc je ne me pose pas trop de questions là-dessus.

En parlant justement des réseaux sociaux, tu fais partie d’une génération qui a grandi avec. Quel regard portes-tu sur ces derniers en tant que sportif professionnel ?

J’essaye de prendre mes distances avec les réseaux sociaux. Mon compte Instagram est privé et je ne suis pas abonné aux autres équipes de hockey. Je n’ai pas envie de regarder qui réussit, qui fait un mauvais match ou ce genre de choses. En France, je suis simplement abonné à Grenoble et Chambéry. Je vois les informations qui passent sur mon fil, mais ça s’arrête là. D’ailleurs, il y a bien plus de personnes qui me suivent que de comptes auxquels je suis abonné. J’en ai très peu, et c’est aussi une volonté de rester dans ma bulle. Je discute surtout avec les gens que j’apprécie ou que j’ai réellement côtoyés dans la vie. Je ne suis pas quelqu’un qui vit à travers les réseaux sociaux. Bien sûr, je les utilise comme n’importe quelle personne de mon âge, mais sans être constamment dedans non plus.

Quand on discute avec toi, on ressent beaucoup de calme et une certaine maturité malgré tes 20 ans. Cela s’est d’ailleurs ressenti sur la glace, où tu as abordé avec beaucoup de sérénité tes trois apparitions en Ligue Magnus cette saison. Comment expliques-tu cela ?

En réalité je suis mature que sur la glace (rires). En dehors du hockey, j’essaie surtout de grandir, d’apprendre et de devenir la meilleure version de moi-même. Ici (à Grenoble, ndlr), on répète souvent qu’on forme des hommes avant de former des joueurs, et je pense être encore dans cette phase-là, celle d’un jeune qui est en train de devenir un homme. La maturité vient aussi avec le temps et l’expérience. En revanche, sur la glace, je pense être déjà assez mature. Je suis quelqu’un d’assez calme et capable de comprendre les attentes qu’on a envers moi.

Tu parlais précédemment de tes proches. À quel point leur soutien est-il important pour t’aider à gérer les exigences et la pression du haut niveau ?

Ils m’apportent énormément de réconfort. Peu importe les résultats, qu’il y ait des hauts ou des bas, avoir les bonnes personnes autour de soi apporte toujours de la joie et de la sérénité au quotidien. Moi, je suis heureux de me réveiller le matin, que ce soit aux côtés de ma copine ou entouré de mes parents. Ils sont très fiers de moi et me le répètent souvent. Je sais à quel point ils m’aiment, et c’est extrêmement important d’avoir ce soutien-là autour de soi. Mes parents sont mon plus grand pilier. J’ai traversé énormément d’épreuves grâce à leur aide et à leur soutien.

Cette année, mon agent m’a également beaucoup apporté. Il m’aide énormément, que ce soit dans les discussions pour l’avenir ou simplement dans l’accompagnement au quotidien. Peu importe que je réalise un bon ou un mauvais match, il reste toujours très objectif. Il est capable de me dire ce qui a été bien fait, comme ce qui doit être amélioré. Je sais que s’il s’est engagé avec moi, c’est parce qu’il croit en moi et qu’il sait de quoi je suis capable. Et parfois, entendre ce genre de paroles après une mauvaise performance fait énormément de bien. Les mots des personnes qui comptent vraiment ont toujours une valeur particulière.

Cette saison, tu as eu l’opportunité d’évoluer aux côtés de Matija (Pintaric) et Jakub (Stepanek), deux gardiens très expérimentés. Qu’as-tu appris à leurs côtés tout au long de l’année ?

Ce qui m’a marqué chez eux, c’est surtout leur humilité. Malgré toutes leurs performances, leur carrière et leur expérience, que ce soit Matija ou Jakub, ils restent des personnes très simples. Et finalement, ça m’a aussi permis de comprendre que ce sont des gens « normaux ». Quand j’étais plus jeune, je collectionnais les cartes de hockey et j’avais même une carte de Jakub lorsqu’il jouait en KHL. Quand je lui ai raconté ça, il était assez surpris, mais moi, ça ne m’a pas choqué parce que j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour ce type de joueurs.

Encore aujourd’hui, que ce soit un soir de match ou à l’entraînement le matin, je reste admiratif de ce qu’ils représentent, même si ce sont désormais mes coéquipiers. Je sais aussi que pour progresser et passer un cap, il faut de la concurrence. Mais avoir la chance de côtoyer des gardiens comme eux, capables de m’apporter autant par leur expérience, leur technique ou leur approche du poste, c’est forcément très enrichissant.

Ce sont deux gardiens qui possèdent des rituels d’avant-match très précis. De ton côté, est-ce que tu as aussi construit une routine au fil des saisons ?

