« Les émotions étaient folles » : Sacha Treille raconte la magie des Jeux Olympiques

« Les émotions étaient folles » : Sacha Treille raconte la magie des Jeux Olympiques

Buteur face au Canada, Sacha Treille a marqué de son empreinte cette olympiade italienne. Entre nostalgie et fierté, il est revenu sur cette participation aussi inattendue qu’inoubliable, durant laquelle il aura fièrement représenter les Brûleurs de Loups.

C’est avec un sac en bandoulière que Sacha Treille pénètre dans la salle de conférence de presse ce dimanche. L’oreiller et la couverture qui l’ont accompagné à Milan viennent alors juste de lui être rendus : « Les Jeux Olympiques ne sont jamais bien loin », ironise le capitaine grenoblois. Et c’est vrai. Deux semaines après la fin de son aventure olympique, le sourire ne quitte pas ses lèvres au moment de se replonger dans ses souvenirs. « Je n’avais jamais connu ça dans le sport : de telles émotions, un tel tournoi, une telle organisation… c’était juste magique. » Magique et presque impensable. À l’aube de ses 39 ans, et alors que la France n’avait plus participé à une olympiade depuis 2002, Sacha Treille ne pensait pas ajouter une telle ligne à son CV : « On a pu côtoyer tout ce qui se fait de mieux sur la planète. C’est un moment qui a été enrichissant pour les plus jeunes en vue de 2030, mais aussi pour les plus anciens qui finissaient là-dessus. C’était vraiment des émotions folles », rembobine l’intéressé. D’autant que l’attaquant des Brûleurs de Loups s’est distingué en faisant trembler les filets de l’ogre canadien d’un tir surpuissant dont lui seul a le secret : « Le but, c’est le petit souvenir en plus, on va dire. Il n’a pas réellement d’importance, mais c’est vrai que ça fait un bon souvenir. Il y a des gens qui m’ont félicité pour ça. C’est le petit cadeau dans les bagages. »

Modeste et compétiteur dans l’âme, Sacha Treille aurait aimé créer la sensation dans un tournoi où la France endossait le costume du petit poucet : « Au niveau de la performance, je pense qu’on aurait pu créer la surprise contre les Allemands. Mais encore une fois, les Allemands restent très forts. Il y avait une telle différence qu’il aurait fallu faire le match parfait, que tout le monde soit dans son meilleur jour, et ce n’est jamais simple de réunir tout ça. » Outre l’adversité d’un tel rendez-vous, les Bleus ont également dû faire face à des conditions de jeu auxquelles ils ne sont pas habitués : « La patinoire était petite, donc tout arrivait plus vite. Mais tu étais aussi plus proche de tout pour défendre. Pour les grands comme nous sur notre ligne, on avait cet avantage d’avoir le physique pour jouer très rapidement, les longues crosses pour essayer d’intervenir dans les moments difficiles. C’est vrai que c’était un hockey très différent par la taille de la patinoire et la vitesse. » Pour autant, l’adaptation du colosse grenoblois s’est avérée rapide. Au cœur d’une ligne physique et expérimentée, Sacha Treille ressort de cette olympiade avec des statistiques flatteuses et le sentiment du devoir accompli : « J’ai été satisfait de ce que j’ai donné, et plus collectivement de ce que notre ligne a fait. On avait un rôle défensif de gros bonshommes et on a su tenir ce rôle presque à la perfection, puisqu’on finit à zéro en plus-minus. Contre des équipes comme ça, c’était notre petite victoire de ligne. »

Bientôt quarantenaire, le capitaine isérois a démontré au monde entier que l’âge n’était pas un frein. Modèle de résilience et d’abnégation, Sacha Treille demeure animé par une soif d’apprentissage et de progrès qui a guidé sa carrière jusqu’ici : « Si je suis encore là, c’est que j’estime que je peux encore apprendre beaucoup. Il n’y a pas d’âge pour apprendre. C’est ça qui donne le plaisir d’essayer de s’améliorer à chaque fois, même à 38 ans. » Une force que l’attaquant souhaite mettre au profit de son club de cœur sur la fin de saison. Auteur d’un doublé contre Briançon puis Marseille, il a mené ses coéquipiers vers la victoire depuis son retour des Jeux Olympiques. Nul doute que cela se poursuivra dans les semaines à venir avec un objectif ambitieux à la clé : un sacre en Ligue Magnus.