Porté par ses jeunes, le FC Grenoble assure son maintien en Pro D2

Porté par ses jeunes, le FC Grenoble assure son maintien en Pro D2

Pour l’antépénultième journée de championnat, le FCG affrontait Mont-de-Marsan, une écurie luttant pour sa survie dans l’antichambre du rugby français. Surpris dès l’entame de la rencontre, les Grenoblois ont rapidement réagi avant de se faire peur en fin de match. Malgré cela, ils ont assuré l’essentiel : leur maintien en Pro D2.

C’est avec un soleil rasant sur le Stade des Alpes que les acteurs foulaient la pelouse ce vendredi. Une éclaircie comme un signe après le succès arraché face à Oyonnax la semaine dernière. Mais dans la tumultueuse saison grenobloise, la grisaille n’est jamais bien loin et le début de rencontre en était l’illustration. 90 secondes après le coup d’envoi, Marc Palmier offrait le ballon à Alexandre De Nardi, qui voyait le chemin vers l’en-but s’ouvrir devant lui (0-7, 2e). « On avait eu comme consigne d’envoyer fort dans les 15/20 premières minutes et on a fait tout l’inverse », regrettait Victor Guillaumond.

Oscillant entre maladresses techniques, manque de rythme et blessures précoces (Lestrade et Costa-Storti), les hommes de Jeff Dubois peinaient à emballer la rencontre. Il fallait d’ailleurs attendre la demi-heure de jeu pour voir la première incursion grenobloise dans les cinq mètres adverses. Profitant d’une touche rondement menée, le maul isérois enfonçait alors la défense landaise pour inscrire un essai de pénalité (10-7, 31e). « C’était un des objectifs qui avaient été donnés par Jérôme (Villegas), donc on est satisfaits d’avoir pu marquer comme cela », soulignait Lionel Ringeval.

Réduit à quatorze à la suite de cette action, le Stade Montois éprouvait des difficultés à contenir les offensives iséroises. Esseulé sur l’aile droite à la suite d’un bon décalage, le jeune Hugo Avogadro en profitait pour alourdir la marque (15-7, 34e). En l’espace de trois minutes, Grenoble avait pris le large. Et cela se confirmait au retour des vestiaires lorsque Nathan Pozin s’offrait son premier essai en professionnel (23-7, 47e). « C’était mon premier match au Stade des Alpes et en plus je marque un essai. Je suis sur mon petit nuage », souriait l’intéressé.

Une victoire sans trembler semblait alors se dessiner… il n’en était rien ! L’ancien pensionnaire du FCG, Luka Goginava, sonnait la révolte en entraînant dans son sillage toute une équipe luttant pour sa survie (22-14, 55e). Malgré le carton jaune infligé à Malendé Nguimbou Diyog Mouyenga, les Landais faisaient trembler des Grenoblois bien trop généreux. Profitant d’une nouvelle interception sur Marc Palmier, Mosese Dawai ramenait les siens à une petite longueur (22-21, 64e). « On a l’art de se tirer une balle dans le pied. On tremble jusqu’au bout alors qu’on doit s’offrir une fin de match bien moins stressante », pestait Lionel Ringeval.

C’est pourquoi Max Clément ne prenait aucun risque en envoyant directement le ballon en touche après la sirène afin d’assurer l’essentiel : le maintien en Pro D2. « Ce soir, on est soulagés. La saison n’est pas réussie mais au moins on assure notre maintien à deux journées de la fin », soufflait José Madeira. Loin d’être l’objectif initial, celui-ci permet tout de même aux Isérois d’aborder les deux dernières journées avec davantage de sérénité : « Le maître-mot pour la fin de saison va être le plaisir », concluait le capitaine grenoblois.

Focus / Nathan Pouzin : « Les planètes étaient alignées »

Qu’il fait bon d’être jeune au pied des Alpes ! Avec un banc de touche jeune et prometteur, le FCG a une nouvelle fois démontré toute la qualité de sa formation. Si Hugo Avogadro et Noé Théraube avaient déjà connu des apparitions en Pro D2, la réception du Stade Montois sonnait une première pour Nathan Pozin, venu suppléer Julien Hériteau au pied levé : « J’ai reçu un message à neuf heures du matin du staff pour m’annoncer ma convocation. J’ai directement appelé mes parents. J’attends cela depuis tellement de temps », se réjouissait l’intéressé. D’autant que le jeune Grenoblois a été rapidement lancé dans le grand bain avec la blessure de Yan Lestrade (14e) : « Les planètes étaient alignées. Quand une opportunité comme cela se présente, tu ne peux pas la laisser passer. Il faut y aller à 200 % ». Et c’est exactement ce que le Beaurepairois faisait au retour des vestiaires en aplatissant dans l’en-but montois. « La sensation d’inscrire un essai, c’est indescriptible. Franchement, je suis sur un petit nuage », confiait le jeune centre, source de belles promesses pour l’avenir : « Nathan est déjà dans l’effectif des centres pour la saison prochaine. On va pouvoir compter sur lui à l’avenir, c’est certain. Ce soir, il a vu qu’il avait le niveau pour la Pro D2 », concluait Lionel Ringeval. Une chose est certaine : Nathan Pozin n’est pas près d’oublier ce 24 avril 2026 !