À la maison, je n’ai pas forcément de rituel très strict comme certains joueurs. Beaucoup de hockeyeurs ont un plat précis, des habitudes très cadrées… Moi, je reste assez simple : je mange ce dont j’ai envie, tant que ça reste sain Avant les matchs, en revanche, j’ai toujours deux ou trois repères. Je jongle, c’est une routine que je garde systématiquement, avec trois ou quatre balles de tennis selon les moments. Je m’étire aussi sur mon tapis de yoga, en insistant sur les hanches, les adducteurs, tout ce qui est important pour un gardien. Ensuite, j’écoute un peu de musique, mais ça reste très simple.

En réalité, je pense que c’est aussi le cas de beaucoup de gardiens : ils répètent les mêmes choses, mais sans forcément de complexité. Pour moi, une routine doit rester simple, efficace et rapide, parce qu’il faut pouvoir s’adapter à toutes les situations. Avec Chambéry cette saison, on a d’ailleurs été retardés sur la route pour aller à Courchevel à cause de la circulation. On est arrivés seulement 30 minutes avant l’échauffement sur la glace. Malgré ça, ma routine n’a pas changé et j’étais prêt pour le match. Que j’arrive deux heures avant ou 30 minutes avant, ça reste exactement la même chose.

On a beaucoup parlé du gardien, mais j’aimerais savoir quel homme se cache derrière le masque. Comment te qualifierais-tu dans la vie de tous les jours ?

Je suis quelqu’un qui aime les petites choses du quotidien : passer du temps avec mes copains, faire une partie de tennis ou de padel, aller boire un coup, prendre un café avec ma copine… Je joue aussi aux jeux vidéo et je fais mes études en parallèle de ma carrière, même si parfois ça peut être un peu ennuyant (rires). Franchement, en dehors du hockey, je suis quelqu’un de très banal. Et je pense que les gens l’oublient parfois quand ils me voient sur la glace, mais au final, je reste quelqu’un de tout à fait lambda.

Ce n’est pas trop difficile parfois de concilier carrière professionnelle et vie étudiante ?

Pour moi, ça se passe très bien. J’ai mes examens qui arrivent, donc je révise beaucoup et je travaille aussi sur mes rapports de stage en ce moment. J’ai fait le choix de suivre mes études à distance avec le CNED, ce qui fait que je suis candidat libre pour mon BTS (Brevet de Technicien Supérieur, ndlr). Je peux m’organiser comme je veux : regarder un cours en replay à 1h du matin si j’en ai envie, ou le faire le matin à 8h comme n’importe quel étudiant. Donc ça ne vient pas perturber ma vie de sportif, je peux concilier les deux assez sereinement.

Cebald, la saison étant achevée, j’imagine que tu te projettes déjà sur la suivante. Est-ce que tu sais dans quelle équipe tu évolueras à l’heure où l’on se parle ?

Oui, j’ai une idée de ce que je vais faire l’année prochaine, mais pour l’instant rien n’est encore acté. Et si une opportunité se présente, je resterai ouvert. Mais aujourd’hui, j’ai surtout envie de rester à Grenoble et à Chambéry. Et pour l’instant, les choses se profilent plutôt dans le bon sens.

Avec le départ de Jakub, la place de backup aux côtés de Matija Pintarič s’est libérée. Est-ce que c’est un rôle qui pourrait t’intéresser pour la saison à venir ?

Honnêtement, le poste de backup ne m’intéresse absolument pas. Le plus important pour moi, c’est d’acquérir de l’expérience en jouant beaucoup de matchs. On me le répète souvent : quand on est jeune gardien, le plus important, c’est de jouer, encore et encore, pour engranger de l’expérience. Pas seulement de l’expérience à l’entraînement, mais de vraies situations de match.

Je pense d’ailleurs que la meilleure option pour moi serait de rester encore un ou deux ans à Chambéry, de jouer mon meilleur hockey et de montrer que je suis capable d’être l’un des meilleurs gardiens de D1. Ensuite, on verra ce qu’il se passe. Mais en tout cas, être backup ne m’intéresse pas. C’est un rôle compliqué, et ce n’est pas ce que je recherche. Si demain j’ai une offre en Magnus ou à l’étranger en tant que deuxième gardien, je n’irai pas. Peu importe le niveau, je préfère être numéro un et jouer.

Parce qu’au final, le hockey, c’est avant tout jouer. Ce n’est pas rester sur un banc en attendant une blessure. J’ai envie d’être sur la glace, peu importe le niveau. Et même plus tard, en fin de carrière, si on me disait “backup en Magnus ou titulaire en D2”, je choisirais sans hésiter d’être titulaire en D2.

En parlant de l’évolution de ta carrière, comment te projettes-tu pour les prochaines années ?

Je sais qu’en Ligue Magnus, le niveau est bon et qu’il progresse chaque année. Après, je sais aussi que, dans la hiérarchie des championnats, ce n’est pas le meilleur championnat du monde. Personnellement, j’ai envie de devenir un gardien performant dans les meilleures ligues, comme en Suède ou en Finlande, voire peut-être en Russie. Rien n’est jamais figé, mais je sais que la NHL est sans doute plus compliquée. Après, tout dépend des performances : si un jour je réalise une grosse saison, que ce soit en Suisse, en Suède ou ailleurs, les choses peuvent aller très vite.

Mais en tout cas, je n’ai pas envie de me projeter dans dix ans en restant au même endroit. Et si c’était le cas, ce serait simplement que je n’ai pas le niveau pour jouer à l’étranger, et ce ne serait pas un problème : je jouerais à mon niveau, je serais payé pour mon travail et je serais heureux comme ça. Mais aujourd’hui, mon objectif reste clairement de jouer à l’étranger et de construire la meilleure carrière possible.

Cebald, notre entretien touche à sa fin. Quels sont tes objectifs et qu’est-ce que l’on peut te souhaiter pour la saison prochaine ?

J’aimerais sortir d’une grosse saison de D1, en étant le meilleur gardien du championnat. Peu importe qu’il y ait des étrangers ou des Français en face de moi : je veux être le meilleur gardien possible en D1, celui qui donne à son équipe une chance de gagner à chaque match. J’aimerais aussi continuer à acquérir de l’expérience en Ligue Magnus, en ayant quelques matchs où je peux être seul dans la cage et montrer ce que je sais faire.

Pour conclure, quel message souhaites-tu adresser aux supporters grenoblois et chambériens ?

Un grand merci à tous les supporters, à Chambéry comme à Grenoble. Les supporters des Éléphants ne sont pas seulement présents à domicile, ils font aussi les déplacements à l’extérieur, et je veux vraiment les remercier pour ça : la route, les frais, les déplacements… et surtout de venir nous encourager et de donner de la voix. Pour les supporters de Grenoble, c’est exactement pareil. Merci d’être là à chaque match, de nous soutenir dans les bons comme dans les mauvais moments… c’est à ça qu’on reconnaît de vrais supporters.

Cebald Debiak : l’interview du tac au tac 

Le joueur avec lequel tu as joué qui t’a le plus impressionné : François Beauchemin

Le joueur contre lequel tu as joué qui t’a le plus impressionné : Hugo Sarlin (Epinal)

Le plus bel arrêt de ta saison : Un arrêt de la mitaine sur un powerplay face au HCMP (victoire 6-3 de Chambéry)

Le match dont tu es le plus fier cette année : La réception de Dunkerque avec Chambéry

Le moment le plus marquant de ta saison : Ce n’était pas un moment agréable, mais on a tous été marqués par la défaite à Dunkerque (6-5 après avoir mené 4-1)

Un axe sur lequel tu estimes devoir encore progresser : Les jeux proches de la cage

Plutôt Polesud ou patinoire du Buisson Rond : J’aime Polesud, mais la patinoire du Buisson Rond, c’est la maison

Ton meilleur ami dans le vestiaire : Maxime Toukmatchev

Le joueur le plus chambreur dans le vestiaire des Brûleurs de Loups : Alexandre Mallet

Le plus sérieux à l’entraînement : Pierre Crinon, c’est vraiment celui qui ne cesse de répéter qu’on doit aborder l’entraînement comme un match

Le coéquipier qui met la meilleure ambiance : Sacha De Smitt à Chambéry ; Nicolas Deschamps et Sacha Treille à Grenoble

Ton morceau de musique avant d’entrer sur la glace : Skrilla (Kodak Black)

Ton modèle chez les gardiens : Sergueï Bobrovski et Dustin Wolf

Une patinoire où tu rêves de jouer : Centre Bell (Montréal)

Le plus beau souvenir de ta jeune carrière : La première fois qu’on m’a reconnu dans la rue. Je buvais un coup avec des amis et je vois des personnes passer puis repasser devant moi. Ils finissent par s’arrêter et me féliciter pour ma prestation à Bordeaux (en finale de Ligue Magnus, ndlr). Franchement, j’étais choqué qu’on puisse me reconnaître, c’était impensable mais plaisant.

Le moment le plus compliqué que tu as eu à gérer mentalement : Ma non-sélection au troisième plan national des détections en U15. Petit, je n’étais pas du tout le même gardien. J’étais moins fort, moins technique. Cette non-sélection m’avait mis un coup, mais j’étais parvenu à vite passer à autre chose pour finalement être sélectionné avec l’équipe de France U16, U18 et U20. Et puis, le deuxième moment compliqué a été la fin de mon aventure aux États-Unis. J’ai eu l’impression de me faire jeter comme un malpropre avec l’arrivée d’un autre gardien étranger.

Ta plus grande qualité dans la vie de tous les jours : Mon honnêteté

Et ton plus grand défaut : La ponctualité (rires)

Tu préfères arrêter un penalty décisif ou marquer un but en cage vide : Arrêter un penalty sans hésiter !