Les réactions :

José Madeira (capitaine de Grenoble) : « On s’était fixé comme objectif de gagner les deux derniers matchs à domicile et c’est chose faite, mais ce match reflète bien notre saison : on est capables de produire du jeu, mais on manque encore trop de précision et on laisse passer des occasions. On a beaucoup travaillé la défense cette semaine face à une équipe très dangereuse en contre-attaque, même si on a encore été surpris rapidement. Je suis aussi très content pour les jeunes, ils s’entraînent avec nous toute l’année et ont montré ce soir qu’ils avaient le niveau. Le maintien assuré, c’est forcément un soulagement après une saison compliquée. Sur la fin, on a choisi de ne pas jouer la dernière action, par prudence et aussi par respect pour l’adversaire. Maintenant, sur les deux derniers matchs, le mot d’ordre c’est de prendre du plaisir avec le groupe, même si on ira chercher le meilleur classement possible. »

Nathan Pouzin (joueur de Grenoble) : « Ce match ne restera peut-être pas dans toutes les mémoires, mais pour moi c’est forcément spécial : c’est ma première. Je ne devais pas jouer au départ, mais quand l’opportunité arrive, il faut y aller à 200 %. J’ai tout donné, et en plus il y a la victoire à la maison et un essai, donc forcément je suis un peu sur un nuage. Quand j’ai marqué, ça m’a boosté pour la suite du match. Avec les blessures et les imprévus, je me suis dit que c’était ma journée, que les astres étaient alignés, et qu’il ne fallait surtout pas laisser passer cette chance. Jouer avec le FCG au Stade des Alpes, c’est une grande fierté après six ans au club. Le rythme en pro est beaucoup plus intense que chez les espoirs, mais l’adrénaline fait oublier la fatigue. Quand j’ai appris le matin que j’allais jouer, j’étais euphorique, j’ai tout de suite appelé mes proches. Et puis entrer aussi tôt, je ne m’y attendais pas, mais ça m’a permis de vraiment m’exprimer. Maintenant, ça donne envie d’y retourner, de revivre ces sensations et de s’installer sur la durée ce niveau. »

Victor Guillaumond (joueur de Grenoble) : « On est content même si c’est un peu dommage de s’être fait peur comme ça. On savait les intentions de Mont-de-Marsan qui était venu avec sa grosse équipe. Mais on moins, dans l’état d’esprit, on a répondu présent. Je trouve qu’on a été dans la continuité d’Oyonnax. On n’a rien lâché, on a continué à aller de l’avant, ça c’est cool. C’est vrai que tout n’a pas été parfait. Mais on est une équipe qui joue, cela fait partie de notre ADN, même si cela amène des erreurs. Après, on a peut-être surjoué un peu. On ne parlait pas trop du maintien mais au moins, cette fois, c’est validé. Dans ce matches-là, on prépare aussi la saison prochaine. Mais il reste deux matches et avec ce caractère on va jouer le jeu jusqu’au bout. »   

Lionel Ringeval (entraîneur de Grenoble) : « On a quand même l’art de se tirer une balle dans le pied. On s’est mis tout seul en difficulté sur ce match. On a permis à l’adversaire de revenir et d’y croire. On aurait pu se rendre la tache plus facile. Il était toutefois important de valider le maintien de manière mathématique et d’être dans la continuité de notre victoire contre Oyonnax (31-26).  On a eu des blessés très tôt, même si cela nous a permis de voir des jeunes à l’œuvre. Donc cette victoire, même étriquée, on la prend. »            

Feuille de match :

Grenoble 22-21 Mont-de-Marsan (mi-temps : 15-07)

Stade : Stade des Alpes (8386 spectateurs)

Arbitre : M. Bru assistés de MM. Morel et Joly

Grenoble :

XV de départ : 15. H. Trouilloud – 14. Costa Storti (17e), 13. Kveseladze, 12. Lestrade (12e), 11. Callandret – 10. Palmier, 9. Couilloud (58e)– 8. Baret, 7. Guillaumond (58e), 6. Madeira (cap) – 5. Holt, 4. Thompson (64e) – 3. Thomas (47e, 71e), 2. Soury (47e,71e) , 1. Gauthier (47e, 71e)

Remplaçants : 16. Rossi (47e), 17. Mistrulli (47e), 18. Théraube (64e), 19. Martel (58e), 20. Clément (58e), 21. Pozin (12e), 22. Avogadro (17e), 23. Lavoine (47e)

Points : 3 essais (31e, 34e,47e) ; 2 transformations (34e, 47e) : 1 pénalité (5e)

Sanction :

Mont-de-Marsan :

XV de départ : 15. De Nardi – 14. Masse, 13. Dawai, 12. Ezcurra (cap), 11. Sayerse – 10. Du Plessis, 9. Milo-Harris (58e)– 8. Tuifua, 7. Darquier (55e), 6. Iashagashvili (30e, 55e) – 5. Chachanidze, 4. Durand (44e) – 3. Alves (44e), 2. Dufour, 1. Bultel (44e)

Remplaçants : 16. Lamothe, 17. Goginava (44e), 18. Nguimbou Diyog Mouyenga (47e), 19. Garrault (44e), 20. Canut (58e), 21. Dupont, 22. Robic (30e), 23. Fepulea’i (44e)

Points : 3 essais (1e, 55e, 64e) ; 3 transformations (2e, 55e, 64e)

Sanction : 2 cartons jaunes (31e, 57e)